Rabat change de visage le temps de Jidar. Pendant près de deux semaines, la capitale marocaine devient un terrain d'expression artistique à grande échelle, où les façades urbaines se muent en œuvres monumentales. Depuis sa création en 2015 par l'association EAC-L'Boulvart, le festival s'est imposé comme un acteur clé de la démocratisation du street art, avec plus d'une centaine de fresques réalisées à travers la ville. L'édition 2026 marque une nouvelle étape dans cette dynamique. Quinze fresques murales inédites seront réalisées dans différents quartiers de Rabat, avec une volonté affirmée de valoriser la scène nationale tout en maintenant une forte ouverture internationale. Une cartographie artistique à l'échelle de la ville Le festival déploie cette année une programmation structurée par territoires, transformant plusieurs quartiers en véritables pôles de création. Dans le quartier Hassan, les artistes Marat Morik, Vesod, Nassim Azarzar et Iramo investiront les murs avec des fresques aux styles variés, mêlant abstraction, narration visuelle et influences contemporaines. À Yacoub El Mansour, le duo portugais Ruído et l'artiste sud-africain Keya Tama proposeront des œuvres marquées par des univers graphiques forts et une exploration des identités urbaines. Les quartiers d'El Youssoufia et d'Agdal-Riad accueilleront quant à eux une concentration d'artistes internationaux et marocains. Parmi eux, Marina Capdevila et Guillem Font développeront des fresques figuratives ancrées dans le quotidien, tandis que Jumu Monster et Azpeger apporteront des esthétiques hybrides, entre surréalisme et culture populaire. La scène marocaine sera fortement représentée avec Rosh, Ritanosko, Mizmiz et RDS, dont les fresques s'inscrivent dans un dialogue direct avec les réalités sociales et culturelles des quartiers investis. Ces œuvres, conçues in situ, sont pensées pour interagir avec leur environnement urbain et les habitants, chaque fresque devenant ainsi le reflet d'un territoire et de ses dynamiques sociales. Transmission et émergence au cœur du projet Au-delà des grandes signatures, Jidar 2026 accorde une place centrale à la relève artistique. Le « Mur collectif », véritable laboratoire de création, réunira douze jeunes artistes et étudiants en écoles d'art du 20 au 26 avril, sous la direction artistique de BAKR. Pensé comme un espace d'apprentissage et d'expérimentation, ce dispositif favorise la transmission des savoir-faire et accompagne l'émergence d'une nouvelle génération de muralistes marocains. Une expérience immersive pour le public Fidèle à sa vocation inclusive, le festival propose également un programme de médiation permettant au public de s'approprier les œuvres. Les visites guidées « Rabat Art Explore » invitent les visiteurs à découvrir les fresques et à comprendre les démarches artistiques, tandis que le Jidar Podcast offre un espace de dialogue avec les artistes et les acteurs du street art. Rabat, musée à ciel ouvert Avec cette 11e édition, Jidar confirme son rôle structurant dans le paysage culturel marocain. Bien au-delà d'un simple festival, il redéfinit le rapport à l'espace public, transformant durablement la ville en musée à ciel ouvert et renforçant son attractivité artistique à l'échelle internationale. À travers la diversité des styles, des origines et des regards, Rabat s'affirme plus que jamais comme une scène vivante où les murs racontent le monde. Des réponses plus intelligentes, le chargement de fichiers et d'images, et bien plus encore. Se c