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Un café avec...Mohamed Yatim
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 27 - 03 - 2012

«Dans mon cœur, l'enseignement, la culture et l'activité intellectuelle triomphent vis-à-vis du travail politique».
ALM : Désirez-vous un café ou un thé?
Mohamed Yatim : Je prendrais
volontiers un thé. Né dans une famille sahraouie, le thé pour moi c'est
sacré. Souvent à la maison je veille à préparer mon thé. Le café je le
prends rarement. Lors de mes voyages, en Mauritanie et dans d'autres
pays du Sud, j'ai appris qu'autour d'un verre de thé des valeurs
humaines se tissent.
Qu'évoque un verre de thé chez M. Yatim?
Les rassemblements de la famille, les fêtes, la rencontre combien riche
avec les cousins et les oncles qui venaient de la région de Zagora nous
rendre visite à Casablanca. Le thé c'est l'appartenance.
Avez-vous jamais fait goûter à votre compagnon de parcours, Abdelilah Benkirane, de votre thé?
Abdelilah adore le thé, il est fréquemment pressé quand il passe chez
moi, mais chez lui nos réunions ne se font jamais sans un parfait verre
de thé.
Auriez-vous souhaité être ministre au gouvernement Benkirane?
J'aurais aimé être ministre, c'était un souhait, mais aujourd'hui la
chose ne me fait ni chaud ni froid. Le nombre des postes de ministre est
déterminé, il fallait faire un choix. En ce moment, je ressens une
forte compassion à regarder mes collègues ministres en action.
Syndicaliste, professeur, penseur et politicien, quelle est la casquette que vous aimez porter le plus?
Sans aucun doute celle de professeur. Enseigner les enfants de la nation
est une mission noble. J'ai enseigné pendant longtemps la philosophie.
Cela me permettait de divulguer à mes étudiants les méthodes
d'améliorer leur façon de penser et de voir le monde. Je donnais des
leçons de philosophie dans les centres de formation des instituteurs.
Cette période me manque. Dans mon cœur, l'enseignement, la culture et
l'activité intellectuelle triomphent vis-à-vis du travail politique.

Vous avez écrit plusieurs ouvrages et articles, à quel moment écrivez-vous?
à n'importe quel moment, j'écris comme je parle. Dernièrement j'ai publié «Observation pour une réforme culturelle».
De retour à la terre de vos ancêtres, Zagora, que ressentez-vous?
Je découvre à chaque fois une beauté perpétuelle, je me sens déraciné.
Je sens la responsabilité de protéger une culture orale très riche. Pour
vous donner un exemple je citerai les «Aklal». J'ai un vibrant hommage à
rendre à ces chanteurs de malhoun, qui portent un magnifique
patrimoine.

Quel souvenir gardez-vous de vos parents?
Deux combattants pour le bonheur de 7 enfants. Un homme qui se réveille à
l'aube pour faire sa prière et partir au travail et une femme qui croit
dur comme fer que seul le mérite l'emporte.


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