La justice a tranché dans l'une des affaires les plus sensibles ayant ébranlé l'enseignement supérieur. La chambre des crimes financiers près la Cour d'appel de Marrakech a prononcé, ce vendredi, des peines de prison ferme dans le dossier dit de la « vente de diplômes de masters » au sein de l'Université Ibn Zohr à Agadir. Au cœur de cette affaire, l'enseignant universitaire Ahmed Klich, principal mis en cause, a été condamné à quatre ans de prison ferme, assortis d'une amende de 237.000 dirhams. Un 2è accusé a écopé de la même peine, tandis que les autres prévenus ont été condamnés à des peines allant de huit mois à deux ans de prison ferme, accompagnées d'amendes variant selon les cas. Un accusé a, en revanche, été acquitté. Ce dossier, largement médiatisé ces derniers mois, porte sur des soupçons d'abus de pouvoir et de corruption impliquant des enseignants universitaires, accusés d'avoir facilité l'accès à des diplômes de master en contrepartie de sommes d'argent. Les investigations ont mis en lumière un système présumé de favoritisme et de transactions illégales, remettant en cause les principes d'égalité des chances et de mérite académique. L'affaire a provoqué une onde de choc dans les milieux universitaires et relancé les interrogations sur la transparence des procédures d'accès aux formations supérieures. Après l'arrestation du principal accusé en mai dernier, le tribunal a examiné durant plusieurs mois, un volumineux dossier, auditionnant de nombreux témoins et analysant des documents administratifs et financiers dans le cadre d'une enquête menée sous la supervision du parquet. L'affaire, qui avait éclaté a, continue ainsi de nourrir un débat plus large sur l'intégrité du système éducatif et la nécessité d'assurer l'équité dans l'accès aux diplômes.