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Conseil de paix et de sécurité de l'UA : le Maroc, de la réintégration à l'influence durable
Publié dans Les ECO le 02 - 04 - 2026

Le Maroc a entamé, mercredi 1er avril, son troisième mandat au sein du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine, pour la période 2026-2028. Une consécration lourde de sens, puisqu'après une élection brillante en février dernier devant le Conseil exécutif de l'UA, le Royaume confirme sa place parmi les architectes de la paix continentale. Ce nouveau mandat intervient dans un contexte africain marqué par une multiplication des crises sécuritaires et une quête permanente de cohérence pour l'Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). Pour Rabat, c'est l'occasion de pérenniser une approche forgée sous l'impulsion du Roi Mohammed VI.
Le 12 février 2026, à Addis-Abeba, le Conseil exécutif de l'Union africaine rendait public le résultat d'un scrutin qui, pour beaucoup, n'avait rien d'une surprise. Le Maroc était élu membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS) pour la période 2026-2028, au terme d'une campagne discrète mais efficace, à l'image de la diplomatie royale.
Un mandat de trois ans, le troisième depuis le retour du Royaume au sein de l'organisation panafricaine en 2017. Une première participation (2018-2020) avait marqué les esprits par son caractère pionnier, la seconde (2022-2025) avait consolidé l'ancrage et la troisième s'inscrit désormais dans une logique de continuité et de maturité institutionnelle. Plus qu'un simple renouvellement, ce troisième mandat intervient dans un contexte où l'Union africaine cherche à redonner du souffle à son Architecture de paix et de sécurité (APSA), souvent critiquée pour son manque de réactivité face aux crises qui se succèdent, du Sahel à la région des Grands Lacs en passant par la Corne de l'Afrique.
Le CPS, organe décisionnel permanent chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits, est au cœur de ces défis. En y siégeant pour la troisième fois, le Maroc affirme sa volonté d'être acteur de la réforme et de l'efficacité de l'architecture
sécuritaire continentale.
Une reconnaissance du leadership royal
Derrière la candidature marocaine, c'est toute une approche de la stabilité africaine qui a été portée depuis le retour du Royaume à l'UA. Cette élection traduit une reconnaissance des actions entreprises par le Roi en faveur d'une Afrique stable, dont l'approche en matière de résolution des conflits repose sur une démarche rationnelle et le respect du droit international, ainsi que sur la recherche de solutions pacifiques.
Cette vision, souvent résumée par la formule «une Afrique stable, solidaire et résolument engagée sur la voie du développement durable», irrigue en effet l'action diplomatique marocaine sur le continent. Elle se traduit par un refus des raccourcis sécuritaires, car pour Rabat, la paix se construit par le développement économique, la cohésion sociale, et la médiation politique. Cette approche a valu au Maroc une crédibilité croissante auprès de ses pairs, y compris dans des dossiers sensibles où le consensus est difficile à bâtir.
Trois mandats, une stratégie de consolidation
Le chemin parcouru depuis 2017 mérite d'être rappelé. Le premier mandat (2018-2020) avait été celui du réapprentissage. Le Maroc, après des décennies d'absence, devait se faire connaître, comprendre les codes, nouer des alliances. Il s'était attaché à améliorer les méthodes de travail du CPS et à instaurer des bonnes pratiques, de concert avec les autres Etats membres. Une démarche «responsable et inclusive», selon les termes du ministère des Affaires étrangères. Le deuxième mandat (2022-2025) a permis de passer à la vitesse supérieure.
Le Maroc a alors porté des initiatives concrètes, notamment en matière de prévention des conflits et de diplomatie préventive. Il a également œuvré à renforcer les mécanismes continentaux d'alerte précoce, un chantier essentiel dans un continent où les crises éclatent souvent faute d'anticipation. Le troisième mandat (2026-2028) s'inscrit dans cette logique d'approfondissement. L'objectif affiché est de poursuivre le travail engagé, avec une attention particulière au renforcement de l'Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA).
Concrètement, le Maroc entend appuyer les efforts visant à consolider les mécanismes continentaux de prévention des conflits, de diplomatie préventive et de médiation. Il compte également promouvoir «une approche proactive de la prévention des crises et des conflits, fondée sur l'anticipation des risques, l'alerte précoce et le renforcement des capacités africaines de gestion et de règlement pacifique des différends».
Un mandat sous le signe de la continuité
La continuité est donc le maître-mot de ce nouveau mandat. Elle est d'abord géographique, car le Maroc conserve son siège au CPS, sans interruption, après deux mandats successifs. Elle est ensuite thématique, puisque les priorités définies lors des précédents mandats sont reconduites et renforcées. Enfin, elle est institutionnelle, dans la mesure où le Royaume entend capitaliser sur l'expérience acquise pour peser davantage sur les réformes de l'APSA, dont la révision est régulièrement à l'ordre du jour de l'UA.
Au-delà des enjeux de paix et de sécurité, ce troisième mandat au CPS est aussi un marqueur diplomatique de premier ordre. Il confirme que le Maroc est désormais considéré par ses pairs comme un acteur incontournable de la scène continentale. Il valide la stratégie africaine du Royaume, fondée sur la présence institutionnelle, le développement d'alliances solides, et une approche pragmatique des crises.
Ce mandat intervient par ailleurs à un moment où la concurrence sur le continent s'intensifie. D'autres puissances africaines, mais aussi des acteurs extra-africains, cherchent à peser sur les orientations de l'UA. Siéger au CPS, c'est disposer d'une tribune privilégiée pour défendre ses positions, mais aussi pour peser sur les choix collectifs. Le Maroc en a pleinement conscience.
Sami Nemli / Les Inspirations ECO


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