Mohamed Ouahbi a bouclé sa première trêve internationale en tant que sélectionneur des Lions de l'Atlas avec un nul face à l'Equateur (1-1) et une victoire convaincante contre le Paraguay (2-1). Deux matches amicaux qui ont permis de tirer plusieurs enseignements, entre certitudes confirmées et promesses de renouveau. Alors que la Coupe du monde 2026 approche à grands pas, l'équipe nationale semble armée pour maintenir sa compétitivité au plus haut niveau, tout en intégrant progressivement une nouvelle génération. Le sélectionneur marocain ne cache pas ses priorités. Interrogé mardi soir dans la foulée de la victoire contre le Paraguay, Mohamed Ouahbi a coupé court aux polémiques : «On se concentre sur la Coupe du Monde», a-t-il affirmé, éludant toute question sur le titre de champion d'Afrique attribué sur tapis vert le 17 mars. «Notre travail à nous, le staff et les joueurs, c'est de se préparer pour la Coupe du Monde. Le travail de la fédération, c'est de protéger justement cette équipe. On est entre de bonnes mains, donc on est très confiants. Nous, on est projetés sur la Coupe du Monde, déjà». Pour le nouveau staff, donc, la priorité est de tourner la page des polémiques et se concentrer sur l'essentiel, à savoir la prestigieuse échéance nord-américaine. Et sur le terrain, les joueurs ont répondu présent. Un nul encourageant, une victoire prometteuse Face à l'Equateur à Madrid, le Maroc a montré une bonne maîtrise collective, notamment dans la gestion du ballon et l'occupation des espaces. Malgré quelques imprécisions dans les transitions, cette première sortie a permis de poser les bases du projet d'Ouahbi, avec une équipe disciplinée et capable de rivaliser dans l'intensité. Le second rendez-vous, disputé à Lens devant un stade Bollaert quasi-exclusivement rempli de supporters marocains, a offert une copie plus aboutie. Opposés à un Paraguay accrocheur, les Lions ont su faire preuve de réalisme et de caractère pour s'imposer (2-1). Plus tranchants dans les zones décisives, ils ont également affiché une meilleure gestion des temps faibles, signe d'une progression rapide entre les deux rencontres. Dans les travées, une partie du public a entonné «champion d'Afrique, champion d'Afrique» peu après la 80e minute, mais la fête n'a pas occulté le travail restant. Un socle solide Buteur lors des deux matches amicaux, Neil El Aynaoui s'affirme comme une pièce maîtresse. Déjà précieux dans l'entrejeu par sa capacité à orienter le jeu, il ajoute désormais à son arc le sens du but, sa projection et son timing faisant de lui un danger constant. Dans l'axe défensif, Issa Diop, aligné lors des deux rencontres, s'impose comme la valeur sûre d'une charnière encore en rodage, apportant sérieux, constance et une stabilité précieuse qui pourrait faire de lui un pilier du nouveau cycle. Sur le flanc droit, la complicité naissante entre Yassine Gessime et Achraf Hakimi a déjà fait des étincelles, leurs combinaisons offrant deux actions de grande classe conclues par des buts face au Paraguay, une dualité technique et rapide qui promet de devenir une arme majeure. Enfin, l'alchimie entre Hakimi et El Aynaoui s'est révélée décisive : le latéral parisien, par sa justesse et sa vision, s'est mué en véritable passeur au service d'un El Aynaoui clinique, une connexion encore fraîche mais déjà redoutablement efficace. Des options et de la profondeur Mais au-delà des résultats, cette trêve a été marquée par l'intégration de nouveaux visages. Des joueurs comme Yassine Gessime, Mohamed Rabie Hrimat et Samir El Mourabet ont eu l'opportunité de se montrer, apportant fraîcheur et nouvelles solutions dans différents secteurs. Leur implication illustre la volonté du staff d'élargir la base et de créer une concurrence saine. Dans l'axe défensif, le Maroc semble également gagner en profondeur. Des options comme Redouane Halhoul, Issa Diop et Chadi Riad offrent davantage d'alternatives, renforçant la solidité et la flexibilité du dispositif défensif. Une bonne nouvelle à l'approche d'un Mondial où l'accumulation de matches et les suspensions pourraient peser. Transformer les promesses en certitudes Si ces deux matches ont donné des indications précieuses, ils ont aussi mis en lumière les axes de progression. L'animation offensive, encore perfectible, devra gagner en régularité face à des adversaires plus hermétiques. La gestion des transitions défensives, notamment sur les contre-attaques, devra être affinée. Et l'intégration des nouveaux joueurs, si elle est prometteuse, devra se poursuivre pour créer une véritable osmose collective. Le Maroc arrive au Mondial nord-américain fort de son statut de demi-finaliste de l'édition 2022. Les attentes sont donc élevées. La qualification de dix nations africaines pour cette Coupe du monde, un record, témoigne de la progression du football sur le continent. Le Maroc, avec sa pléthore de talents et son nouveau staff, aura à cœur de confirmer son rang. Sami Nemli / Les Inspirations ECO