Impossible de concrétiser les stratégies nationales d'efficacité énergétique sans passer par les régions. Le message a été rappelé à Rabat, lors de 1re édition de la Journée de l'efficacité énergétique. La réussite des stratégies nationales d'efficacité énergétique et de décarbonation passe par une implémentation réussie au niveau des régions. C'est en somme l'un des principaux messages à retenir de 1re édition de la Journée de l'efficacité énergétique, qui s'est tenue à Rabat, placée sous le thème «Les Plans régionaux d'efficacité énergétique et de décarbonation (PREED) : Horizon 2030». L'occasion, pour la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, de souligner que son département s'attelle à l'élaboration, en coordination avec l'Agence marocaine pour l'efficacité énergétique (AMEE), des PREED pour les 12 régions selon une approche participative en synergie avec les autorités et les décideurs locaux. Elle a, par ailleurs, rappelé que le Maroc a adopté, depuis 2009, un modèle énergétique flexible et durable, fondé sur trois piliers : les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'intégration régionale en tant que pont entre l'Afrique, l'Europe et l'Atlantique. Coordination D'ailleurs, à ce propos, il faut rappeler que le Royaume dispose désormais d'une capacité installée en énergies renouvelables d'environ 46% du mix énergétique, un objectif qui sera porté à 52% à l'horizon 2030. Et il faut aussi souligner que cette rencontre s'est tenue dans un contexte international marqué par des fluctuations inédites sur l'ensemble des marchés. «Ces mutations ont démontré que la sécurité énergétique ne dépend plus uniquement de la disponibilité des ressources, mais également de la bonne gouvernance, de la capacité d'action et du niveau de coordination», déclare Leila Benali. De son côté, la présidente de l'Association des régions du Maroc (ARM), Mbarka Bouaida, présidente du Conseil de la région de Guelmim-Oued Noun, a souligné que l'efficacité énergétique n'est pas un enjeu secondaire du développement régional, mais un levier fondamental pour mettre en œuvre la régionalisation avancée. «L'efficacité énergétique va au-delà du simple débat technique pour s'ériger en tant que question à la fois politique, sociale et économique», a-t-elle expliqué, assurant qu'elle «s'impose aujourd'hui comme une nécessité, en raison des enjeux climatiques et des retombées économiques». Avancement L'élaboration des PREED représente une avancée majeure en ce sens qu'il s'agit d'outils concrets de diagnostic, d'orientation et de prise de décision. La mise en place de ces plans constitue certes une étape essentielle, mais le véritable défi consiste à passer du diagnostic à la mise en œuvre, de la définition des potentialités à la réalisation concrète des projets, et de la présentation d'une vision à la création d'un impact tangible. Pour sa part, le directeur général de l'AMEE, Mohamed Benyahya, a donné un exposé sur les résultats des PREED et des ateliers de travail organisés dans ce sens au niveau des 12 régions. Il a ainsi fait état de l'établissement de 12 conventions, de la désignation de 24 points focaux dans les régions, de la mise en place de 8 bureaux d'études et de 12 comités de suivi, outre l'organisation de 36 ateliers de travail avec les régions et l'élaboration de 12 plans d'action. Conventions Cette journée a été marquée par la signature de quatre conventions. La première, relative au partenariat pour le déploiement du label national de performance énergétique et environnementale des bâtiments résidentiels, a été paraphée par Leila Benali, Mohamed Benyahya et la ministre de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri. La deuxième est une convention-cadre axée sur le suivi de la mise en œuvre des PREED, alors que la troisième convention, concernant le partenariat pour le déploiement du label national de performance énergétique et environnementale des bâtiments publics, a été signée en partenariat avec l'Agence nationale des équipements publics (ANEP). La quatrième, elle, porte sur un partenariat en matière d'efficacité énergétique et de décarbonation au niveau régional. Leila Benali Ministre de la Transition énergétique et du Développement durable «Le Maroc a adopté, depuis 2009, un modèle énergétique flexible et durable, fondé sur trois piliers : les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'intégration régionale en tant que pont entre l'Afrique, l'Europe et l'Atlantique. La sécurité énergétique ne dépend plus uniquement de la disponibilité des ressources, mais également de la bonne gouvernance, de la capacité d'action et du niveau de coordination». Mbarka Bouaida Présidente de l'Association des régions du Maroc (ARM) «L'efficacité énergétique va au-delà du simple débat technique pour s'ériger en tant que question à la fois politique, sociale et économique, elle s'impose aujourd'hui comme une nécessité, en raison des enjeux climatiques et des retombées économiques». Abdellah Benahmed / Les Inspirations ECO