Porté par des soutiens internes de plus en plus visibles, Youssef Alakouch s'affirme comme le principal prétendant à la tête de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), au lendemain de l'annonce du retrait d'Enaam Mayara. Une recomposition qui intervient dans un climat de fortes tensions au sein du bras syndical du Parti de l'Istiqlal. Youssef Alakouch prend une longueur d'avance dans la course au Secrétariat général de l'Union générale des travailleurs du Maroc. Au lendemain de l'annonce par Enaam Mayara de son retrait de la course à un nouveau mandat, le nom de l'actuel secrétaire général de la Fédération libre de l'enseignement s'impose comme celui du favori pour reprendre les rênes de la centrale. Si sa candidature n'a pas encore été formellement actée, elle bénéficie d'un alignement progressif de soutiens au sein de l'appareil syndical. Plusieurs figures de l'UGTM ont publiquement exprimé leur appui, à commencer par Abdessalam Lebbar, président du groupe istiqlalien à la Chambre des conseillers, qui a salué « l'expérience syndicale » d'Alakouch et sa capacité à conduire une phase marquée par la recherche de consensus. Dans le même sillage, Abdelilah Sebti, membre du bureau exécutif, a estimé qu'il était le mieux placé pour piloter la prochaine étape. Au-delà des soutiens individuels, la dynamique en faveur d'Alakouch s'étend aux structures territoriales. Les unions régionales de Casablanca-Settat ont ainsi affiché leur soutien « plein et inconditionnel » à sa candidature, mettant en avant sa capacité à répondre aux attentes des travailleurs et à renforcer la présence du syndicat sur le terrain. Une succession sur fond de crise interne Cette séquence intervient dans un contexte particulièrement tendu au sein de l'UGTM. Le syndicat, bras social du Parti de l'Istiqlal, traverse une zone de fortes turbulences, marquée par une crise ouverte entre une partie de la direction et Enaam Mayara. Au cœur des tensions figurent des accusations liées à la gestion financière et à la cession présumée de biens appartenant à l'organisation. Plusieurs membres du bureau exécutif ont franchi un cap en boycottant une réunion clé, dénonçant un climat marqué par « l'opacité » et « l'absence d'explications suffisantes » autour de la gestion du patrimoine syndical. Les contestataires évoquent notamment des soupçons persistants concernant la cession d'actifs immobiliers, estimant que ces questions nécessitent des clarifications dans un cadre institutionnel formel. Leur ligne est claire : il ne s'agit pas de remettre en cause la direction pour des raisons politiques, mais d'exiger une transparence totale et de préserver la crédibilité de l'organisation. Dans ce contexte, ils appellent à la tenue d'une session extraordinaire du conseil général, seule instance habilitée à trancher ces questions et à établir les responsabilités. Pour ces frondeurs, l'enjeu dépasse les personnes et renvoie à la nécessité de lier responsabilité et reddition des comptes au sein de la centrale. Le retrait de Mayara accélère la recomposition C'est dans ce climat que Enaam Mayara a annoncé, lundi, qu'il ne se porterait pas candidat à sa propre succession, tout en appelant à la tenue d'un congrès national extraordinaire le 26 avril à Salé. Dans son message adressé aux militants, il évoque une « phase délicate » nécessitant dépassement des clivages et préservation de l'unité de l'organisation. Le congrès devra examiner les rapports moral et financier, mais surtout élire une nouvelle direction. Mayara assure vouloir accompagner cette transition et veiller à son bon déroulement, tout en se tenant à distance des alignements internes. Son retrait vient de facto accélérer les recompositions en cours et clarifier les lignes de force internes. Dans ce nouveau rapport de forces, Youssef Alakouch apparaît aujourd'hui comme le candidat le mieux positionné pour fédérer une partie significative de l'appareil syndical. À l'approche du rendez-vous du 26 avril, l'UGTM entre ainsi dans une phase décisive, où la désignation de sa future direction s'annonce déterminante pour la stabilité interne de la centrale et, plus largement, pour les équilibres au sein du Parti de l'Istiqlal.