Les Etats-Unis sont entrés, dans la nuit de vendredi à samedi, dans une situation de paralysie budgétaire partielle (shutdown), mais avec l'espoir d'une résolution rapide de cette crise, avec un vote attendu dès lundi au Congrès. Ce nouveau blocage budgétaire intervient à peine trois mois après la fin du « shutdown » le plus long de l'histoire des Etats-Unis. Il ne découle pas d'un désaccord global sur l'ensemble du budget fédéral, mais d'un différend précis concernant le financement du département de la Sécurité intérieure (DHS), en particulier le cadre d'action et les méthodes de la police de l'immigration (ICE). En effet, l'opposition démocrate refuse d'adopter le budget du DHS sans l'introduction de mesures visant à encadrer davantage les actions de l'ICE. Cette position fait suite à plusieurs incidents récents à Minneapolis, où des agents fédéraux ont été impliqués dans des tirs mortels, provoquant de vives réactions dans l'opinion publique et au sein de la classe politique. Dans ce contexte, le Sénat américain a adopté, vendredi soir, un texte budgétaire de compromis par 71 voix contre 29. Ce vote ouvre la voie à une sortie rapide du « shutdown », dans la mesure où la Chambre des représentants doit désormais se prononcer à son tour, avec un scrutin attendu en début de semaine prochaine. Lire aussi: Les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale Ce texte adopté au Sénat est le fruit de discussions entre la Maison Blanche et plusieurs sénateurs démocrates. Ces derniers ont accepté d'approuver cinq des six volets du budget fédéral, tout en excluant provisoirement celui consacré au DHS. Ce point précis fera l'objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines. Sur le plan institutionnel, les règles du Sénat imposent une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 pour l'adoption d'un budget. Bien que majoritaires, les républicains doivent donc impérativement obtenir le soutien d'une partie de l'opposition démocrate pour faire adopter leurs textes. Ainsi, malgré l'entrée officielle en vigueur du « shutdown », les observateurs estiment peu probable une répétition de la crise d'octobre-novembre dernier, qui avait duré 43 jours. Les conséquences concrètes du blocage restent pour l'instant limitées, selon les observateurs. La paralysie budgétaire pourrait en effet ne durer que le temps du week-end, évitant ainsi la mise en congé forcé de centaines de milliers de fonctionnaires, comme ce fut le cas lors de précédents épisodes. Par précaution, la Maison Blanche a toutefois activé les procédures habituelles. Dans une note, le Bureau du budget (OMB) a demandé aux différents ministères de préparer leurs plans d'urgence, tout en affirmant « avoir l'espoir » que ce blocage « soit bref ».