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L'émir des Kamikazes arrêté?
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 26 - 05 - 2003

Les interpellations se succèdent au Douar Sekouila et Ahl Laghlam et un premier groupe de personnes impliquées dans les attentats-suicide du 16 mai comparaîtront en début de semaine devant le juge d'instruction. L'«émir» pourrait faire partie de l'équipe.
L'«émir» qui aurait recruté les quinze kamikazes qui ont perpétré, vendredi 16 mai, les cinq attentats-suicide à Casablanca, fera-t-il partie des mis en cause qui comparaîtront en début de semaine devant le juge d'instruction ? à l'heure actuelle, rien n'est sûr, bien qu'il ait, selon les mêmes sources, été arrêté discrètement, deux jours après les attentats-suicide. Il s'agirait de Mohamed R'Tioui, la quarantaine, marié et père de deux enfants, marchand de son état. Il a passé un certain temps dans les rangs du «Jemaâ Daâwa Oua Tabligh » avant de l'abandonner. Au quartier Sidi Moumen et surtout aux carrières Thomas où il habite, il est connu pour être un sympathisant des groupuscules et il aurait participé à la dernière campagne électorale en faveur du PJD à Sidi Moumen. Les mêmes sources ajoutent qu'il aurait expliqué aux enquêteurs avoir rallié les rangs de la Salafiya Al Jihadiya et qu'il était l'un de ses émirs. Mais, selon ses propres dires, il aurait été «destitué» depuis belle lurette. Tente-t-il de se disculper? Toujours selon les mêmes sources, Mohamed R'Tioui a basé son travail sur une stratégie bien ficelée. Pour avoir de nouvelles recrues, il a ciblé des jeunes du même quartier, qui viennent de commencer à faire leur prière et à s'intéresser à la religion, qui n'ont pas de mauvaise réputation qui ne sont ni méchants, ni agressifs, ayant un casier judiciaire vierge, et un bas et moyen niveau scolaire. Une stratégie qui s'est révélée payante. Sera-t-il déféré devant la justice, lui qui a été également au début de cette semaine soumis aux interrogatoires? Aucune réponse. Ce qui est certain maintenant, comme l'a déclaré, Mohamed Bouzoubaâ, le ministre de la Justice à la première chaîne de télévision que des personnes «comparaîtront devant le juge d'instruction au début de la semaine… » et qu'elles “seront entendues par le juge d'instruction, qui sera saisi du dossier pour complément d'enquête sur les différents éléments en rapport avec ces actes odieux”. Le ministre n'a pas révélé les noms de ces personnes cédant la place à la rumeur. Ce qui a amené le wali, directeur général des Affaires intérieures du ministère de l'Intérieur, Mohammed Yassine Mansouri, à y apporter un démenti catégorique, et à avertir les colporteurs qu'ils s'exposent à des poursuites judiciaires, «conformément aux dispositions réglementaires en vigueur». Des sources concordantes avancent les noms de Mohamed Omri, le kamikaze arrêté près de l'hôtel Farah, l'imam d'une mosquée de Sidi Moumen, Larbi Kasraoui, Jamal Akesbi et les trois intégristes qui étaient cités à la première liste des recherchés ; Mokhtar Baoud, Kebir Goumara, Aziz El Houmaini. Les interpellations se poursuivent encore pour s'étendre à douar Sekouila et Ahl Laghlam. Les recensements des mosquées non contrôlées et des écoles coraniques ont été entamés par les autorités publiques et les questions se posent encore sur ces kamikazes qu'on est parvenus à convaincre de tuer des innocents au nom d'Allah. «Qui aurait pu penser qu'un enseignant pouvait devenir kamikaze ? Et livrer son enfant à un futur criminel qui tue au nom de l'Islam des innocents ? », s'interroge un agent d'autorité en évoquant le kamikaze, Mohamed Hassouna, qui s'est fait exploser, vendredi 16 mai, à l'entrée du restaurant Positano, en face du nouveau siège du consulat de Belgique. Il était le seul des quatorze kamikazes à habiter dans un appartement en compagnie de sa famille à Doha II, quartier Sidi Moumen et non pas dans une baraque comme les autres. De même, il était le seul à exercer une fonction autre que celle de vendeur de jus d'orange, de «khoudanjal» de cassettes audio du Coran ou encore gardien de voitures. Il est encore l'un des deux kamikazes ayant un niveau scolaire plus ou moins moyen (le deuxième est un kamikaze qui a le niveau de 2ème année du premier cycle en droit).
Mohamed Hassouna est né en 1981 à Youssoufia, ville où sont également nés Youssef Fikri, l'un des émirs de Salafiya Al Jihadiya et Youssef Addad, l'un des neuf premières personnes de la première liste de recherchés dans le cadre des attentats-suicide de Casablanca. Il a décroché son baccalauréat en Math Sup en 1999, au centre Royal pratique et technique de l'aviation aérienne de Marrakech. Il a aussitôt rejoint l'institut chargé de la formation des enseignants. Finissant ses années de formation, il a été nommé, en septembre 2002, au groupe des écoles de Sidi Messaoud, à la commune Sidi Hassar, comme instituteur temporaire. Après avoir passé quelque temps dans cette école, il a rejoint une autre du groupe Ouled Hadda. Là, il a remplacé deux enseignantes en congé de maternité. Il a poursuivi son travail jusqu'au 9 mai, avant de bénéficier d'un congé de maladie de deux jours pour reprendre son travail le 10 mai. Mais il s'est absenté deux jours avant l'Aid Al Mawlid Annabaoui, sans justification. Entre-temps, la direction du groupe des écoles de Sidi Messaoud a reçu une correspondance de la délégation du ministère de l'Education nationale faisant état de la mutation de Hassouna Mohamed à l'école Jerraoui, à Ain Harrouda. La direction du groupe aurait contacté sa famille pour demander des explications sur son absence continue sans justification. Aucune réponse. Elle a avisé la délégation qu'il s'agissait bel et bien d'un abandon de poste. Certes, il travaillait normalement comme ses collègues. Mais, il n'entretenait aucune espèce de relation avec eux. Il était renfermé sur lui-même, préférant la solitude. Il n'était pas barbu et s'habillait en costume, élégant, bien rasé. «Il n'a jamais attiré l'intention et personne ne s'est jamais douté qu'il est extrémiste ou intégriste…Il gardait ses distances avec les autres…et personne ne connaissait ses contacts et ses relations… », explique un agent d'autorité proche de l'enquête.
Avait-il une relation avec les autres kamikazes avant de passer à l'exécution des attentats-suicide ? Pourquoi a-t-il laissé tomber sa carrière pour se jeter dans l'obscurantisme ? Avait-il essayé de transmettre cet obscurantisme à ses élèves ? Pas de réponse. Mais ce qui est certain, c'est qu'il a porté ce soir du 16 mai un sac bourré d'explosifs pour tuer des innocents.


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