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Désengager n'est pas décoloniser
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 31 - 08 - 2004

Après de nombreuses années d'hésitation politique ou de politique virtuelle, le désengagement de Gaza serait une véritable tentative de modifier la réalité, pour faire apparaître la fin de l'occupation.
Un analyste du quotidien Haaretz, Ari Shavit, a interrogé Shimon Peres : « Quel est, en politique, le problème de la génération israélienne actuelle?».
«C'est qu'ils sont tous « gâtés », ou simplement trop gâtés», répond le jeune homme de 81 ans, en évoquant les politiciens de la cinquantaine qui n'arrivent pas à lui succéder.
Peres semble avoir raison. La génération, d'après la création d'Israël, est, en effet, « prétentieuse ». Elle n'a pas l'intensité de l'engagement ni de Peres, ni de Sharon. Elle n'a pas leur force de travail. Elle n'a pas la qualité commune aux deux hommes : la disponibilité de se salir les mains, de les plonger dans la boue, qu'il faut malaxer pour en dégager aux prix de mille efforts, un quelconque « diamant», comme l'appelle l'analyste.
A la fin de cet été, ce diamant semble être le « desengagement de Gaza ». Ce désengagement ne sera pas la fin du conflit et, encore moins, la fin de l'occupation. Ce n'est « ni le rêve des lendemains qui chantent, ni une proposition messianique », disent les plus réalistes.
Mais, tout de même, un plan de travail concret et détaillé du traitement de la maladie du pays. C'est un remède de chimiothérapie, pour les Israéliens, exempt d'illusions, afin de s'attaquer au « cancer » de l'occupation. Le désengagement n'est, donc, pas entouré de l'aura de la paix. Il ne contient pas une promesse de solution finale. Peut-être, seulement, celle du genre des premières promesses qui entendent se confronter, sérieusement, à la « tumeur maligne, démographie et morale, qui met la vie israélienne en danger ». Le désengagement est, donc, avant tout une épreuve de maturité, pour les Israéliens. Après trente ans, depuis la guerre de 1973, au cours desquels, à l'exception d'Ehoud Barak qui a évacué le Liban, personne n'a pris l'initiative: le désengagement serait le premier acte de responsabilité. Après de nombreuses années d'hésitation politique ou de politique virtuelle, le désengagement de Gaza serait une véritable tentative de modifier la réalité, pour faire apparaître la fin de l'occupation.
La génération intermédiaire, serait-elle trop inconsciente et ne semblerait-elle pas bâtie pour affronter de telles décisions ? Elle aurait, peut-être, pour horizon les seuls grands titres de la presse, tous les matins. Sa seule expertise, serait limitée aux machinations de chaque Comité centrale de leur parti politique, avec une distribution d'emplois en conséquence. Les plus réalistes utilisent, à cet effet, une expression quasi-biblique: « ils espèrent profiter d'hommes qui n'ont pas construit une maison, ni planté un arbre. Ils sont incapables d'en détruire une, ou d'en déraciner l'autre. Il n'y a, donc, aucune chance pour arriver à sortir leur pays, du piège historique dans lequel il s'est enfermé».
Au cours des dernières semaines, on a pu constater qu'il n'y a plus aucune différence, entre la génération gâtée du parti de droite du Likoud, ni celle des Travaillistes, ni celle des laïcs du Shinouï. Ils sont tous entourés de conseillers en image, pour flatter ceux qui peuvent apporter des voix à leur parti. Ils sont, uniquement, préoccupés par des élections primaires intérieures aux partis.
Certes, ils auraient parmi eux quelques hommes doués, mais, sont-ils capables d'agir comme un groupe de direction nationale ? Ne sont-ils pas trop cyniques, trop légers, trop peu responsables, pour cela ? Comme dans beaucoup de sociétés politiques, la « génération intermédiaire gâtée » ne caractérise pas seulement les politiciens du jour. Elle englobe l'ensemble du public qui fait preuve d'une indifférence coupable. Il n'y a pas de véritable mobilisation politique israélienne, pour imposer l'opinion de la majorité.
Pour éviter l'inévitable choc avec la minorité fanatique et exigeante. Certains dans les médias vont plus loin encore : « S'il n'y a pas de prise de conscience collective, dans quelques mois, Israël sera face à une épreuve existentielle ».
Et l'analyste ajoute : « Une fois encore, les vieux amiraux se retrouveront seuls face à la mer, comme en novembre 1995, date de l'assassinat du Premier ministre Itshac Rabin. Ils essaieront de faire au mieux avec leurs rames brisées».
Les membres de la génération des « inconscients » n'accepteront jamais Arik Sharon. Ceux de la droite ne pardonneront jamais à Shimon Peres. Mais tous deux comprendront, peut-être, qu'en cette heure, il est impossible de rester en marge, en roulant de gros yeux.
La gauche dite pure ne sera jamais capable d'évacuer, ne serait-ce qu'une seule caravane. La droite fanatique n'emportera pas un combat. En conséquence, si la décision de désengagement de Gaza, et des 4 colonies du Nord de Cisjordanie, dans un premier temps, - affirmée par Sharon et Peres-, n'était pas exécutée au plus tard, en 2005, les «chances de la viabilité politique d'Israël diminueront de beaucoup», va jusqu'à conclure l'analyste, dans Haaretz. Il faut donc que les générations nouvelles profondément gâtées arrêtent leur jeu. La paix dans le conflit israélo-palestinien ne peut être obtenue, malgré les défauts, de l'un et de l'autre, que par Ariel Sharon et Shimon Peres. Dans un dernier espoir et une chance unique, car ils tiennent, tous deux, à rester au pouvoir…


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