Alors que l'Algérie se targue de lutter contre le terrorisme, le pays fait l'objet en France d'une enquête pour «terrorisme d'Etat». Cette action est d'une grande gravité pour l'image du régime algérien, qui s'est mis dans le même sac avec l'Iran. DR ‹ › Le pouvoir algérien est dans la ligne de mire du parquet antiterroriste français pour «terrorisme d'Etat», au même titre que la Russie et l'Iran. Une annonce faite par le procureur antiterroriste, qui a précisé que huit procédures avaient été ouvertes contre ces pays, dont trois visant le régime iranien. Concernant l'Algérie, la justice française enquête, depuis avril 2024, sur la tentative avortée d'enlèvement de l'opposant algérien Amir DZ, exilé en France. Les investigations ont conduit, en avril 2025, à l'arrestation d'un diplomate algérien, actuellement placé en détention provisoire, au grand dam d'Alger. En réaction, le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué, le 24 mars dernier, le chargé d'affaires de l'ambassade de France. Un autre diplomate impliqué dans cette opération a pu quitter le territoire français pour regagner l'Algérie. Quant au général Rochdi Fethi Moussaoui, attaché militaire à l'ambassade d'Algérie en France au moment des faits, il a été nommé en septembre 2024 à la tête de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE). L'Algérie et l'Iran sont dans le même sac Ces accusations surviennent dans un contexte marqué par l'ouverture d'un «dialogue exigeant» avec Alger, selon les termes du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Une initiative qui n'a, pour l'heure, pas permis aux autorités françaises d'obtenir la libération du journaliste Christophe Gleizes, condamné en décembre 2025 à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme». Elle n'aura pas apporté non plus d'avancées sur la réadmission des immigrés en situation administrative irrégulière, visés par une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Alger garde le silence sur l'ouverture de ces procédures pour «terrorisme d'Etat». En revanche, certains médias locaux accusent les «partisans de l'Algérie française» d'être à l'origine de cette annonce. D'autres dénoncent une «manœuvre de torpiller le réchauffement dans les relations bilatérales», après la visite effectuée en février à Alger par le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Ce déplacement avait été marqué par des entretiens avec le président Abdelmadjid Tebboune. Ce qui apparaît particulièrement grave dans les déclarations du procureur antiterroriste est que l'Algérie et l'Iran sont mis dans le même sac. Une comparaison d'autant plus sensible que les services de sécurité français ont déjoué, le 28 mars, un attentat visant le siège parisien de Bank of America, en pleine guerre au Moyen-Orient. Au lendemain de cet acte manqué, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a jugé, avec un retard de quatre semaines, les agressions quotidiennes iraniennes contre les pays arabes du Golfe et la Jordanie d'«inacceptables» et d'«injustifiées». Ces accusations interviennent aussi alors qu'aux Etats-Unis, des parlementaires, républicains et démocrates, s'activent pour inscrire le Polisario, financé et parrainé par Alger, sur la liste des organisations terroristes. En parallèle, de nouvelles voix évoquent une connivence entre le Polisario et l'Iran, comme Jason D. Greenblatt, ancien envoyé spécial de la Maison-Blanche pour le Moyen-Orien.