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La dette intérieure s'envole
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 07 - 03 - 2006

En progression de 15,5 % en 2005, la dette intérieure a atteint 258,5 milliards DH. Rapporté au PIB, l'encours de la dette intérieure a augmenté de 5,6 points pour se situer à 56,1 % contre 50,5% à fin décembre 2004.
La dette intérieure du Maroc bat tous les records. Une note rendue publique dernièrement par le ministère des Finances et de la Privatisation donne le détail de cette situation pour l'année 2005. Son encours a progressé de 34,6 milliards DH pour atteindre le pic de 258,5 milliards DH. Pour l'année précédente, cette dette intérieure n'était que 223,9 milliards DH. Rapporté au PIB, l'encours de la dette intérieure a augmenté de 5,6 points pour se situer à 56,1% contre 50,5% à fin décembre 2004. Plusieurs indices ont été mis en exergue par la note des Finances. Il s'agit notamment de l'encours des adjudications qui constitue 97 % de l'encours total de la dette intérieure, soit 251,5 milliards DH. « Le financement du Trésor au cours de 2005 s'est effectué dans de bonnes conditions marquées par l'abondance de l'offre des soumissionnaires, favorisée par la liquidité du système bancaire, et par la baisse des taux des maturités longues comparativement à ceux enregistrés en 2004», estiment les analystes du département de Fathallah Oualalou.
Arrive par la suite la participation des IVT (Intervenants valeur trésor), qui sont par ailleurs les principaux acteurs sur le marché des adjudications, dont le taux de participation a atteint 79 % en 2005. Autre élément que la note des Finances relève est l'apurement des arriérés de l'Etat vis-à-vis de la CMR (Caisse marocaine des retraites) pour un montant de 11,08 milliards DH. Une opération qui s'est effectuée à travers l'émission de bons du Trésor au profit de cet organisme. Pour ce qui est du Fonds Hassan II, sa participation au marché des adjudications a atteint un montant total de 10,3 milliards DH soit près de 13% du volume total souscrit. Pour ce qui est des conditions de rémunération (taux d'intérêt essentiellement), «Concernant les conditions de rémunération, il est à signaler que le financement intérieur du Trésor a été effectué, au cours de l'année 2005, dans un contexte marqué globalement par une tendance baissière des taux d'intérêt des maturités à 5 ans et plus suite à la persistance de la situation de surliquidité du marché », précisent les experts des Finances. Et d'ajouter : « Cette baisse a concerné notamment les maturités longues qui ont enregistré, entre décembre 2004 et décembre 2005 des baisses allant de 15 à 23 points de base. Tandis que les maturités courtes ont connu des hausses à deux reprises ».La première hausse ponctuelle des taux a été enregistrée au cours du mois de janvier en raison principalement des deux facteurs suivants : la tension qu'a connue le marché monétaire en relation avec l'opération de privatisation de Maroc Telecom et l'augmentation des levées nettes du Trésor au cours de ce mois ayant atteint près de 6 milliards DH malgré l'encaissement de la recette de privatisation de Maroc Telecom. La seconde hausse a été enregistrée dans le courant du mois d'août et a concerné les taux du court terme en raison de la baisse de la liquidité du système bancaire orientée vers le marché de change pour l'achat de devises. Les rumeurs circulant à l'époque quant à une éventuelle possibilité de dévaluation du dirham y étaient pour beaucoup.
Dette publique : hausse de 11 %
La dette du Trésor (intérieure et extérieure) s'élève à fin 2005 à 327,4 milliards DH, en hausse de 33,2 milliards DH (11,3%par rapport à fin 2004). Cette hausse découle d'une augmentation de l'encours de la dette intérieure qui a progressé de 34,6 milliards DH à 258,5 milliards DH et d'une baisse de la dette extérieure de 1,5 milliard DH à 68,9 milliards DH. Rapportée au PIB, la dette du Trésor ressort à fin 2005 à 71,1 % contre 66,3 % à fin 2004, soit une progression de 4,8 points. Néanmoins, il y a lieu de signaler que l'augmentation de ce ratio d'endettement en 2005 par rapport à 2004, année où il a atteint son plus bas niveau avec seulement 66,3 %, intervient après que ce dernier ait réalisé une tendance baissière sur plus d'une décennie passant ainsi de 83,2% en 1995 à 71,1% en 2005.


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