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Fissure dans le bloc sud-africain
Publié dans Barlamane le 21 - 07 - 2025

Le 15 juillet, Jacob Zuma, ancien vice-président d'Afrique du Sud (1999–2005), ancien président de la République (2009–2018) et figure influente de la vie politique de son pays, a exprimé à Rabat un soutien explicite à l'intégrité territoriale du Maroc et au plan d'autonomie proposé par celui-ci comme solution au différend du Sahara. Cette déclaration, en rupture totale avec les positions traditionnellement tenues par Pretoria, constitue un véritable séisme diplomatique.
L'annonce s'inscrit dans une inflexion plus large du parti uMkhonto we Sizwe (MK), nouvelle force politique issue d'une scission de l'ANC, dont Zuma est le chef de file. Le parti MK a rendu public, le 9 juin, un document programmatique dans lequel le Maroc est présenté comme un partenaire naturel de l'Afrique du Sud dans la nouvelle donne continentale.
Un bastion du soutien au polisario
Ce tournant est d'autant plus frappant que l'Afrique du Sud, depuis Mandela, a été l'un des alliés les plus résolus du polisario. Elle fait partie, avec huit autres pays africains qui reconnaissent la «rasd», du «noyau dur» des partisans inconditionnels de la «république». Avec l'Algérie, l'Afrique du Sud ne se contente pas d'observer une position de principe, mais déploie un activisme démesuré qui traduit une mobilisation et un engagement militant visant l'intégrité territoriale du Maroc.
Lire : BRICS : Afrique du Sud, Etat hostile
La mésentente entre le Maroc et l'Afrique du Sud remonte à 2004 lorsque le président Thabo Mbeki avait annoncé la reconnaissance de la «rasd». Cette décision, initialement prise du temps de Nelson Mandela, avait été différée à la demande du défunt roi Hassan II.
Depuis cette date, l'Afrique du Sud s'est érigée en l'un des alliés les plus résolus du polisario, accumulant les gestes hostiles : accueil du chef du polisario, échange d'«ambassadeurs», organisation d'une conférence de solidarité en 2019 (largement boudée). Le rappel constant de l'héritage de la lutte contre l'apartheid, auquel le Maroc a pourtant contribué activement, sert de justification morale à cette position.
Sous la présidence de Zuma lui-même, Pretoria avait multiplié les déclarations hostiles à Rabat et s'était érigée en défenseur du polisario, notamment au sein de la SADC et à l'Union africaine.
En novembre 2017, en marge de la 5e réunion au sommet Union africaine–Union européenne, le roi Mohammed VI s'est réuni à Abidjan avec le président sud-africain, Jacob Zuma. Ce dernier a écouté le roi sur la question du Sahara, reconnaissant, selon Jeune Afrique, qu'il n'était «pas au courant» de tous les éléments du dossier. Les deux chefs d'Etat ont décidé d'élever le niveau des représentations diplomatiques respectives. Selon l'hebdomadaire, une source marocaine a indiqué que «la partie sud-africaine aurait promis de ne plus afficher de position systématiquement hostile aux intérêts marocains à l'UA ni à l'ONU».
En février 2018, Cyril Ramaphosa a succédé à Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud et les espoirs de rapprochement qui s'étaient esquissés se sont estompés.
Le Maroc a certes accrédité un ambassadeur à Pretoria, treize ans après le rappel du dernier en date, tout comme l'Afrique du Sud a désigné un ambassadeur à Rabat en 2021. Toutefois, ces gestes diplomatiques, bien que significatifs sur le plan formel, n'ont pas permis d'impulser une dynamique concrète, si bien qu'aujourd'hui, les deux postes sont vacants.
L'ancienne ministre des Relations internationales (1999–2009) et ex-épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma, devenue présidente de la Commission de l'Union africaine en 2012, avait fait du dossier du Sahara une question personnelle. Pendant tout son mandat (2012–2017), elle avait déployé une grande énergie pour faire adopter des résolutions de plus en plus hostiles au Maroc.
C'est Pretoria qui a été à l'origine de l'introduction de la question du Sahara dans l'ordre du jour des BRICS, en 2023. Les chefs d'Etat, à l'issue de la XVe réunion au sommet des BRICS, ont adopté la «Déclaration de Johannesburg II» dans laquelle le dernier paragraphe du point 16 énonce :
«Nous soulignons la nécessité de parvenir à une solution politique durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara occidental, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies et dans l'accomplissement du mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso).»
La visite à Pretoria, en février 2024, de l'Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, avait suscité une vive réaction du Maroc. Les autorités marocaines avaient dénoncé, sur un ton particulièrement sévère, l'inutilité d'un dialogue avec une capitale qui «n'a ni poids ni influence» sur le dossier.
En octobre 2024, l'ANC a déchargé de ses fonctions Obed Bapela en tant que vice-président et membre du sous-comité des relations internationales. Cette décision faisait suite à une visite au Maroc durant laquelle Bapela a appelé à un renforcement des relations économiques avec le Maroc.
Premières fissures
Ce passé confère d'autant plus de poids au revirement exprimé aujourd'hui par Zuma et son parti. L'ancien président incarne une figure ambivalente de la politique sud-africaine. Malgré ses ennuis judiciaires, Zuma reste influent dans son pays à travers le parti MK qui, en 2024, a réalisé une percée notable aux élections générales avec environ 14 % des suffrages, affaiblissant l'ANC, son ancien creuset.
Le think tank sud-africain ISS avait, en 2019, reconnu que le projet indépendantiste du polisario «perdait du terrain» face à l'attrait croissant de la solution marocaine. La sortie de Zuma vient ainsi confirmer cette analyse, en la portant sur la scène politique.
D'un point de vue symbolique, la décision spectaculaire de Jacob Zuma marque la première fissure visible dans le bloc jusqu'ici monolithique de l'ANC sur la question du Sahara, brisant un consensus idéologique réputé inébranlable. Le Maroc a su habilement capitaliser sur les recompositions politiques internes en Afrique du Sud pour ouvrir une brèche dans la forteresse du soutien inconditionnel au polisario.
Cette réalisation illustre la capacité du Maroc à investir des champs en dehors des circuits diplomatiques classiques, par le biais des partis, des think tanks et des réseaux d'influence. Elle montre également combien il est important, dans certains pays africains, de miser sur de nouvelles forces politiques émergentes.
Dans ce contexte, l'action marocaine s'inscrit dans une stratégie de diplomatie proactive. En l'absence d'ambassadeurs à Rabat et à Pretoria, le rapprochement avec le MK contourne l'impasse institutionnelle. Si la diplomatie d'Etat s'est heurtée à des portes obstinément closes, la diplomatie parallèle, elle, peut provoquer des «coups de tonnerre», comme celui du 15 juillet à Rabat.
On ne peut présumer d'un effet immédiat sur les positions officielles du gouvernement sud-africain dominé par l'ANC, d'autant plus que le parti dominant a condamné la décision de Zuma. Mais le soutien du MK au plan marocain d'autonomie pourrait néanmoins produire des effets au sein de l'Union africaine, dans les enceintes multilatérales et dans des pays jusque-là hésitants. L'effet domino marquerait une étape significative dans l'érosion du soutien au polisario en Afrique et sa marginalisation progressive sur la scène continentale et internationale.


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