Suite à l'élimination d'Ali Larijani, chef de l'appareil sécuritaire iranien, plusieurs pays arabes font les frais des ripostes de Téhéran. La situation au Moyen-Orient se complexifie face à la poursuite des frappes israéliennes et à l'implication collatérale des États de la région, victimes des représailles iraniennes. Alors qu'Israël a promis d'éliminer une longue liste de hauts responsables des Gardiens de la révolution, Téhéran a juré de venger ses pertes stratégiques. Mercredi soir, la République islamique a ainsi lancé plusieurs frappes visant des infrastructures énergétiques dans les pays du Golfe. L'Arabie saoudite et le Qatar ont tous deux annoncé avoir été la cible de ces attaques. Dans la capitale saoudienne, Riyad, des tirs de missiles iraniens ont fait quatre blessés, touchés par des éclats de projectiles. Par ailleurs, les autorités saoudiennes ont fait état de cinq drones interceptés à proximité d'une installation énergétique dans l'est du royaume. De son côté, le Qatar a déploré des « dégâts considérables » sur sa principale installation gazière, dénonçant une « menace directe pour sa sécurité nationale ». En réaction, Doha a immédiatement ordonné l'expulsion des attachés militaire et de sécurité iraniens, ainsi que de leurs équipes en poste à l'ambassade d'Iran. « Les attachés militaire et de sécurité au sein de l'ambassade, ainsi que le personnel de leurs bureaux, sont déclarés personae non gratae. Il leur est demandé de quitter le territoire dans un délai maximal de 24 heures », a indiqué le ministère qatari des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux. D'autres frappes de missiles, qu'Israël attribue à l'Iran, ont également visé la Cisjordanie occupée. Selon le Croissant-Rouge palestinien, trois Palestiniens y ont été tués par des éclats de projectiles mercredi soir. Les secouristes ont fait état d'un bilan de trois morts et cinq blessés, dont l'un se trouve dans un état critique. Il s'agit de la première fois que des Palestiniens sont victimes de tirs iraniens depuis le début de cette guerre, déclenchée par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février dernier. Parallèlement, l'armée israélienne a annoncé dans un communiqué avoir mené des frappes aériennes dans le nord de l'Iran « pour la première fois ». Cette escalade de violence installe un cercle vicieux d'attaques et de représailles entre les belligérants, entraînant les pays arabes dans le conflit malgré eux. Téhéran a par ailleurs menacé de détruire d'autres infrastructures énergétiques, sans préciser lesquelles. Bien que cette rhétorique belliqueuse s'adresse principalement aux États-Unis et à Israël, ce sont les pays du Golfe qui subissent l'essentiel de ces attaques. Ces menaces du régime iranien font suite à une attaque israélienne qui a visé le champ gazier de South Pars/North Dome. « Nous vous avertissons une fois de plus que vous avez commis une grave erreur en attaquant les infrastructures énergétiques de la République islamique et que la réponse à cette attaque est en cours », ont déclaré les Gardiens de la révolution, cités par l'agence de presse iranienne Fars.