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Périscope : Menaces sur l'ONU
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 12 - 03 - 2003

Si certaines guerres éclatent par surprise et prennent tout le monde au dépourvu, dans le conflit irakien on peut parler de guerre programmée. En outre dans ce cas, les références éthiques, que procure l'urgence d'une menace potentielle, n'existent pas. La frappe programmée contre l'Irak ne saurait en aucun cas se prévaloir d'être moralement justifiée.
Si certaines guerres éclatent par surprise et prennent tout le monde au dépourvu, dans le conflit irakien on peut parler de guerre programmée. En outre dans ce cas, les références éthiques, que procure l'urgence d'une menace potentielle, n'existent pas. La frappe programmée contre l'Irak ne saurait en aucun cas se prévaloir d'être moralement justifiée.
Non que le régime dictatorial de Saddam Hussein soit fiable, ni que nous soyons anti-américains. Nous pensons tout simplement que les conditions d'une guerre juste ne sont pas réunies. Il convient, en effet, de s'interroger sur les motivations profondes de ceux qui veulent aller en guerre même sans l'accord des Nations unies et de la communauté internationale.
Aucun conflit armé ne peut se légitimer tant qu'il existe des voies pacifiques pour obtenir le résultat ciblé, officiellement, par la guerre annoncée. C'est pourquoi, la fixation que fait George Bush sur Saddam Hussein pose problème.
Ce dernier, en acceptant de collaborer pleinement avec les inspecteurs en désarmement de l'ONU, a mis en lumière les visées réelles de l'Administration américaine : le changement de pouvoir à Bagdad.
C'est pourquoi Washington a introduit, dans la résolution qu'elle cherche à faire entériner par le Conseil de sécurité, d'autres ultimatums que la liberté de mouvement des inspecteurs onusiens : le changement de l'actuel régime irakien dans le but, soi-disant, de protéger les minorités ethniques et religieuses de ce pays. Or rien, dans la charte de l'ONU, ne permet de justifier une telle entreprise.
Aucun pays, aucune puissance ne peut s'arroger le droit d'ingérence dans les affaires d'un autre pays sous le prétexte fallacieux de défense des droits de l'Homme. C'est la porte grande ouverte à un néo-impérialisme qui tait sa vocation et maquille ses motivations.
Verser dans la logique de l'administration Bush, la plus droitière de l'histoire des Etats-Unis, c'est sonner le glas de l'ONU. « Le Machin », comme aimait à l'appeler Charles de Gaulle, n'aurait plus aucune raison d'exister et connaîtrait le sort réservé, entre deux grandes guerres, à la Société des Nations (SDN). Il est très dangereux d'aller dans la logique qui cherche à légitimer « les frappes préventives ». Attention aux dérives. Il est temps de refuser les diktats. Il faut militer contre l'unilatéralisme que veulent imposer les Etats-Unis. C'est ce que l'humanité attend des pacifistes et des assoiffés de justice.


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