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Le Maroc des régions : Marrakech : Les palais luxurieux
Publié dans Albayane le 13 - 08 - 2010

Le mois sacré du Ramadan est toujours l'occasion pour toutes les publications, indépendamment de leur périodicité, de se mettre au goût de cette période propice au recueillement et à la spiritualité. La lecture est généralement l'activité la plus prisée. Dans ce sens, nous avons choisi de faire un voyage à travers l'histoire des régions du Royaume en dressant le profil à travers le temps d'un certain nombre de villes marocaines. L'histoire du Maroc qui remonte à plus de douze siècles se révèle être l'une des plus riches et des plus fécondes que l'humanité ait connues. Nous commencerons durant ce mois sacré par le circuit des villes impériales en évoquant certaines de leurs particularités historiques, architecturales et urbanistiques. Il en sera ainsi des principales étapes qui ont marqué l'itinéraire à travers le temps des villes des seize régions du royaume.
Le Palais El Badi
Le Palais El Badi a été commandé par le Saadien Ahmed el Mansour Ad-dahbi en commémoration de sa gloire l'an 986 de l'Hégire (1578) sur l'armée portugaise, victoire célèbre dans le monde occidental sous le nom de la Bataille des Trois Rois.
A sa mort, en 1603, les travaux n'étaient pas encore terminés. Les matériaux les plus précieux avaient été achetés de la Chine, l'Inde…. Construit dans la partie nord est de la kasba des Almohades. Le palais El Badii était destiné aux fêtes et aux audiences solennelles pendant lesquelles le souverain pouvait faire montre de son faste autant devant l'élite du royaume que devant les ambassades étrangères.
L'ensemble palatial est constitué d'une grande cour en forme de rectangle de 135 m sur 110 m, au milieu de laquelle fut aménagé un bassin de 90 m sur 20 m au centre duquel s'élevait une fontaine monumentale munie de deux vasques superposées et surmontées d'un jet d'eau. De part et d'autre de ce bassin central, deux dépressions sont couvertes d'arbres et de fleurs disposées dans des carrés séparés par des allées pavées de zelliges. Les angles du palais sont occupés par des bassins rectangulaires de 30 m sur 10 m. Autour de l'immense cour du palais Badiâ s'organisent les ruines imposantes d'anciens pavillons. De part et d'autre du grand bassin central, s'élevaient deux pavillons se faisant face : l'un, connu sous le nom de Pavillon de cristal, a fait l'objet de fouilles qui ont mis au jour son plan tandis que le gros œuvre du second, appelé Pavillon des audiences, subsiste sous forme de hautes murailles. Tous deux, de plan presque identique, étaient couverts d'une coupole aux douze colonnes. Le sol des deux pavillons était couvert de zelliges dont on peut observer quelques spécimen dans le Pavillon des audiences.
Deux autres pavillons, de dimensions plus importantes, occupent le milieu des côtés nord et sud. A la différence des deux premiers, la disposition du Pavillon vert et du Pavillon de l'héliotrope, légèrement en retrait, permettait l'aménagement de deux galeries ouvertes le long des murs soutenues par deux séries de colonnes de jaspe. La porte principale qui portait le nom de Bab Al-Rokham, Porte du marbre, s'ouvrait dans l'angle sud-ouest de la face sud du palais. D'autres portes mentionnées par les chroniqueurs s'ouvraient sur les faces sud, est et ouest. Il ne reste pas grande chose du décor du Badiâ, sauf quelques fragments de colonnes, de stuc et de carreaux de faïence. En effet, le Badiâ fut détruit au XVIIème siècle sur ordre du sultan Alaouite Moulay Ismaïl (1672-1727). Commencée vers 1696, la démolition dura une dizaine d'années. Une grande partie de ses matériaux auraient été acheminés vers Meknès pour être réemployée dans la construction de la ville royale de Moulay Ismaïl.
Le Palais Bahia
Le «palais resplendissant» Edifié à la fin du XIXème siècle par Si Moussa, grand vizir du sultan Sidi Mohamed Ben Abderrahmane dans un quartier connu aujourd'hui sous le nom de « Riad Zitoun Jdid». Le palais BAHIA comporte deux grands jardins, le premier est réalisé par Si Moussa et le deuxième vers 1880 par son fils Ba Hmad un vizir, ministre qui a assuré la régence des souverains Moulay Hassan et Abdelaziz. Il était le véritable maître du Maroc entre 1894 et 1900. Le palais est un chef d'œuvre de l'art marocain.
Le bâtiment, presque uniquement en rez-de-chaussée avec un seul appartement au premier étage le menzeh, s'étend ainsi sur huit hectares.
Le palais BAHIA comporte les éléments suivants :
Un petit riyad : un jardin intérieur sur lequel s'ouvrent des salles et des niches. C'est là que Ba Hmad recevait les gens du gouvernement dans la grande salle du conseil au plafond peint et ajouré. C'est là également que furent aménagés, plus tard, les bureaux du maréchal Lyautey.
La petite cour : Quatre chambres s'ouvrant sur une cour à ciel ouvert entièrement carrelée de marbre et de zellidj (carreaux de céramique) constituaient les appartements privés de Ba Hmad ; elles ont été transformées au temps de Lyautey en chambre des officiers.
La grande cour de marbre dite « Cour d'honneur » : C'est une immense cour (50 m x 30 m) à ciel ouvert, dallée de marbre et de zellidj entourée d'une galerie aux colonnes en bois découpé, sur laquelle s'ouvre une imposante salle de réception dite Salle de conseil, la plus grande du palais (20 m x 8 m) et dont le plafond peint est d'une grande beauté.
Le grand riyad : C'est la partie la plus ancienne du palais que fit édifier le père de Ba Hmad, Si Moussa, achevée en 1866-1867 et réaménagée par la suite. Ce riyad se distingue, en plus du jardin, par ses deux salles et ses deux niches à la décoration raffinée.
L'appartement privé : Deux salles et deux niches donnent sur un espace couvert d'un plafond peint, éclairé par des panneaux de plâtre sculpté et finement ajouré.
Medersa Ben Youssef
La medersa ben Youssef est l'un des monuments historiques les plus importants à Marrakech. C'est aussi l'une des plus grandes medersa du Maghreb. Elle fut élevée par le Saadien Abd Allah al Ghalib en 1564-1565, ceci et attesté par des inscriptions sur les chapiteaux de la salle de prière et sur le linteau de la porte d'entrée.
La medersa a un plan quadrilatère d'une superficie de 1680m2 ,elle comprend une salle de prière et des chambres pour les étudiants au nombre de 130. Dans l'ensemble la medersa constitue un véritable reflet de la magnificence de l'art saadien.
C'est un des joyaux de Marrakech. La structure actuelle de cette école coranique fut édifiée vers 1570 par les saâdiens et restaurée en 1950. A l'époque de sa splendeur, la medersa Ben Youssef pouvait héberger jusqu'à 900 étudiants dans les 150 cellules que compte le bâtiment. Cette caractéristique architecturale fait de cet édifice sacré la plus vaste medersa de tout le Maghreb.
Ce chef d'œuvre de l'architecture sacrée de la Medina de Marrakech étonne par certaines de ses audaces. L'architecte a ainsi balayé certaines des traditions arabo-andalouse, en aménageant des ouvertures de certaines cellule sur les rues de la Medina. Il a également aménagé dans les cellules des fenêtres donnant sur l'une des petites cours structurant l'édifice. La medersa Ben Youssef fascine également pour la richesse artisanale et décorative mise dans l'élaboration des murs en stucs et les décors en cèdre.
Les jardins de la MENARA
Ancienne propriété des sultans à Marrakech. Moins vaste que l'Agdal, d'une dizaine d'hectares, ce parc créé vers 1250 est planté de beaux oliviers, de quelques palmiers et de cyprès. Lieu de rendez-vous des amoureux, il est superbe au coucher du soleil.
Au nord, parmi les oliviers centenaires, on aperçoit un petit pavillon Saâdien de la fin du XIXe siècle (1870) à la toiture pyramidale verte, le Menzeh, qui se reflète dans le bassin entouré d'un chenal alimenté par l'eau de l'Atlas. De sa terrasse supérieure, on peut embrasser le panorama de la ville et ses jardins. En 2003, des spectacles folkloriques et des feux d'artifices sont organisés chaque soirée.
Les jardins d'AGDAL
Les jardins d'Agdal sont parmi les plus anciens jardins arabo-andalous. C'est un verger où l'on peut admirer des centaines d'oliviers ainsi que des orangers, abricotiers, etc. et deux immenses bassins. Ces jardins s'étalent sur une superficie de 500 hectares, calme et reposant, on est loin des bruits de la ville. Un vrai havre de paix. ( Ouvert seulement vendredi après-midi et dimanche ).
Le sultan Abd El Moumen et son successeur Youssef Abou Yacoub firent planter au XIIe siècle un immense verger clos au sud de la ville. Surnommé «El Bouhayra» - «la petite mer» - puis Masarat par les Saadiens, ce parc fut finalement appelé Agdal, terme berbère adopté sous la dynastie alaouite. Hassan Ier a fait ensuite construire des remparts en pisé pour la protéger. Les jardins d'Agdal comportent deux grands bassins remplis d'eau amènent un peu de fraîcheur surtout l'été. Ils sont alimentés par l'Ourika, rivière descendant du grand atlas. Ces jardins ne se trouvent qu'à 4 kilomètres de la place Jemaa El Fna à l'extrémité sud de la Médina.
Le Jardin de Majorelle
Jacques Majorelle est un peintre et décorateur très célèbre de Nancy, il est né en 1888. Invité par le Général Lyautey à Marrakech en 1917 pour soigner sa tuberculose, il est tombé amoureux de la ville de Marrakech et il s'installa dans son petit pavillon quelques années plus tard. Par la même occasion, il créa son atelier dans ce petit pavillon où il peignit des gravures en s'inspirant de la vie quotidienne des marocaines. Il y mourut en 1962.
Tombé dans l'oubli après le mort de Jacques Majorelle, le lieu est racheté par Yves Saint Laurent qui l'a restauré au début des années 60. Et est devenue un musée islamique composé d'antiquités marocaines.
Les Sept Saints ou «sebâatou rijale»
A Marrakech, les saints sont nombreux. Son statut de capitale d'empire a tôt fait d'attirer vers elle des gens de tous les horizons. La diversité des origines de sa population exigeait un ciment d'unité auquel les saints ont largement contribué. Leurs mausolées s'élèvent aujourd'hui encore à l'intérieur comme à l'extérieur des murailles. Ils se trouvent soit dans des cimetières, soit à proximité de mosquées, soit encore dans les quartiers d'artisans...
A Marrakech, on compte plusieurs saints, mais la plut part des gens connaissent sept parmi eux les sept saint ou « sebaâtou rijales »,Sidi Youssef Ben Ali,Kadi Ayyad, Abou El Abbas Assabti « Sidi Bel Abbas», Sidi Ben Slimane El Jazouli, Sidi Abdelaziz Tebbaâ, Abdellah
El Ghazouani «moul laksour» et Abderrahmane Souheili.
Le point commun de ces sept saints c'est qu'ils sont enterrés dans la même ville, Deux d'entre eux seulement sont nés à Marrakech : Sidi Youssef Ben Ali et Sidi Abdelaziz Tebbaâ. Cadi Ayyad et Sidi Bel Abbas sont originaires de Sebta, Sidi Ben Slimane du Souss, Sidi Abdellah El Ghazouani des Jbala, dans le nord, et l'Imam Souheili d'Andalousie.
Sidi Bel Abbès Sebti, considéré comme le véritable saint patron de la ville. Les patrons de Marrakech sont tous cités dans une qasida composée par Cheikh El Youssi lui-même. La rime de ce chant ancestral est “aïne”. La qasida s'appelle donc “el Aïnia” et invoque les sept saints dans l'ordre où doit s'effectuer la tournée.
Sidi Youssef ben Ali
Sidi Youssef ben Ali c'est Abou Yaakoub Youssef ben Ali, d'origine yéménite, fut le brillant élève du Cheikh Abou Asfour. Atteint de la lèpre, il passa sa vie dans la léproserie située à Bab Aghmat. Bien qu'atteint de cette terrible maladie, il garda jusqu'à sa mort en 1196 une foi inébranlable. Il s'est vu consacrer un édifice pour lui seul: la mosquée Ben Youssef. À l'origine almoravide, elle fut le sanctuaire central de la médina pendant plus de 4 siècles, jusqu'à la création de la mosquée Mawâssîne. Elle a été restaurée et modifiée au XVIème siècle, puis au début du XIXème siècle.
Sidi Youssef Ben Ali mourut en 1196 (593 de l'hégire). Son mausolée fut édifié par le sultan saadien Moulay Abdallah. La zaouïa se situe face à Bab Aghmat. On l'appelait Sidi Youssef l'éprouvé en raison des souffrances qu'il avait subies
Cadi Ayyad.
Abou Al Fadl Ayyad ben Amer Ben Moussa Ben Ayyad Ben Mohamed Ben Abdellah Ben Moussa Ben Ayyad Al Yahsobi référence à Yahsob : une région au Yémen. Eleve de ABOU Abdellah ben Issa, de l'Imam Abou Abdellah ben Hamdine, de Abou Al Hassan ben Siradj et l'imam abou Al walid Ibn Rochd.
Grand Imam de Sebta, Sidi Ayyad est nommé Cadi de Grenade. Il est le plus célèbre des doctes du malékisme en Occident musulman. À l'avènement des Almoravides, il connaît l'exil à Tadla puis à Marrakech où il vivra jusqu'à sa mort en 1149. Son amour du Prophète exprimé dans son ouvrage « Al-Chifaa » et sa rigueur orthodoxe lui valent son titre de saint. Il est enterré dans le vieux marabout près de Bab Aïlen.
Abou el Abbas Assabti - Sidi Bel Abbas
Abou el Abbas Ahmed ben jaafar el khazraji, né à Sebta en 1145 (521 de l'hégire). Il vient à Marrakech à l'âge de 20 ans. Il s'installe sur la colline de Guéliz près d'une source d'eau proche d'une grotte. Il y vit pendant 40 ans, sans jamais pénétrer dans la ville. Yacoub El Mansour l'invite à résider à Marrakech, lui a donné une maison et une école dpour enseigner. Disciple de Cadi Ayyad, il passe sa vie à soigner et défendre les faibles et les aveugles. Le Calife Abdelmoumen venu lui rendre visite l'entendra dire: « Tout ce que tu veux qu'on fasse pour toi, fais-le pour tes sujets ».
Sidi Bel Abbas meurt en 1205. Mais c'est en 1605 que le sultan saadien Abou Faris lui élève un mausolée, dans l'espoir de guérir son épilepsie. Depuis, il n'a cessé d'être l'objet d'attentions de tous les souverains, jusqu'au roi Hassan II qui a fait rénover le sanctuaire en 1998. Sidi Bel Abbas se lia d'une grande amitié avec Averroès. Il est enterré au cimetière de Sidi Marouk, près de Bab Taghzout. Sa Zaouïa fait partie du pèlerinage des Regraga, institué par Moulay Ismaïl.
Ce Saint des Saints est le plus invoqué dans les actes essentiels de la vie. Les marchands de beignets lui dédient le premier fruit de leur travail, Al Abbassia, les paysans, leur première gerbe de blé. Son évocation précède le rituel de la halqa. Il est évoqué par tous les conteurs de la place Jemaâ el Fna : « Au nom du saint patron de Marrakech….etc.».
Sidi Ben Slimane Al Jazouli
Sidi Mohammed ben slimane ben said al jazouli, Né dans la région du Souss, il s'inscrit à la Médersa Essaffarine de Fès où il excelle dans les hadiths. Il est le fondateur du soufisme marocain en vue d'une mobilisation contre l'invasion ibérique. Homme politique influent, il attire des milliers de fidèles.
Il meurt en 1465 (870 de l'hégire) à Afoughal entrain de faire la prière. Son corps est transféré à Marrakech en 1554 à l'époque de Ahmed al aaraj assaadi. Il est l'auteur du célèbre recueil de prières « Dala'il al-Khayrat » (les chemins des bienfaits). Ce livre historique est la référence incontestable de tous les invocateurs de grâce sur le prophète, des confréries soufies à travers le monde notamment la Tariqa Qadiria Boutchichia. Son mausolée a été remanié plusieurs fois à l'époque de Moulay Ismail et Sidi Mohammed ben Abdellah. La zaouïa Jazoulia se trouve au nord de la médina, à proximité de Dar-el-Glaoui.
Sidi Abdelaziz Tebbaâ
Abou faress Abdelaziz ou Sidi Abdelaziz Tebaa nommé aussi le seigneur de la soie, marchand de soie à Fès, s'intéressa tardivement à la vie spirituelle. Principal disciple de Sidi Ben Slimane et héritier de Sidi Ben Soulayman Al Jazouli, il propagea l'éthique soufie dans les milieux des corporations d'artisans. À Marrakech, il s'installa à la Mosquée Ben Youssef près de laquelle il est enterré. Il est mort en 1508. Son mausolée a été bâti par le Sultan Alaouite Sidi Mohammed ben Abdellah.
Abdellah el ghazouani «moul el ksour»
Sidi ben Abdallah El Ghazouani, dit Moul El Ksour, est originaire de la tribu Gazouane. Il a consolidé le renouveau soufi initié par Sidi Ben Slimane al jazouli. Après avoir poursuivi ses études à Fès puis à Grenade, il s'installe à Marrakech pour compléter sa formation auprès de Sidi Abdelaziz Tabaa.
Sa réputation ne tarde pas à porter ombrage au sultan Sidi Mohamed Cheikh, qui l'incarcère a Marrakech. Le sultan watasside le libère et crée à son intention une Zaouïa à Fès, afin de l'éloigner et de l'isoler. Mais très vite, le saint homme revient à Marrakech. Il y fonde une Zaouïa dans le quartier d'El Ksour. Décédé en 1528, il est enterré non loin de la Mosquée Mouassine. À la suite de différends avec le sultan mérinide, il avait prédit la fin de la dynastie.
Abderrahmane Souheili
Abderrahmane souhaili, abou el kassim, abou zaid abderrahmane ibn al khatib abiou amer ben Abi al hassan Asbagh ben Houssine ben saadoun ben redouane ben fattouh souhaili référence à Souhail près de Malaga où est né. Il est connu pour sa poésie soufie et son ouverture d'esprit à un moment de forte censure religieuse. Fut ramené d'Espagne par Yacoub El Mansour. Il a rédigé deux chefs-d'œuvre : l'un sur les noms propres des prophètes cités dans le Coran, l'autre sur la biographie de Sidna Mohammed.
Ce saint homme eut une vie simple et finit ses jours à Marrakech où il mourut en 1186. Il est enterré près de Bab Robb. Les étudiants n'ayant pas de mémoire se recueillent souvent sur sa tombe.


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