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100% Jamal Berraoui : Les enragés d'Alger
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 05 - 01 - 2007

Donc à Alger, ils l'ont mauvaise en ce moment et il faut s'attendre à des réactions. Au Maroc, la presse trouve ridicule de répondre à une campagne de presse par une autre campagne de presse et c'est tout à son honneur.
Dans quelques semaines, on fêtera l'anniversaire de l'UMA, un sigle vide de sens. Le manuel scolaire pour les collégiens dit pudiquement : «Les résolutions de Marrakech n'ont pas pu être appliquées à cause des problèmes que connaît la région». En fait, de problèmes, il n'y en a qu'un, c'est l'affrontement maroco-algérien. La presse algérienne, en ce moment, est en transe. Le Royaume chérifien, comme ils écrivent là-bas, croyant pouvoir nous réorganiser, a commis l'irréparable à leurs yeux : il développe ses provinces du Sud.
L'année 2006 a été une horrible année pour la diplomatie algérienne. Le Conseil de sécurité a enterré le plan Baker, le Polisario a été exclu des grands rendez-vous, y compris ceux organisés par l'Union africaine, le projet d'autonomie avance et s'impose comme l'unique solution viable. Nos voisins de l'Est étant de mauvais perdants, ils ont relancé la meute, la fameuse presse algérienne «indépendante».
Ce mythe là, il faut le briser, la presse algérienne dépend de l'Etat dans son ensemble par le biais de l'impression et chaque journal a son «parrain» parmi les généraux. Parrain généralement identifié et connu de toute la nomenklatura. Donc à Alger, ils l'ont mauvaise en ce moment et il faut s'attendre à des réactions. Au Maroc, la presse trouve ridicule de répondre à une campagne de presse par une autre campagne de presse et c'est tout à son honneur. «Al Watan» ne forme pas d'opinion publique nationale et il peut exécuter les ordres de ses mandants quand il veut, cela n'a aucune espèce d'importance.
Par contre, deux choses sont importantes à mes yeux. La première concerne le contentieux entre les deux pays. Il est faux de le réduire à la question du Sahara, elle n'en est que l'expression. Il s'agit, en fait, d'un choc des nationalismes.
La très jeune nation algérienne, cimentée (j'allais dire fomentée) par la guerre d'indépendance a un projet national basé sur le leadership régional. A côté, il y a un mastodonte chargé d'histoire qui s'appelle le Maroc. Les généraux ne sont pas les seuls à vivre ce psychodrame, l'ensemble de l'intelligentsia, ou ce qui en reste, charrie un véritable atavisme vis-à-vis de ce qu'ils appellent le «narcissisme historique du Maroc». Un ancien directeur de la Banque centrale algérienne a même actualisé le concept. Pour lui et de manière explicite : «Si le Maroc décolle avant que l'Algérie ne réussisse ses réformes, les Algériens ne seront plus qu'un peuple de boyaux, les tubes pour exporter le gaz et l'appareil digestif pour consommer marocain», d'où l'importance de l'hypothèque saharienne, ceux qui nous présentent l'Algérie comme un épouvantail devraient fréquenter des Algériens. Ils apprendraient que l'Etat a du mal à exister, que ses services fonctionnent rarement, que les ouvriers sont d'un niveau si faible que pour construire des logements, l'Etat a fait appel à une main-d'œuvre chinoise. Ils sauraient aussi qu'il y a plusieurs milliers de Marocains dans les grandes écoles étrangères, que la majorité compte rentrer et que les rares étudiants algériens sont des enfants d'émigrés. Ce conflit est fait pour durer, prenons notre mal en patience et laissons le temps à la très jeune nation de grandir.
La deuxième chose importante à mes yeux, c'est le front intérieur. S'il est naturel que la presse refuse son instrumentalisation dans une guerre de propagande d'un autre âge, il est dangereux de se livrer à la propagande de l'ennemi au nom de la liberté. L'adhésion au projet national appelle des devoirs de réserve.


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