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Propagandistes et activistes se complètent
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 13 - 06 - 2003

M.Mohamed Darif, professeur universitaire réagit aux discours véhiculés par les extrêmistes. Entretien.
ALM : Qu'est-ce que vous pensez de l'arrestation, de Fizazi, Chadili, kettani, Abou Hafs ?
Mohamed Darif : Des accusations claires ont été portées contre ces personnes, Mohamed Fizazi, Abdelkarim Chadili, Hassan kettani et Abou Hafs, depuis l'année dernière, en ce qui concerne les activités du courant «Salafia Jihadia». C'est-à-dire, ces personnes ont été accusées avant les attentats-suicide ayant frappé Casablanca le vendredi 16 mai. Ce courant au Maroc se compose de deux parties. D'un côté, on trouve les théoriciens et les propagandistes et de l'autre côté, il y a les activistes. Les premiers appartiennent à un courant idéologique qui existe à l'extérieur du Maroc, depuis longtemps. Les activistes comme Youssef Fikri ou Zakaria Miloudi sont influencés par les thèses des premiers, les propagandistes et les théoriciens. Ces derniers font partie de la première génération, bien avant le 11 septembre, au début des années quatre-vingt-dix. Depuis lors, leurs positions étaient claires et les messages qu'ils véhiculent à travers leurs discours et leurs écrits s'inscrivent également dans ce sens. La deuxième génération dans ce «mouvement» est incarnée par Hassan kettani, né en 72, et Abou Hafs, âgé de 29 ans.
Quels sont leurs discours et leurs prêches ?
Selon les positions. D'après eux, le discours et les prêches véhiculent des idées qui sont en parfaite harmonie avec la religion. Évidemment, la religion selon leur conception. Ces discours s'articulent autour de la croyance, les caractéristiques d'un vrai musulman. Il y a le vrai musulman et le faux, chez eux. Ils insistent sur le fait que la religion doit être un comportement. Ce discours est véhiculé, non pas uniquement par les prêches dans les mosquées ou les rencontres dans d'autres lieux, mais surtout par des livres surtout de Mohamed Fizazi et Abdelkrim Chadli. Ils critiquent un courant « salfiste » et soulignent que le gouvernant qui n'applique pas les textes de la chariâ est irréligieux. La nation devrait se révolter contre lui. Un discours très radical.
Comment faut-il procéder pour réorienter le discours dans les mosquées vers la tolérance ?
Les théoriciens de ce mouvement n'agissent pas seulement dans les mosquées. Dire qu'ils investissent uniquement les mosquées, c'est faux. Ils ont des livres qui ont été édités au Maroc et portant le dépôt légal.
Il y a également des cassettes vidéo et audio qui sont enregistrées et distribuées au Maroc, le plus normalement possible du monde. Il y a les rencontres dans des maisons. Ce sont des façons pour véhiculer leur discours. Ils savent très bien que les mosquées sont contrôlées par les autorités. Mohamed Fizazi, Hassan Kettani et Abou Hafs étaient tous des imams dans les mosquées. Ils ont été éloignés à cause de leurs prêches qui vont à l'encontre des orientations du ministère de tutelle.
Pour eux, tous les lieux sont bons pour véhiculer leur message.


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