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Un vendredi par moi
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 06 - 04 - 2007

Déjà! En 1954 ! A la différence de nombreux auteurs de la littérature maghrébine francophone, Driss Chraïbi n'est pas un montreur de singes. Derrière chacun de ses mots il y a son humeur mais avec beaucoup d'humour.
Peut-on réduire Driss Chraïbi au passé simple ? Il fut désormais, mais est et sera par l'écrivain talentueux qu'il a été. En s'autoproclamant avec succès auteur d'expression française, il a signifié aux Marocains la possiblilité de faire jeu égal avec le colon sur son propre terrain, la littérature francophone. « Le passé simple », son premier roman édité par Gallimard, est une révolte contre le poids de la tradition et un chant pour l'universalisme. Déjà! En 1954 ! A la différence de nombreux auteurs de la littérature maghrébine francophone, Driss Chraïbi n'est pas un montreur de singes. Derrière chacun de ses mots il y a son humeur mais avec beaucoup d'humour. Ni "majdoube" ni"bajdoube", ni fou ni sage, et surtout pas obséquieux avec la langue qui l'a conduit à la notoriété, mais d'abord un romancier dont l'écriture respire la légèreté du ton et la gravité du fond. De l'aquarelle pour rendre compte d'une réalité hideuse avec chatoiement. Sa quinzaine d'ouvrages débouchera en 1981 sur un personnage, l'inspecteur Ali, dans « une enquête au pays » avant de le voir monter en grade pour occuper les titres des romans dont il est le personnage : L'inspecteur Ali, L'inspecteur Ali à Trinity College (1995), L'Inspecteur Ali et la CIA (1996) libèrent le roman maghrébin de l'autobiographie labyrinthique et un brin masochiste.
Avec «Le passé simple», Driss Chraïbi fit sensation et scandale. Porté par les crispations de la lutte contre le protectorat, on a été jusqu'à l'accuser de trahison et de collusion avec le colonialisme. Une année plus tard, il se montrera tout aussi cinglant à l'égard de l'Occident en narrant dans «Les boucs» l'histoire d'un jeune immigré. Dès la deuxième page, Driss Chraïbi donne à voir l'humour par lequel il entendait parler de la misère des âmes seules : «- Le boucher m'a dit : et pour vous, Monsieur, ce sera? Je lui ai dit : ce sera ce morceau de viande-ci. Je lui ai donné un coup de poing et j'ai attrapé le morceau de viande. L'étiquette de celluloïd blanc y était encore fichée - à chiffres rouges : 840. Je l'enlevai, l'épinglai à ma boutonnière, avec la vague idée qu'un jour j'aurais 840 francs pour aller payer le boucher. Mes gestes étaient lents, distraits.- Il a dû appeler Police-Secours, donner un signalement précis de son voleur : Nord-Africain. On l'a certainement attrapé, le Nord-Africain, n'importe lequel, le premier qui a débouché du coin de la rue. Et le boucher s'est écrié: pas de doute, c'est bien lui.»
La grève des transporteurs. Une caste d'incultes qui prend toute une société en otage. Là où il suffit de respecter la réglementation pour ne pas tomber sous le coup de la sanction, ils revendiquent des sanctions à leur mesure qui leur permettraient de continuer à violer la loi, brûler les feux rouges, doubler en ligne continue, ne pas respecter les limitations de vitesse et tuer impunément. S'il n'y avait pas la dépendance à l'égard du transport de marchandises et du transport en commun, on se prendrait à rêver de l'univers du passé simple. Un monde sans camions, sans bus, sans taxis. Un monde propre où les gaz d'échappement étaient de la crotte fertilisante, le cheval synonyme de limousine et la jument un signe extérieur de richesse.


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