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Ces cèdres qu'on abat
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 06 - 12 - 2006

La cédraie marocaine est en danger. La menace plane depuis longtemps, mais l'état de dégradation de celle-ci a attisé les mouvements de protestation.
Les cèdres de l'Atlas sont en danger! «Où est passée, s'indigne un groupe d'écologistes, la biodiversité des 130.000 ha de cédraie marocaine, enveloppe de forêt monospécifique désormais vidée de sa flore et de sa faune, y compris lorsque le cèdre n'est pas mourant ? Où sont les 700 espèces botaniques, dont 60 endémiques, les 37 espèces de mammifères, la plupart des 142 espèces d'oiseaux, les 33 espèces de reptiles et d'amphibiens recensés, les centaines de papillons et les milliers d'invertébrés dans les 53.000 ha du Parc national d'Ifrane, où partout le sol est celui d'un terrain de football ? Même l'écrevisse à pied rouge de l'oued Tizguite, devenu cloaque, vit ses dernières heures !» Entre coupes illégales et pastoralisme excessif, c'est non seulement la cédraie qui est menacée mais tout l'écosystème ! Dans la province de Khénifra, notamment, l'indignation est à son comble. Emmenés par les responsables de la section locale de l'AMDH, les riverains de la forêt d'Aït Hnini, commune de Sidi Yahya Oussaad, ont décidé de tirer la sonnette d'alarme et de dénoncer, avec une virulence teintée d'une infinie tristesse, toutes ces personnes sans scrupules qui sont prêtes à tout pour s'offrir des chambres à coucher ou des intérieurs en bois de cèdre.
Deux manifestations sont d'ailleurs prévues, déclare le professeur Aziz Akkaoui, président de la section khénifrie de l'AMDH : l'une le 8 décembre devant le siège de la province et l'autre le 15 du même mois devant le cercle d'El Kebab. La tribu des Aït Hnini, en particulier le village de Tiqajouine, entend bien en effet mettre les autorités face à leurs responsabilités en matière de protection de la forêt. Les gens de Tiqajouine se sont déjà opposés à ce que les tribus voisines profitent d'une forêt qui, selon eux, n'appartient qu'aux Aït Hnini. Pour appuyer leur revendication, les habitants de Tiqajouine évoquent le Dahir du 10 octobre 1917, qui stipule que les riverains d'une forêt ont le droit d'en tirer profit.
Ils ont d'ailleurs obtenu qu'une commission locale, composée de l'ingénieur des Eaux et Forêts, de ses collaborateurs et des représentants de l'autorité locale, se déplace sur les lieux il y a quelques jours, pour constater l'état d'indigence de la forêt en question. Cette guéguerre du cèdre entre tribus est, en fait, l'arbre qui cache la forêt.
Au cœur du problème, la manne financière considérable que représente le produit de la coupe des arbres, sachant que 80 % du bénéfice revient à la commune et 20 % au Fonds national forestier. Ce qui fait dire à certains que la colère des habitants de Tiqajouine s'exprime contre les responsables communaux, accusés de ne pas faire profiter la commune des bénéfices de la coupe des arbres décidée par l'Administration des eaux et forêts. Moha Birou, agriculteur et éleveur, confirme : «Nous sommes 600 familles concernées. Nous ne profitons pas de la prospérité engendrée par l'exploitation du capital forestier. Nous ne disposons même pas d'un centre de santé digne de ce nom…»
Autre problématique et source de confusion par la même occasion, le fait que cette même tribu des Aït Hnini, qui affirme se battre contre les pilleurs de la forêt, est dénoncée par les responsables de l'administration des eaux et forêts, procès-verbaux à l'appui, comme d'incorrigibles braconniers.
Il y a enfin, relayée par un réseau de chercheurs, de militants écologiques et d'amoureux de la nature, cette autre question cruciale : «La cédraie de l'Atlas est-elle un biopatrimoine de l'humanité ou une fabrique de moutons ?». Il s'avère, en effet, que la pandémie écologique générée par un surpâturage chronique est alarmante.


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