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Condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour avoir tué son ami
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 27 - 12 - 2009

Abdelhadi et Abdellah sont amis. Ils s'enivraient dans la chambre que louait le premier, en présence de la maîtresse du second… Une présence féminine qui a tout chamboulé.
Nous sommes à Casablanca. La salle d'audience de la chambre criminelle près la Cour d'appel est archicomble. Abdelhadi est au box des accusés. Ce jeune, âgé de vingt-quatre ans, risque une lourde peine. Pourquoi ? Parce qu'il a tué son ami. «Abdelhadi, vingt-quatre ans, célibataire, chômeur, demeurant à Derb El Kabir…Tu es accusé d'homicide volontaire avec préméditation et guet-apens», lui a rappelé le président de la Cour. Qui est Abdelhadi ? Pourquoi est-t-il devenu, à un bas âge, un criminel avec une lourde accusation sur le dos ?
Depuis son enfance, Abdelhadi joue avec le feu. Ses voisins du quartier qui ont assisté à l'audience, ce jour de décembre, ont attesté qu'il était cruel, même à l'école qu'il a abandonnée à la troisième année d'enseignement fondamental. D'abord, sa mère ne savait pas comment se comporter avec lui quand il était encore enfant. C'est du moins ce qu'elle a raconté à ALM quand on l'a croisée dans le hall de la Cour d'appel à Casablanca. Elle a précisé qu'il faisait toujours l'école buissonnière. Il passait son temps dans la rue à jouer et à agresser ses camarades de l'école et du quartier. À chaque fois, sa mère tentait de calmer les plaignants qui s'adressaient à elle. Dès le jour où il a définitivement tourné le dos à l'école, il a rejoint une bande de voyous, qui deviendra sa première école de la délinquance. Abdelhadi a appris à sniffer de la colle à dissolution, s'enivrer, se droguer, se bagarrer... Et en conséquence, il a été arrêté, la première fois, par la police quand il a été surpris, avec la complicité des membres de sa bande, en train d'agresser une jeune fille. Celle-ci les a accusés d'avoir tenté de la violer à tour de rôle. La première peine était, en conséquence, de deux ans de prison ferme. Abdelhadi en est sorti comme membre d'un gang, qui ne craint rien, ni personne. Depuis, il est retourné à deux reprises en prison, pour vol qualifié, menace à l'arme blanche et consommation de drogue. Mais pour quel mobile a-t-il tué son ami Abdellah ?
D'abord, Abdellah était un jeune délinquant, âgé de vingt-deux ans, célibataire et membre de la bande d'Abdelhadi. Il était, en fait son bras droit. Puisqu'il est également cruel et sans pitié. Il ne disait jamais non à son chef, Abdelhadi. Seulement, la dernière fois, il lui a dit non. Pour quelle raison ?
Abdellah entretenait une relation amoureuse avec la jeune Samira, une prostituée, âgée de dix-huit ans, qui passait, à défaut d'un client, son temps en compagnie de son amant, Abdellah. Comme à l'accoutumée, il l'a rencontrée, la dernière fois, chez Abdelhadi, qui loue une chambre au quartier Derb Soltan. Abdelhadi avait déjà dressé la table pour les accueillir: de la bière, du vin rouge, des cigarettes, du haschich, des amuse-gueules, des fruits et un tajine de viande aux pommes de terre.
Au fil des verres et de la conversation, Abdelhadi a tenté de s'approcher de Samira. En fait, elle l'a séduit au point qu'il n'a pas pu s'éloigner d'elle au moins de quelques centimètres. Un comportement qui a provoqué Abdellah. Hors de lui, celui-ci s'est levé, a demandé à sa maîtresse de l'accompagner hors de la chambre. Mais, elle a refusé. Abdellah l'a giflée. Et Abdelhadi l'a violemment poussé. Abdellah est sorti de la chambre tout en laissant Abdelhadi en compagnie de Samira. Tous les deux s'enivraient quand Abdellah est retourné à la chambre avec un couteau à la main. Abdelhadi a sursauté et a saisi un couteau qui était sur la table. Il a avancé vers Abdellah et lui a asséné trois coups mortels.
Devant la Cour, Abdelhadi a avoué avoir poignardé Abdellah, mais sans avoir l'intention de le tuer. Raison pour laquelle, son accusation a été requalifiée en coups et blessures ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner et la Cour l'a condamné à quinze ans de réclusion criminelle.


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