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Driss Aboulfadl : «Le candidat du PAM n'a pas d'assise populaire»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 18 - 09 - 2008

Driss Aboulfadl, candidat de l'USFP à la circonscription Guéliz-Ennakhil à Marrakech, dénonce des violations relevées dans les campagnes électorales du parti Authenticité et Modernité et se dit confiant quant aux chances de son parti de remporter le siège de député.
ALM : Comment se présente la campagne électorale de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) à Marrakech ?
Driss Aboulfadl : Jusqu'à présent, notre campagne électorale suit son cours normal. Les habitants de la ville ont démontré une grande entente avec l'USFP. Il y a un changement positif au sein des citoyens qui ont senti qu'ils avaient tort de ne pas avoir participé aux élections de 2007. Le même enthousiasme est remarqué en milieu rural, où les habitants ont fait preuve d'une grande maturité. Notre campagne est menée par les militants du parti. D'une manière générale, leurs rapports établis sur le terrain sont satisfaisants. Actuellement, nous rédigeons une lettre qui sera adressée aux électeurs afin qu'ils participent en masse aux élections partielles prévues vendredi prochain. Nous les incitons à assumer leur responsabilité et choisir l'élu qu'ils croient capable de défendre leurs intérêts
Seule ombre au tableau, le fléau de la corruption. Le retour de ce fléau suscite la colère des électeurs.

Quelles sont vos chances lors des élections partielles, surtout face au candidat du parti Authenticité et Modernité ?
Je tiens à préciser que le candidat du PAM n'a pas d'assise populaire. Il n'est pas présent sur le terrain. Il n'a même pas visité les douars et les circonscriptions concernées. Il se contente des fêtes luxueuses, où sont invités des promoteurs immobiliers et d'autres hommes d'affaires. Le plus dangereux, c'est que dans la commune de Ouled Slim, par exemple, des Moqadems et Chioukhs encadrent les campagnes du PAM. Malgré cette réalité, nous gardons espoir et nous restons confiants quant à nos chances, surtout si l'Etat garde ses distances et sa neutralité lors de ces élections partielles.

Avez-vous enregistré des dépassements particuliers lors de cette campagne ?
Nous avons remarqué que le parti Authenticité et Modernité et l'Union constitutionnelle à Marrakech utilisent leur pouvoir pour influencer les électeurs. Le candidat de l'UC a, en effet, profité de sa position au sein du Conseil de la ville et a organisé une session extraordinaire pour débloquer près de 500 millions de centimes comme subvention à quelques associations. Ce qui est déplorable, c'est que les associations connues pour leur sérieux et transparence ne bénéficient pas de cette aide. Aussi, le candidat de l'UC a détourné à son profit les cartables censés être distribués aux élèves démunis dans le cadre de l'initiative royale de 1 million de cartables.

Pourquoi cette bataille acharnée à Marrakech ? Et quel enjeu présente cette ville pour les différents partis ?
C'est normal que la bataille entre les différents partis politiques à Marrakech soit acharnée. Avec toutes les irrégularités commises par le nouveau-né de la scène politique nationale, il est tout à fait naturel que nous nous mobilisions pour lui barrer la route et ne pas lui permettre d'entraver la trasparence des élections partielles. Nous ne voulons pas revenir à une ère où la corruption aux élections était monnaie courante. Nous ne voulons pas rompre avec la démocratie. Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est que le Conseil constitutionnel a jugé tronqués les résultats des élections du 7 septembre dernier au niveau de la circonscription de Gueliz- Ennakhil. D'où les élections partielles sont prévues dans cette circonscription. Mais nous notons sur le terrain l'implication des Chioukhs et Moqadems dans la campagne électorale de quelques candidats. Nous avons frappé à plus d'une porte pour arrêter cette mascarade, mais en vain.

Sollicitez-vous l'appui des représentants des partis de gauche à Marrakech pour réussir dans votre circonscription ?
Au niveau des élections partielles de ce vendredi, nous avons le soutien du Parti socialiste unifié (PSU). Cela s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre les candidats de gauche. Pour ce qui est des élections de 2009, l'essentiel reste à faire. Le pôle de la gauche est un projet difficile à mettre au point. Mais toutes les formations de la gauche doivent y adhérer.


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