Black Friday    Bombardier au taquet avec l'ONCF    Allemagne: Tout, sauf des élections !!!    Theresa May à Bruxelles, le coût financier du Brexit en vedette    La pire décennie pour la Grande-Bretagne depuis le 19è siècle !    Coupe du Monde 2026    Italie : Grande opération de sauvetage de migrants    Attaque au Nigeria : le bilan s'alourdit    Oualid El Hajjam ou la fierté de porter le maillot du Maroc    Fédérations sportives: Début de toilettage pour crimes financiers?    Des mini-concerts pour de grands futurs musiciens    L'Uzine rend hommage à son quartier    Qualification Mondial Basketball Chine 2019    Dalkurd, le club suédois qui fait la fierté des Kurdes    Birmanie et Bangladesh s'accordent sur le retour des Rohingyas    Les stars africaines se mobilisent contre l'esclavage en Libye    L'ONCF dispense une formation sur la maintenance de la voie ferrée au profit des cadres africains    Au-delà des 26.000 dossiers de régularisation des étrangers en situation irrégulière : Ne pas oublier les 6.300 rejets et autant de recours    Le rôle de la société civile dans le développement local en débat à Benguérir    L'enregistrement des enfants étrangers à l'état civil passé au crible à Rabat    Ligue des champions : Barça et Chelsea qualifiés    Le WAC s'offre le DHJ et sa première victoire de la saison    Nouvelles dates des éliminatoires de la CAN 2019    Les jeux vidéos réduiraient le risque de démence chez les personnes âgées    Insolite : Le musée de Bangkok    Symposium "Cancer du sein au Maroc'' à Marrakech    L'embellie de la conjoncture économique nationale se poursuit    BMCE Bank of Africa émet un emprunt obligataire subordonné de 400 MDH    Les meilleurs films de tous les temps    Rabat se transforme en capitale africaine pour Visa for Music    Le Festival de Cannes change ses habitudes pour sa 71ème édition    Tanger Med : Saisie de 25 kg de stupéfiants    Buzzichelli Maroc : les raisons de la faillite    Un incident maîtrisé chez Atlanta    Marrakech : La Princesse Lalla Salma préside la célébration de la Journée nationale de lutte contre le cancer    Football : Le Maroc gagne 8 places au classement FIFA    6ème Semaine internationale de l'éducation et de l'information: L'éducation aux médias passe par les compétences    Rabat, « capitale africaine par excellence » pour Visa for Music    52% des migrants dans la zone de Rabat-Casa-Salé souhaitent vivre au Maroc    L'écosystème Bombardier sur de bons rails    Décès du général de corps d'armées Abdelhak El Kadiri    Morocco Adventure Film Festival : Le festival qui aimait la nature    Horst Koehler «encouragé» suite à son huis clos avec le Conseil de sécurité    La Galerie H expose les « Inspirations Africaines » de cinq designers    Casablanca: Arrestation d'un mineur après l'agression d'une professeure    Appel à la générosité publique : Bientôt un projet de loi adéquat    CONSOMMATION: RECUL DE 0,1% DE L'INDICE DES PRIX EN OCTOBRE    L'enregistrement des enfants à l'état civil en question    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Mohamed Hachem Tyal : «Pour éviter une dépression, il faut renforcer son système de défense»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 27 - 08 - 2010

Mohamed Hachem Tyal explique, dans cet entretien, les types de dépressions et les différents traitements et démarches disponibles pour faire guérir les personnes atteintes de cette maladie. Il explique également le rôle de la spiritualité dans ce cadre.
ALM : Pourquoi l'on a de plus en plus tendance à qualifier la dépression du «mal du siècle» ?
Mohamed Hachem Tyal : C'est tout simplement parce que cette maladie est de plus en plus diagnostiquée et aussi parce que l'on vit dans un monde dans lequel les agents révélateurs de nos failles sont de plus en plus nombreux. Cela veut dire que la majorité des cas de dépressions sont ceux qu'on qualifie de névrotiques, c'est-à-dire des dépressions réactionnelles qui sont liées à des failles dans notre système de fonctionnement. En fait, il y a des fragilités qui sont propres à l'être humain, et ces fragilités vont, quand on est confronté à des situations à risque, des situations stressantes et d'agressions psychologiques intenses et surtout répétées, déterminer une réponse de notre psyché sous forme de dépression. Cette dépression exprime en réalité une faillite dans notre système défensif. Les dépressions sont plus ou moins graves, durent plus ou moins longtemps et disparaissent seules ou avec l'aide de soi approprié.
Quelle est la différence entre déprime et dépression ?
La déprime est une réaction physiologique de l'organisme. On passe tous, durant notre vie, par l'expression d'une sollicitation de nos émotions particulières qui sont à l'origine d'un sentiment de déprime assorti d'une tristesse et d'un mal vie . La déprime est en général passagère. Elle dure une ou deux semaines. C'est le temps nécessaire à la réorganisation du système défensif de l'individu. Par exemple, pour un deuil, une personne plonge dans la tristesse et arrive un moment où elle reprend le dessus. Dans le cadre de la déprime, la majorité des individus arrivent à reprendre le dessus. Mais certaines n'arrivent pas à le faire d'où la faillite du système défensif.
Comment expliquez-vous les mécanismes physiologiques de la dépression?
Toutes les dépressions existent en même temps qu'une modification des médiateurs chimiques cérébraux, c'est-à-dire ces petites substances qui sont dans le cerveau et qui déterminent son système d'information. Généralement, ce sont les anti-dépresseurs qui régularisent ces substances. Contrairement à ce que l'on pense, ce n'est pas parce qu'il y a chez quelqu'un une baisse des médiateurs chimiques qu'il y a automatiquement dépression. C'est l'état psychologique de la dépression qui détermine la modification de ces substances.
Quelle est la différence entre dépression névrotique et celle dite psychotique ?
C'est la question de l'origine de la dépression. Les dépressions névrotiques ont du sens, quand on examine la situation du patient en tenant compte de ses failles à lui et la lourdeur de ce qu'il a à digérer dans son quotidien. La dépression psychotique, pour sa part, est un autre type de dépression qui est généralement grave. C'est une dépression qui n'a pas de sens, c'est-à-dire une dépression endogène qui vient de l'intérieur par opposition aux dépressions exogènes qui ont une relation avec ce qui se passe autour de nous. Les pathologies qui rentrent dans ce cadre-là sont les dépressions mélancoliques. La mélancolie est caractérisée le plus souvent par des idées de culpabilité et des idées d'incapacité à guérir un jour qui sont très difficiles à vivre et qui génèrent le plus souvent des tentatives de suicide réussies. Pour les mélancoliques, le suicide est la seule voie pour qu'ils payent pour leurs fautes illusoires, soit ce suicide est dicté par l'idée que leur souffrance est trop importante d'où l'impossibilité de guérir un jour. Dans les dépressions psychotiques, il y a aussi les dépressions dites délirantes.
Que faire pour éviter une dépression?
Pour éviter une dépression, il faut commencer par renforcer son système de défense. C'est-à-dire aménager notre vie de telle sorte à ce que l'on subisse le moins possible les agents stressants. Car le stress nous agresse et nous fragilise. Et aussi penser à faire sur soi un travail de renforcement et de développement personnel. L'être humain n'est jamais statique, il se développe en permanence. Ainsi même si on a un bon niveau de fonctionnement, il faut chercher à l'améliorer.
Quels sont les traitements disponibles?
Ce qu'il y a de plus efficace en matière de traitement contre une dépression c'est l'association des anti-dépresseurs à l'accompagnement psychothérapique par un spécialiste. Quand on donne uniquement des anti-dépresseurs, leur efficacité est énormément amoindrie. Les anti-dépresseurs ne sont pas des bonbons ou des antibiotiques, ce sont des médicaments qui doivent s'inscrire dans une logique globale de prise en charge.
Quel rôle peut jouer la famille du patient ?
Dans ce cadre, les maladies psychologiques posent un problème réel. Quand l'on n'a pas vécu des problèmes psychologiques, d'abord on ne les comprend pas et ensuite on les rejettent. C'est comme si l'être humain ne pouvait pas avoir de problèmes psychologiques alors que c'est le psyché qui fait fonctionner tout. Autant l'on accepte une maladie organique, autant la maladie psychologique est rejetée complètement. Ainsi, la famille du patient, ses proches et ses collaborateurs du travail ne doivent absolument pas lui dire qu'il n'a rien, et que s'il croit en Dieu, il n'aurait pas eu cette maladie. Car cette personne est déjà malade et le fait de lui répéter à maintes reprises qu'il ne croit pas suffisamment en Dieu va aggraver sa situation. Tout ce qu'il faut faire à l'égard du patient, c'est le soutenir par de bonnes paroles et jamais par de bons conseils. Il faut être à son écoute. Tout ce qu'il faut faire à l'égard du patient, c'est lui démontrer qu'on a compris sa souffrance et qu'on est prêt à l'écouter et l'aider s'il a besoin de nous.
Quel rôle peut jouer la spiritualité dans ce cadre ?
Certes la spiritualité aide. Dans la vraie spiritualité, on transcende et on s'élève. Ainsi, la spiritualité donne un soutien important, mais elle nous ne protège pas. Parce que nos failles sont déjà en nous. En fait, la spiritualité aide surtout quand on est bien. Alors que quand on n'est pas bien, la spiritualité n'a plus aucune place, car elle-même est un effort. Par exemple, durant le mois de Ramadan, on s'abstient durant la journée des plaisirs basiques, à savoir manger et faire l'amour, pour pouvoir rencontrer la spiritualité. Ainsi, c'est un effort qu'on fournit. Et on ne peut pas fournir cet effort si on est mal psychologiquement.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.