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Relancer la culture de la lecture
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 18 - 11 - 2003

Pour Leïla Chaouni, directrice de la maison d'édition «Le Fennec», le ministère de la Culture ne joue pas son rôle de véritable promoteur du livre marocain. Entretien.
ALM : Dans le rapport du PNUD, il est mentionné que le monde arabe traduit très peu d'ouvrages, cinq fois moins que la Grèce qui ne compte que 11 millions d'habitants. Pourquoi à votre avis ?
Leïla Chaouni : Tout d'abord, il faut souligner que les habitants du monde arabe sont en majorité bilingues. Leur deuxième langue est soit le français soit l'anglais. Ceci dit, il est vrai que nous traduisons très peu d'ouvrages. Pour expliquer cela, je vous donnerais un exemple. Quand un éditeur marocain achète les droits pour la traduction d'un livre, cela va de soi qu'il souhaite le vendre sur l'ensemble du marché arabe et pas seulement au Maroc. Il faudrait donc qu'il y ait un accord entre tous les éditeurs du monde arabe pour ne pas avoir sur le marché, une traduction marocaine et une autre égyptienne et une troisième tunisienne. En réalité, les pays du Maghreb n'ont pas réussi à trouver une solution commune à ce problème. Que dire du monde arabe? Une fois le livre traduit, le problème se pose également au niveau du piratage. Pas uniquement dans le monde arabe. Les livres piratés sont vendus moins chers car leurs éditeurs ne paient aucun droits. Pire. Certains de ces éditeurs ne se considèrent pas comme des pirates, mais comme des militants.
Le piratage est-il le seul frein à la traduction?
C'est un des principaux freins. En fait, il y n'a pas qu'un seul type de traduction. Celles qui se font à la hâte comme au Liban par exemple sont beaucoup plus des traductions cocotte-minutes.
Même l'association des éditeurs arabes ne peut rien contre le phénomène du piratage. Je me rappelle avoir trouvé dans un salon international un des livres de mes livres piraté par une maison d'édition syrienne.
Je l'ai acheté et je l'ai montré au président de l'association des éditeurs arabes lors d'une table-ronde. Il s'est contenté de me dire : "envoyez-nous un écrit". Les éditeurs arabes ont aujourd'hui une très mauvaise image à l'échelle internationale. Nous sommes considérés comme des pestiférés.
Au Maroc, de plus en plus de librairies mettent la clé sous le paillasson. Pourquoi?
Il y a une trentaine d'années, l'écriture, la lecture et la traduction étaient à leur apogée. Les librairies se multipliaient de jour en jour. Mais depuis le déclenchement d'une vague de répression, le livre a été relégué au second plan. Mis sous l'éteignoir en quelque sorte. En outre, nous avons un grave problème d'éducation. Le changement de système, en l'occurrence du bilinguisme à l'arabisation et les conditions économiques et sociales ont fait que, effectivement, les librairies ont commencé à fermer. Ce qui est alarmant aussi c'est que les bibliothèques ont disparu des écoles publiques et privées, alors que la culture du livre commence très tôt. Les enfants ont besoin de bibliothèques dans les classes pour apprendre à manipuler le livre.
Qu'en est-il des pouvoirs publics et notamment le ministère de la culture?
Je dis depuis toujours que le ministère de la Culture doit complètement supprimer l'aide à la publication. Je préfère que ces fonds soient utilisés à acheter les livres écrits et édités par des marocains pour être distribués dans les écoles, les lycées et même les ambassades étrangères. Ça, c'est le rôle du ministère de la Culture. Mais ce dernier ne fait rien. Il se contente d'organiser un salon annuel. Pourquoi n'organise-t-il pas des salons régionaux, par exemple? Les deux télévisions publiques, non plus, ne jouent pas ce rôle de relance de la lecture.


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