Nombre de produits de base ont vu leurs prix augmenter de manière très sensible ces derniers jours. Il s'agit essentiellement de produits alimentaires, dont une grande partie est tirée des matières agricoles importées. C'est le cas de l'huile, du sucre, du beure, de la farine, du fromage dur, du blé, des légumineuses, du thé, du café, de la limonade, des pâtes, du couscous industriel, etc. Faisons un petit récapitulatif de ce que nous avons relevé hier sur le marché : 1L d'huile se vend à 16 DH (contre 14 DH auparavant) ; le blé dur est passé de 7 à 8 DH le kg, le beure, quant à lui, a fait un bond inexpliqué à 57 DH/kg au lieu de 40 DH, soit une hausse de plus de 40% en un seul mouvement. Idem pour le thé qui, il est vrai, a joué un mauvais tour et a pris de court toutes les petites bourses. Ce breuvage préféré des ménages marocains se paie aujourd'hui deux fois plus cher qu'avant. L'entrée de gamme du thé, celui dit «kamanja» a pris de l'altitude, affichant une hausse de 50% à 65 DH le kg versus 40 DH avant. Le café, cet or noir qui nous vient de très loin, enregistre une volatilité rare et importante, selon les humeurs du marché, mais surtout pour des produits de qualité. La paquet de 250 g, des marques les plus en vue, se vend à 34-35 DH, soit une hausse aux alentours de 10%. Il faut dire que l'évolution par à-coups des prix des produits alimentaires est devenue persistante et pesante pour les ménages, surtout ceux dont les revenus dépendent plus des hauts et des bas de l'activité. Ne parlons pas du fameux fromage rouge - pourtant denrée incontournable pour ceux qui mangement à meilleur appétit- dont le prix se négocie désormais au-dessus de 78 DH le kg, alors qu'il ne dépassait guère les 62 DH depuis un certain temps. Le poulet vif, pour ceux qui veulent alléger leur panier et disposer de quelques protéines dans leur nourriture, s'est vendu à 15 DH le kg, alors que la moyenne tourne autour de 12 à 13 DH le kg. La tendance haussière touche davantage le poulet « beldi » dont le prix déborde les 40 DH/kg sur pieds. Chez le boucher patenté du coin, la viande s'est envolée et les prix oscillent entre 80 et 120 DH le kg pour ceux qui ont une préférence pour les coupes dites européennes. Retour chez l'épicier : les pâtes (ordinaires), c'est 12 DH le paquet de 500 g, au lieu de 8 DH. Les grandes marques se vendent entre 15 et 20 DH pour la même quantité. Situation presque identique pour le couscous dont le prix poursuit sa montée, passant de 8,50 DH le kg à 9,50 puis à plus de 11 DH. Les lentilles et les haricots blancs sont proposés à 16 DH le kg contre 14 auparavant. Parler ou écrire sur la hausse des prix en ces moments un peu délicats semble inopportun, me diriez-vous. Il faut savoir que cette question de tension des prix sur le marché s'est imposée à nous et nous ne pouvions l'éluder. Le débat sur la question fuse par presse interposée, et tout le monde en connait les causes. L'incertitude plane sur l'évolution des cours des matières premières à l'international et la spéculation. Mais chez nous, il faut reconnaître qu'il y a un laisser-aller que l'on peut qualifier de délirant et intolérable. La vigilance des services de contrôle doit être de mise.