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Dans le nord-ouest du Nigeria, la violence des groupes criminels va crescendo
Publié dans Barlamane le 29 - 05 - 2020

L'évolution de la situation dans une région où agriculteurs et éleveurs se disputent les terres et l'eau inquiète les observateurs.
Depuis le 25 mai 2020, une centaine de villageois ont été tués par des « bandits », dans l'Etat de Sokoto (nord-ouest du Nigeria). Cette région est devenue le théâtre d'intenses violences qui inquiètent les spécialistes de la sécurité dans la région. Jusqu'à présent, ces groupes de bandits ne se revendiquaient d'aucune idéologie particulière. Mais pour certains observateurs, cette région pourrait devenir une « passerelle » avec les mouvements djihadistes du Sahel et du lac Tchad.
Lors des attaques du 27 mai, toutes les victimes « ont été abattues par balles, et la plupart ont été visées à la tête », a rapporté une autre source hospitalière, laissant en imaginer la violence. Des dizaines d'hommes armés sont arrivés à moto dans plusieurs villages du district de Sabon Birni.
Ces attaques, particulièrement meurtrières, s'ajoutent à d'autres commises dans le même district le 25 mai. Selon des sources locales, 18 personnes avaient alors été tuées.
Depuis de nombreuses années, le nord-ouest du Nigeria est le foyer de groupes criminels, appelés communément « bandits ». Ceux-ci terrorisent les populations, commettent des attaques contre les civils pour voler le bétail ou les terres. Ils se livrent aussi à des enlèvements contre rançon.
Depuis 2011, ces violences ont causé la mort de quelque 8 000 personnes et entraîné le déplacement de plus de 200.000 civils, selon les estimations des chercheurs de l'International Crisis Group (ICG).
L'aviation nigériane mène des raids depuis quelques jours, notamment dans les Etats voisins de Zamfara et Katsina. Elle a affirmé avoir tué des centaines de combattants dans des bombardements ciblés.
Dans certains Etats, les autorités ont tenté de mener des pourparlers de paix entre les civils organisés en milices d'autodéfense et les bandits. Mais jusqu'à présent, les deux camps refusent de déposer les armes, dans un contexte incertain.
Pour l'instant, l'établissement d' »une paix durable est un objectif inaccessible », constate l'étude d'International Crisis Group citée plus haut. Selon cette source, la violence est liée à la compétition pour les terres et pour l'eau « que se livrent les éleveurs, majoritairement des Peuls, et les agriculteurs, principalement des Haoussas. Elle s'est intensifiée avec l'extension du crime organisé ».


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