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Le Maroc perçoit la question du Sahara «comme existentielle» tandis qu'elle est devenue pour les généraux algériens «une rente de situation», écrit "Jeune Afrique"
Publié dans Barlamane le 26 - 08 - 2024

Dans ses relations avec le Maroc, l'Algérie défie les lois de la météorologie depuis de nombreuses décennies : temps sombre, des fluctuations et des orages, au mépris de la réalité et de la justice. Dans son éditorial, François Soudan retrace les origines de rapports tumultueux, voire antipathiques, qui remontent aux premières heures de l'indépendance.
Le mois d'août est un mois «décidément fatal à l'idéal maghrébin» se hérisse François Soudan dans la dernière livraison de Jeune Afrique : en 2021, l'Algérie d'Abdelmadjid Tebboune a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc. «Depuis, rien, absolument rien, malgré les rituels plaidoiries du souverain chérifien pour un retour à la normale, n'indique que les frères ennemis en sont au moins ne serait-ce que de se reparler, tant leur incompatibilité semble être devenue structurelle», juge l'éditorialiste, rappelant que depuis trente ans, le 27 août 1994, les frontières terrestres entre les deux pays sont fermées, «une aberration», selon lui.
Le Maroc a toujours respecté ses engagements envers son voisin de l'ouest, «le comportement du roi Mohammed V pendant la guerre d'Algérie fut en tout point honorable. Il opposa un refus catégorique aux offres françaises de rétrocéder au royaume la région de Tindouf en échange de la liquidation des sanctuaires du FLN installés dans l'Oriental marocain et balaya d'un revers de la main le projet de partition Nord-Sud de l'Algérie auquel la puissance coloniale proposait d'associer le Maroc», a-t-on rappelé.
Puis vint la guerre des Sables d'octobre 1963, un épisode «traumatisant» pour les Algériens, bien que les Marocains estiment que leur soutien à la lutte de libération algérienne ne leur a rapporté «que provocation et déstabilisation.» Il s'agit en gros de deux régimes différents : une monarchie séculaire contre une jeune république révolutionnaire érigée en 1962. Selon M. Soudan, le conflit du Sahara «n'est pas la cause de la profonde mésentente entre le Maroc et l'Algérie, il en est la conséquence» mais la Marche-Verte a changé la donne. Elle a permis au roi Hassan II, entre autres, d'«instaurer l'union sacrée autour du trône [et de] faire figure de libérateur comme son père.» Les Marocains «agitaient de longue date la question de la marocanité de ce territoire tout simplement parce qu'elle ne pouvait saper. Quant aux Sahraouis, ils étaient Marocains, l'ayant toujours été», narre M. Soudan.
Un expansionnisme algérien qui ne dit pas son nom
En s'opposant à la récupération par le Maroc du Sahara, l'Algérie de Houari Boumédiène visait «un débouché sur l'Atlantique par Etat vassal interposé, lequel couperait le Maroc de tout prolongement vers l'Afrique subsaharienne, maintenant un rapport de force militaire financièrement contraignant pour le royaume afin de l'affaiblir», observe l'éditorialiste français. Pour lui, rares sont les dirigeants algériens qui ont tenté «d'outrepasser ce qui était devenu pour les généraux une rente de situation en engageant un dialogue de fond avec le Maroc.» Le royaume chérifien perçoit la question du Sahara «comme existentielle» et la perspective d'abandonner ce territoire «est d'autant plus inimaginable que la marocanité de ce territoire [est inscrite] au cœur même de l'ADN des Marocains [et] c'est au roi Mohammed VI qu'ils le doivent. Tout comme les Sahraouis doivent à ce souverain d'avoir préservé leur identité culturelle et de bénéficier du développement accéléré de leur région – choses aisément vérifiables pour qui prend la peine de s'y rendre», a-t-on considéré.
Pour la haute hiérarchie militaire algérienne, le budget militaire colossal du pays «est aussi une assurance-vie qui lui permet de se maintenir au cœur du pouvoir et de jouer un rôle durable», attendu qu'elle considère toute éclaircie dans le ciel avec le Maroc comme «un affaiblissement de son poids et sa réduction au rang de grande muette politique, ce qu'elle juge inenvisageable.»
«Le drame, dans cette affaire, c'est que les deux peuples ne se connaissent plus, ne se comprennent plus. Longtemps les Marocains ont cru que la grande majorité des Algériens ne suivaient pas leurs dirigeants, que la crise avec le royaume ne les concernait pas, que le Sahara occidental les laissait indifférents, qu'ils avaient bien d'autres chats à fouetter et qu'il suffirait d'ouvrir les frontières pour assister partout à des scènes de fraternisation. Mais des décennies de slogans d'incompréhension ont fait leur œuvre, génération après génération», atteste M. Soudan. Pour lui, «la frontière reste un serpent de fer qui ne sera pas rouvert de sitôt.»
Le journaliste interroge la mémoire du temps «où Lions et Fennecs célébraient ensemble leurs victoires respectives, où l'on se rendait d'Oujda à Tlemcen comme on visitait sa famille.» Un temps «d'avant les tranchées, les barbelés, et le rideau de fer», conclut-il, taciturne.


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