L'Observatoire de Wafasalaf en analyse la sociologie Le voyage (Safar) tel qu'il est perçu et vécu aujourd'hui illustre clairement la mutation sociale qu'a connue le Maroc au fil des dernières années. D'importants changements sont à relever plaçant ainsi la notion du loisir comme une nécessité. Un besoin qui permet à toutes les classes sociales marocaines de rompre avec la routine et de briser le rythme du travail. C'est ce qu'a souligné un panel d'intervenants ayant commenté, mercredi 12 juillet, les résultats d'une étude menée par l'Observatoire de Wafasalaf autour de la thématique de voyage. Ce diagnostic de la sociologie de voyage a permis de dresser un panorama des voyagistes et d'identifier les nouveaux comportements de consommation liés au voyage. Cette étude, conduite auprès de 1.212 personnes âgées entre 25 et 67 ans, établit un focus sur l'année 2016 et une projection sur l'année 2017 (Voir Encadre). Il ressort que le voyage est un secteur où la moitié des ménages envisage des transactions hors des circuits commerciaux ou de distribution. Les tendances ont changé puisqu'autrefois les Marocains mettaient en avant d'autres projets jugés prioritaires à celui des vacances. Cependant, il reste beaucoup à faire pour répondre au besoin grandissant des Marocains en matière de voyage et loisirs. «Il faut procéder à une réappropriation de cette notion afin de l'adapter au référentiel marocain. La nécessité étant d'adapter une réelle stratégie pour réanimer ce secteur au niveau national pour une consommation locale qui n'est pas forcément orientée autour des hôtels», recommande Laila Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf. L'idée qui stipulait que le voyage est intimement lié à l'étranger est révolue. La plupart des Marocains, d'après l'étude, ont de plus en plus tendance de voyager particulièrement en interne. De même, les séjours chez la famille se font de plus en plus rares. «Les gens commencent à se démarquer que la notion traditionnelle du voyage chez la famille. Beaucoup de choses ont changé, à savoir voyager en interne. Les voyageurs de nos jours privilégient plus la découverte et l'apprentissage que cette contrainte d'aller passer les vacances chez la famille», observe, pour sa part, le sociologue Mustapha Aboumalek. Soumaya Naamane constate des changements profonds de la notion d'intimité impactant de manière significative les habitudes de consommations (mode d'hébergement, restauration et durée de séjour). Les structures familiales actuelles contribuent également à l'émergence de nouvelles tendances «voyage». «Les Marocains voyageaient il y a une quinzaine d'années en trois générations en l'occurrence les parents, enfants, grands-parents et même petits-enfants. Cet effectif s'est nettement réduit avec la famille nucléaire. Du coup les structures de voyages payantes sont plus prisées par ces petites structures familiales au moment où les structures non payantes sont la destination principale des grandes familles». Se référant aux conclusions tirées par l'étude de l'Observatoire de Wafasalaf, on remarque que le voyage au Maroc s'est de plus en plus démocratisé. Cette démocratisation est soutenue principalement par le grand saut marqué par la digitalisation. Selon le professeur chercheur Bouchra Benhida Rahmouni, internet a réussi à lever un nombre de freins liés au voyage. Ainsi cette expérience n'est plus limitée à une catégorie sociale spécifique. Ainsi, grâce au digital et aux canaux de communications créés autour de cet outil, le projet du voyage est facile à monter dans la mesure où les expériences partagées sur la Toile encouragent à entreprendre cette aventure et dissiper tout genre d'inquiétude lié au voyage que cela soit aux niveaux national ou international.