Benchaâboun : «des avancées substantielles» du Programme Compact II    Casablanca : la trémie des Almohades livrée fin mars    Entreprises : HCP précise les effets du Covid-19    CGEM : Un travail participatif en faveur de la relance    Covid-19 : Le Maroc reçoit la première livraison du vaccin chinois Sinopharm    JLM Alumni organise sa caravane solidaire habituelle ce week-end    Conseils de Ford : Les astuces proposées pour protéger sa voiture du froid    Une musique picturale mystique    Hommage aux plasticiens de la Cité des Alizés disparus    Zhour Maamri passe l'arme à gauche    Casablanca : Trois maisons s'effondrent dans l'ancienne médina (vidéos)    Casablanca : Un énième effondrement à l'ancienne médina (vidéo)    Emballage industriel : une nouvelle usine pour DS Smith Tecnicarton à Kénitra    Première feuille de route pour Stellantis : L'électrique avant tout    Tir sportif : La 4ème édition du Grand prix du Maroc du 28 janvier au 6 février à Rabat    «La startup Factory» reçoit le Label AFRIC'INNOV    BEI/Jaida : 10 M€ pour soutenir l'activité de microcrédit    La DGST permet aux Etats-Unis de neutraliser un soldat radicalisé avant de passer à l'acte    CHAN / Rwanda-Togo (3-2) : Les Rwandais accompagnent le Maroc en quarts de finale    La 1ère édition du FICIC, du 27 au 31 janvier en format digital    Terrorisme : la DGST a fourni des renseignements précis au FBI    Evolution du coronavirus au Maroc : 867 nouveaux cas, 467.493 au total, mardi 26 janvier 2021 à 18 heures    L'ambassadeur israélien arrivé au Maroc...une première depuis deux décennies    Décès de Mohieddine Chekrouni    Formation dans le numérique au profit de de 50.000 étudiants    Cause nationale : Biden confirme la proclamation US sur la marocanité du Sahara    Les milices privées reniables d'Erdoğan déstabilisent le Moyen-Orient    De Larbi Ben Mbarek à Youssef En-Nesyri: Les Lions de l'Atlas continuent de rugir dans l'arène de la Liga    Le match sera «décisif» pour les deux sélections (Lhoucine Ammouta)    Notre diversité culturelle est une source inépuisable d'enrichissement    Marrakech. Quand l'Art s'invite au Palmeraie Rotana Resort    Exposition. Spirit of the letter de Larbi Cherkaoui    France: l'Institut Pasteur arrête le développement de son principal projet de vaccin    Dakhla : un rallye classique et sportif pour célébrer la marocanité du Sahara    Le gouvernement s'écroule, place aux consultations tous azimuts    Le Maroc réitère son appel pour la création d'une Plateforme d'experts africains pour la lutte contre les épidémies    Bouayach : «une source d'inspiration pour un modèle non-institutionnel de dialogue interculturel»    Suivez le LIVE de l'émission « Ach Waq3 » de MFM Radio    L'UNESCO met à la disposition du Maroc 7 équipements d'alerte précoce aux tremblements de terre    Etats-Unis : Un soldat américain pro Daech arrêté grâce à la DGST marocaine    Le Maroc, un modèle en matière de préservation des traditions, notamment juives    Une nouvelle émission dédiée le 3 février à la culture juive sur Medi1TV    Législation : Un bilan maigre se profile    Pétitions : Enième tentative de réanimation    Maroc-Ouganda, un match couperet    Hommage aux personnalités sportives qui se sont illustrées en 2020 : Malgré la pandémie, la SNRT perpétue la tradition    CHAN / Covid-19 : Baâdi testé positif, il sera remplacé par Nemssaoui    Les Etats-Unis comptent s'appuyer sur les succès de la normalisation avec le Maroc dans les relations américano-israéliennes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Des rapports hallucinants
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 29 - 08 - 2003

Elaborés au fils des années, plusieurs rapports, de sources indépendantes s'apparentant à des organismes comme les Nations Unies, font état de la position qu'occupe le Maroc en matière de trafic de cannabis.
Les rapports concernant le trafic de drogue au Maroc sont unanimes : notre pays est leader mondial en matière d'exportation de cannabis. Une lecture furtive dans plusieurs documents traitant de cet aspect démontre le degré d'implantation de cette pratique. Un rapport confidentiel de l'Observatoire géopolitique des drogues (OGD), remis en 1994, soulignait déjà que le Maroc est le premier exportateur mondial et le premier fournisseur du marché européen de cannabis. D'après cette étude, « le développement du commerce international du haschisch marocain n'est pas le seul fait de trafiquants européens…». Ce qui laisse supposer que des Marocains sont bel et bien impliqués dans ce trafic. Mieux encore, ce rapport faisait déjà état de l'implication de hauts responsables. « Très hiérarchisée », l'organisation du trafic intègre à la base « au moins 200 000 agriculteurs » dans le nord du pays. Au sommet, se trouvent « les commanditaires, barons de la drogue qui gèrent, financent et contrôlent, par intermédiaire interposé, la commercialisation ».
La corruption assure aux réseaux de trafiquants l'appui des protecteurs, que l'on peut trouver associés au trafic à tous les niveaux, du plus humble fonctionnaire des douanes aux plus hauts responsables, en passant par tous les échelons de l'administration centrale, des administrations locales, des organisations politiques ou des institutions élues , précise encore le rapport. « Aucun des réseaux qui sont parvenus à conquérir un réel poids économique et politique n'a pu le faire sans la bienveillance des autorités », note l'étude. Tantôt protecteurs, tantôt commanditaires, les responsables impliqués dans les filières d'exportation du cannabis sont légion.
L'étude citait déjà un ancien gouverneur de Tanger, Karim Laalj, qui aurait ainsi « joué un rôle déterminant dans la structuration des réseaux de trafiquants », avant d'être écarté. La liste des présidents de Chambres de commerce et d'industrie, de dirigeants de sociétés, de députés… est longue.
Les choses n'ayant évolué que trop peu, ou pas du tout, cette première étude paraît d'une consternante actualité. Et pour cause, une autre, sortie récemment, faisant état de la même situation. Le rapport de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), dépendant des Nations Unies, témoigne qu'au Maroc « la culture illicite du cannabis sur de vastes étendues demeure une préoccupation majeure ».
Le rapport estime que 60 % à 70 % de la résine de cannabis saisie en Europe provient du Maroc. Pis, les zones où la culture de cannabis est pratiquée s'étendent désormais dans l'ouest et le sud du pays. Autre rapport, autres faits allant dans le même sens : une étude réalisée en février 2002 par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. « Environ 90% du haschisch saisi en Europe en 1999 provenait du Rif marocain où il constitue la principale activité agricole », note cette étude.
La drogue originaire du plus beau pays du monde est acheminée principalement par l'Espagne, et dans une moindre mesure, par le Portugal et la France, vers les autres pays européens. Certaines filières passeraient même par l'Algérie et la Tunisie ou y aboutiraient, note ce rapport. Concentrée dans la région du Rif, au nord du pays, la monoculture du kif, le plant de cannabis, couvrait, en 1993, entre 64 000 et 74 000 hectares, note le rapport, estimant que ces surfaces ont « été multipliées par dix en dix ans ». « Le Maroc est capable de produire annuellement plus de 1 000 tonnes de haschisch destiné à l'exportation », note le rapport. Moyen privilégié de dissimulation de la drogue destinée à l'exportation, la transformation des véhicules particuliers ou commerciaux est pratiquée dans une multitude de garages spécialisés. Des mécaniciens aménagent des caches destinées à tromper la vigilance des douaniers et l'odorat des chiens, tout en réduisant le poids du châssis et de la carrosserie en fonction de la quantité de drogue à transporter. Ce qui est à noter, c'est que cette activité ne profite même pas aux agriculteurs, mais plutôt aux barons du trafic de drogue, marocains mais aussi européens. Le rapport de l'ONU souligne d'ailleurs que les pays consommateurs tirent 98 % des revenus de la drogue, alors que les pays producteurs doivent se contenter du reste.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.