Selon les dernières données relatives aux comptes nationaux du troisième trimestre 2010, la croissance nationale s'est stabilisée autour de 3% pour le deuxième trimestre consécutif, après avoir atteint 3,9% au premier trimestre. Cette évolution recouvre une progression de la valeur ajoutée non agricole de 4,7% et une baisse des activités agricoles de 8,4%, indique le bulletin mensuel de Bank Al Maghrib. Globalement, les évolutions ainsi observées demeurent en ligne avec les prévisions de Bank Al-Maghrib quant à la croissance sur l'ensemble de l'année 2010, estimée entre 3% et 4%. D'après les analystes de la banque centrale, les résultats du troisième trimestre confirment l'amélioration progressive enregistrée au niveau du secteur tertiaire, dont la valeur ajoutée a progressé de 4,5% après 4,1% au deuxième trimestre. Pour sa part, le secteur secondaire, en dépit des améliorations enregistrées dans plusieurs branches, a vu son rythme de croissance revenir à 5,1% contre 10,1% et 6,6% respectivement au premier et au deuxième trimestre de l'année en cours, suite notamment à la dissipation des effets de base. Globalement, les évolutions ainsi observées demeurent en ligne avec les prévisions de Bank Al-Maghrib quant à la croissance sur l'ensemble de l'année 2010, estimée entre 3% et 4%. Excédent pluviométrique Les exportations de primeurs à fin 2010 ont connu une augmentation de 4%, qui recouvre une hausse de 11% des ventes de tomates, constituant 70% du total exporté, et une baisse d'environ 8 % des autres variétés. De même, celles d'agrumes se sont accrues de 20%. En revanche, la commercialisation de céréales, durant la période allant de juin à novembre 2010, a connu une contraction de 30%, ce qui a engendré une progression de 30% des importations de ces denrées. Concernant la campagne agricole 2010-2011, les semis d'automne ont été effectués dans des conditions climatiques favorables. En effet, les volumes pluviométriques enregistrés depuis le 1er septembre 2010, au niveau de l'ensemble des régions agricoles, ont permis d'atteindre un excédent pluviométrique important de 59 mm par rapport à une année normale et ont amélioré l'état du couvert végétal par rapport à la campagne précédente. Dans ces conditions, le taux de remplissage moyen des barrages agricole est passé, en une année de 65% à 73%. Stabilité de la production industrielle Au niveau du secteur secondaire, les résultats de l'enquête de conjoncture de Bank Al- Maghrib dans l'industrie, du mois de novembre font état du maintien des principaux indicateurs d'activité à des niveaux globalement supérieurs à ceux observés au cours de l'année précédente, en dépit d'une stabilité de la production et d'une baisse du taux d'utilisation des capacités de production à 74%, niveau qui demeure toutefois supérieur à la moyenne observée depuis janvier 2007. En outre, les perspectives d'évolution de l'activité manufacturière pour les trois prochains mois ressortent globalement favorables, selon les anticipations des professionnels. Concernant le secteur minier, la production marchande de phosphate, stimulée par L'importance de la demande internationale, particulièrement pour les produits dérivés, s'est établie à 24,4 millions de tonnes à fin novembre 2010, en progression de 50% par rapport à la même période de l'année précédente. La production d'engrais phosphatés et d'acide phosphorique a augmenté respectivement de 46% et de 31%, absorbant 61% de la production marchande de phosphate au lieu d'environ 50% en moyenne durant les cinq dernières années. L'orientation vers la valorisation du phosphate devrait se consolider à moyen terme avec la construction de nouvelles unités de transformation par l'Office Chérifien des Phosphates. Au niveau du secteur énergétique, l'activité dans les branches d'électricité et de raffinage s'est renforcée durant les derniers mois. En effet, la reprise de la demande d'électricité se confirme avec des niveaux de plus en plus importants, particulièrement celle émanant du secteur industriel. Ainsi, la demande d'électricité a progressé de 5,8% à fin novembre au lieu de 3,5% un an auparavant reflétant la hausse de la demande aussi bien en haute tension qu'en basse tension. Au niveau de la production d'électricité, et suite au ralentissement de la production hydraulique, la satisfaction de la demande a été assurée principalement par le recours aux importations et une hausse de la production thermique de 5,8%, réalisée essentiellement par les centrales thermiques de l'ONE. De son côté, la production du secteur de raffinage a enregistré à fin novembre 2010 une hausse de 24% en glissement annuel, attribuable à l'amélioration de celle de gasoil de 52%. Cette reprise de l'activité de transformation locale de pétrole s'est traduite par une progression de 12% des importations de pétrole brut et une quasi-stagnation des importations des produits raffinés. Dans le secteur du bâtiment et travaux publics, l'arrêt des activités des chantiers à l'occasion de l'Aïd Al Adha s'est traduit par la baisse de 22,7% de la consommation du ciment durant le mois de novembre 2010 pour s'établir à 0,86 million de tonnes contre 1,11 million de tonnes en novembre 2009. Ainsi, le cumul de la consommation du ciment à fin novembre a enregistré un léger recul de 1,76%, revenant de 13,59 millions de tonnes en 2009 à 13,36 millions de tonnes en 2010. En revanche, l'encours des crédits à l'immobilier a marqué un accroissement de 9,6% à fin novembre 2010, en glissement annuel. Au niveau du secteur tertiaire, les principaux indicateurs de l'activité touristique ont connu une reprise sensible à fin novembre 2010. En effet, le flux touristique a progressé de 11%, suite à une augmentation de 15% et de 8% respectivement du nombre des visiteurs étrangers et des MRE. De même, les nuitées déclarées par les unités classées se sont accrues de 11%, à la faveur d'une hausse de 12% et de 9% de celles réalisées par les touristes étrangers et par les nationaux, tandis que, le taux d'occupation est passé de 42% à 45%. De même, les recettes de voyages se sont élevées à près de 52 milliards de dirhams, en hausse de 7,3%.