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Pourquoi l'imam a pété les plombs
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 07 - 07 - 2004

Le prêche, prononcé le vendredi 25 juin et retransmis en direct sur la TVM, est à l'origine d'une grande polémique. Son auteur, Radouane Ben Chekroun s'y était opposé au travail des femmes tout en tenant des propos incendiaires sur de nombreuses manifestations de la vie moderne. Les dirigeants du MUR ont soutenu sans réserve ses déclarations.
Tout a commencé avec une « Khoutba» de l'imam Radouane Ben Chekroun, lors de la prière du vendredi 25 juin à la mosquée Hassan II. Dans son prêche, l'imam affirme que "La mixité au travail est un péché, le port des maillots de bain et des habits légers aussi.
Quant aux festivals de musique, ils encouragent la débauche, etc." L'imam déclare en substance : "Je m'oppose à la femme qui travaille en lui préférant l'épouse dans ses tâches ménagères". Il estime en outre que les femmes ont été "induites en erreur sous prétexte d'émancipation et de droits de l'Homme".
Assez suffisant pour déclencher une vive polémique qui ne cesse de secouer le microcosme médiatique et quelques partis politiques de gauche. Circonstance aggravante, l'imam en question préside depuis quelques mois le Conseil des ouléma de Casablanca, et que son prêche a été diffusé intégralement par la TVM. «Prêche intégriste en direct», «dérives d'un imam sur la TVM», «discours haineux»… les qualificatifs fusent de toutes parts. Une bonne partie de la presse, Al Ahdath Al Magribiya en tête fustige un "réquisitoire contre la modernité et la tolérance".
Le réquisitoire de ces journaux contre l'imam en question est lui aussi sans appel : «Le fait que cet homme ait été nommé à ce poste, il y a deux mois seulement, montre à l'évidence que les critères de sélection ont été défectueux. Ce président de conseil provincial doit être révoqué. Ahmed Taoufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, est placé devant ses responsabilités. C'est la crédibilité de la politique religieuse de l'Etat qui est en jeu», écrit un hebdomadaire de la place.
Certains vont jusqu'à assimiler le contenu du prêche en question à des propos terroristes. «Une année après les attentats du 16 mai à Casablanca, qui ont fait 45 morts dont 12 kamikazes, "la nébuleuse intégriste et (...) le PJD croit que la société marocaine qui les a condamnés les a oubliés", note un quotidien politique de la place qui considère qu'il ne s'agit que d'une "étape de la nouvelle campagne arrogante orchestrée par le PJD". Parallèlement, plusieurs responsables politiques de la gauche sont montés au créneau. La parlementaire Zoubida Bouayad, conseillère USFP à la deuxième Chambre, s'est faite l'écho de «l'indignation de tous les démocrates » à la suite du prêche prononcé vendredi dernier par l'imam de la mosquée Hassan II.
Sur ce qu'elle considère comme un dérapage dangereux, elle refuse d'entendre un discours qui va à l'encontre de l'égalité entre les hommes et les femmes prônée par le code de la famille". Juste après, le secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Mohamed Al Gahs dénonce sans une intervention télévisée, "l'esprit obscurantisme de certains milieux religieux", estimant que cette attitude vise à "porter atteinte aux valeurs de la liberté et de la tolérance".
En réalité, le principal visé par cette controverse n'est autre que le PJD, qui n'a pas manqué de répliquer sur plusieurs numéros à ce qui considère lui comme une « cabale » contre les valeurs de l'Islam ».
Par la voie de son journal Attajdid, le parti a vivement dénoncé le développement dans le Royaume de ce qu'il considère comme une campagne "contre les valeurs islamiques". Le ton dans les éditoriaux se radicalise : "Ils veulent museler les ouléma", peut-on lire sur Attajdid. Ce dernier s'en prend à "ceux qui n'ont pas l'air d'apprécier le retour des Marocains à la religion" et qui souhaitent que "les ouléma baissent la tête avalisant tout acte contre les valeurs islamiques".
Mieux, l'éditorial reprend les thèmes développés par l'imam de Casablanca, en dénonçant les "médias spécialisés dans l'atteinte aux valeurs de l'Islam" et les "magazines du monde arabe qui publient des photos de femmes nues et qui transforment le Maroc en un bordel". Et d'ajouter, "Est-ce que les versets coraniques qui appellent les gens à ne pas se dénuder sont des versets rétrogrades et obscurantistes?"
Dans un zèle marqué, l'auteur invoque les récentes statistiques publiées en France selon lesquelles près de la moitié des femmes européennes sont battues, et de souligner que "ce ne sont pas les imams qui sont à l'origine de cette violence"… Les responsables politiques du parti ne sont pas du reste. Saïd Khairoune, député PJD n'a pas manqué de déplorer dans une énième sortie dans le journal du parti "les attaques injustes qui visent à empêcher les imams à accomplir leur mission pour le développement de la société". Un nouvel épisode dans un feuilleton qui risque de ne pas prendre fin de sitôt.


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