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Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 23 - 02 - 2002

Le Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH) qui vient de donner une suite à la demande légitime de la famille du nationaliste Abdelkader Barrada et de Hamad Bouslikhan, disparus au lendemain de l'indépendance, est hautement symbolique et ouvre un nouveau chapitre dans l'effort que le Maroc entreprend, depuis plus d'une décennie, pour assumer son histoire, avec la maturité et la responsabilité qui s'imposent.
Le Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH) qui vient de donner une suite à la demande légitime de la famille du nationaliste Abdelkader Barrada et de Hamad Bouslikhan, disparus au lendemain de l'indépendance, est hautement symbolique et ouvre un nouveau chapitre dans l'effort que le Maroc entreprend, depuis plus d'une décennie, pour assumer son histoire, avec la maturité et la responsabilité qui s'imposent.
De nombreuses familles de patriotes et de nationalistes ont souffert dans leur chair et vécu avec le deuil qui les a frappées suite à la disparition de l'un des leurs, qui a payé pour ses idées et fait les frais d'un règlement de comptes de la part d'autres compagnons d'armes avec lesquels ils se sont retrouvés en porte-à-faux ou de la part de nouveaux détenteurs du pouvoir. A la douleur légitime de ces familles de disparus de la première heure, est venue s'ajouter, pendant des décennies, la frustration de voir toutes les portes fermées devant elles, y compris celle de la simple reconnaissance de leur cas comme faisant partie du triste dossier de tous les disparus d'opinion.
Le processus enclenché par le CCDH met un terme à cette injustice et, en tant qu'organisme consultatif représentant à la fois les institutions officielles et les forces vives de la nation, il reconnaît, même indirectement, la responsabilité de l'Etat dans des actes qui avaient été commis sous son autorité, voire en son nom. La chape de plomb qui était posée sur ce volet du dossier des disparus s'explique aussi par le fait que nombre de responsables à haut niveau, dans des fonctions gouvernementales et dans divers postes de décision, à l'époque de ces faits, comme pendant les premières années de l'indépendance, appartenaient au mouvement national et, pour un certain nombre d'entre eux, ils sont toujours actifs politiquement. L'ouverture qui vient d'être opérée par le CCDH permettra certainement de lever le voile sur cette phase quelque peu trouble et diffuse dans l'histoire du Maroc contemporain et de faire la lumière, sereinement, sur quelques unes des pages les plus sombres dans cette histoire.
Dans cette démarche, il s'agit de réaffirmer, si besoin en est, que la douleur des victimes et de leurs familles est une et indivisible, que la justice et l'équité doivent être rendues à tous ceux qui furent traumatisés dans ces affaires et que, au-delà de la reconnaissance de la peine et des droits des individus et des familles, il s'agit aussi de pacifier une mémoire collective et de mettre à la disposition des chercheurs et des historiens et des citoyens en général le maximum d'éléments leur permettant de se constituer une idée plus juste, plus exhaustive et finalement plus vraie sur notre histoire commune.


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