L'Association des barreaux du Maroc (ABAM) a vivement réagi à l'adoption par la Knesset d'un projet de loi controversé ouvrant la voie à l'exécution de prisonniers palestiniens, qualifiant cette mesure de « dérive grave » et de « terrorisme d'État ». Dans une communication sur la question, les avocats marocains ont dénoncé un texte qui, affirment-ils, consacre une volonté assumée de porter atteinte au droit fondamental à la vie, en contradiction frontale avec les principes du droit international humanitaire et des droits de l'Homme. Ils estiment que ce vote s'inscrit dans une logique d'escalade et de durcissement sans précédent. Adopté récemment dans un climat de fortes tensions régionales, ce projet de loi – qui prévoit la possibilité d'appliquer la peine de mort à certains détenus palestiniens – est perçu par l'association comme « une tentative de donner un vernis légal à des pratiques portant atteinte aux droits humains les plus élémentaires ». Une « institutionnalisation de la peine de mort » dénoncée Pour les avocats marocains, ce texte ne saurait être dissocié d'un contexte plus large marqué par des atteintes répétées aux droits des prisonniers palestiniens. « Il s'agit d'une démarche visant à institutionnaliser l'exécution et à légitimer des pratiques assimilables à un homicide volontaire », souligne l'association des barreaux, pointant un affaiblissement des garanties liées à un procès équitable. L'ABAM insiste également sur le fait que cette législation contrevient aux engagements internationaux d'Israël, notamment au regard des Conventions de Genève, qui imposent la protection des détenus et le respect de leurs droits fondamentaux. Elle y voit une « atteinte directe à des principes universels non négociables », au premier rang desquels le droit à la vie et à un jugement équitable. Au-delà de l'aspect juridique, les avocats mettent en garde contre les conséquences d'un tel précédent, estimant qu'il pourrait contribuer à banaliser des pratiques contraires à la légalité internationale et fragiliser davantage les mécanismes de protection des droits humains. Appel à une réaction internationale Face à cette évolution, l'Association des barreaux du Maroc déplore l'absence d'une réaction internationale à la hauteur des enjeux. Elle considère que le silence ou l'inaction de la communauté internationale risque d'encourager de nouvelles violations et d'éroder la crédibilité du système de protection des droits humains. Dans ce contexte, elle appelle les instances internationales, notamment l'Organisation des Nations unies, le Conseil des droits de l'Homme et le Comité international de la Croix-Rouge, à intervenir de manière urgente pour garantir la protection des prisonniers palestiniens et veiller au respect du droit international. Pour les avocats marocains, l'enjeu dépasse le seul cadre juridique : il touche à la capacité du droit international à s'imposer face aux logiques de force, dans un contexte régional de plus en plus instable.