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100% Jamal Berraoui : Le souffle de vie
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 07 - 12 - 2007

Si l'USFP doit revoir aujourd'hui l'ensemble de son action, il est normal que ceux qui ont quitté la maison, parce qu'opposants à cette action soient conviés au débat.
Le départ du couple Elyazghi-Radi domine l'actualité par ses implications multiples. Effectivement, il s'agit d'un véritable séisme politique, les deux ténors n'ont pas été poussés vers la sortie par un mouvement de fond, mais par leurs pairs du Bureau politique. Interpréter cela comme une simple bagarre d'appareils serait une insulte à l'ensemble des militants de l'USFP.
La fissure au niveau du Bureau politique est la résultante de la grogne des militants, ces derniers plus mus par la volonté de sauver le parti que par la volonté d'un leadership quelconque sont écœurés, c'est le seul mot qui convient.
Pour le moment, les militants développent une idée simple : retrouver l'identité du parti. Politiquement, cela signifie énormément de choses. Ils remettent en cause le positionnement politique, la stratégie des alliances, la participation au gouvernement Jettou et à celui de Abbas El Fassi et le refus de s'insérer sérieusement dans un débat sur les réformes constitutionnelles. Ce n'est pas mince comme programme parce que le prochain congrès revendique son droit d'inventaire et passera donc au crible toute la période allant du oui au référendum constitutionnel de 96 au scrutin du 7 septembre et la constitution du gouvernement.
Le problème c'est que l'action durant cette période n'a jamais été théorisée et qu'il appartiendra donc à ses critiques de la faire avant de proposer un nouveau projet. Si l'USFP doit revoir aujourd'hui l'ensemble de son action, il est normal que ceux qui ont quitté la maison, parce qu'opposants à cette action soient conviés au débat. Nous ne sommes plus face à une crise au sommet mais à un mouvement de régénération, très fort mais sans leadership, ni plate-forme. Dans les semaines qui viennent, les cadres s'exprimeront, c'est une certitude parce que le congrès ne peut être contrôlé autrement que par la politique, la grande. Ceux qui croient qu'il sera un remake des deux précédents n'apprécient pas à sa juste valeur le mouvement en cours. Maintenant les dommages collatéraux se font déjà sentir. Elyazghi et Radi ne sont plus très légitimes dans leur fonction ministérielle et c'est un euphémisme. Le groupe parlementaire USFP a fait trembler le gouvernement lors du vote de la loi de Finances. Le cabinet Abbas El Fassi est l'otage des développements internes de l'USFP. La majorité claudique et les déformations à la naissance vident ce gouvernement de toute substance politique. Pourtant ceux qui avancent que le conseil national de l'USFP votera le retour à l'opposition se trompent lourdement. C'est le congrès qui tranchera après avoir évalué la transition dans sa globalité. Nous ne sommes pas face à une réaction d'orgueil, mais devant un mouvement historiquement central. L'USFP qui en sortira ne jettera pas le bébé avec l'eau de bain, même si elle réintégre toutes ses familles, ce n'est pas sur une ligne d'opposition à l'Etat ou de remise en cause de la légitimité monarchique. Par contre, l'hégémonie du Palais est au centre des débats et l'a priori constitutionnel est sur toutes les lèvres. Tous les débats esquissés le sont pour le moment de manière éparse et presque superficielle. La lame de fond créera ses propres cadres ; le cogitum généralisé actuel , galvanisé par l'espoir d'un réel renouveau accouchera d'un projet, qui peut devenir fédérateur. Pour le reste, les histoires d'hommes, ce n'est que du subalterne et en ce moment du vulgaire face à l'étendue du chantier. Les démocrates, tous les démocrates, en particulier ceux qui interviennent dans le champ public doivent éviter le piège qui consiste à personnaliser ce qui se passe. La restructuration du champ politique qu'ils appelaient de leurs vœux est enfin en cours. Elle se passe à l'USFP, pierre angulaire de l'échiquier. La Koutla c'est fini, l'union de la gauche est une nécessité mais aussi une possibilité. S'ils n'encouragent pas le mouvement, alors on est en droit de douter de la force de leur engagement.


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