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Vie et mort du principe de non-ingérence algérien (1962-2025)
Publié dans Barlamane le 03 - 01 - 2025

Les récentes aventures diplomatiques algériennes risquent de compromettre encore la crédibilité du régime. En tentant de s'imposer comme médiateur dans les crises régionales, l'Algérie s'expose à des critiques croissantes, notamment de la part de ses voisins africains. L'échec de sa proposition de transition au Niger a mis en évidence son isolement croissant sur la scène internationale, tandis que son alignement stratégique sur des partenaires étrangers renforce l'image d'un régime qui cherche à préserver son pouvoir à tout prix, au détriment des principes qu'il prétend défendre.
«Persistance des actes d'ingérence», «proximité et complicité de l'Algérie avec les groupes terroristes qui déstabilisent le Mali et à qui elle a offert le gîte et le couvert», «nouvelle ingérence de l'Algérie dans les affaires intérieures du Mali», condamnée avec la dernière vigueur : Jamais Bamako n'a été aussi sanguin dans une sortie diplomatique. Les récents événements au Mali et au Niger et même au Maroc ont révélé les contradictions structurelles du régime algérien dans son application du principe de non-ingérence. Derrière son discours habituel, une manœuvre qui ne trompe personne : maintenir un rôle central dans les fluctuations régionales tout en marginalisant l'influence d'acteurs extérieurs, notamment celle de la France et des puissances africaines anglophones.
Si Bamako «rappelle que les options stratégiques pour la lutte contre les groupes armés terroristes, soutenus par des sponsors étatiques étrangers, relèvent exclusivement de la souveraineté du Mali», elle a invité Alger «à cesser de faire du Mali un levier de son positionnement international.» En parallèle, l'Algérie avait proposé au Niger un plan de transition rejeté par plusieurs parties prenantes. Ce comportement démontre que le régime ne se contente plus de prôner la souveraineté des Etats, mais cherche désormais à façonner activement les équilibres régionaux. Cette contradiction flagrante a nourri les soupçons selon lesquels la doctrine de non-ingérence, si souvent évoquée, n'est qu'un outil rhétorique au service des intérêts géopolitiques algériens.
Une hypocrisie entretenue par des alliances sélectives
L'alliance croissante de l'Algérie avec des puissances étrangères illustre également l'application opportuniste de sa doctrine. Alors que le régime s'érige en défenseur de l'indépendance africaine face à l'ingérence occidentale, il multiplie les accords économiques et militaires avec Moscou et Pékin, à titre d'exemple. Ces deux capitales sont fortement présentes au Mali qui avait annoncé le 25 janvier 2024 la «fin, avec effet immédiat», de l'accord de paix d'Alger, signé en 2015 et longtemps considéré comme ineffectif, surtout depuis la reprise en 2023 des hostilités contre l'Etat central et l'armée malienne par les groupes séparatistes à dominante touareg du Nord soutenus par Alger, dans le sillage du retrait de la mission des Nations unies (Minusma), après dix années de présence.
La répression interne, un miroir des contradictions externes
Sur le plan interne, le régime algérien exploite le discours de la non-ingérence pour justifier la répression des oppositions politiques et des mouvements sociaux. Depuis le début du soulèvement populaire en 2019, les accusations de «collusion avec l'étranger» se sont multipliées contre des journalistes, des militants et des organisations de la société civile. Cette rhétorique atteint son paroxysme lorsqu'elle est utilisée pour justifier des politiques répressives. La loi de 2012 sur le financement des ONG, qui impose une autorisation préalable pour tout soutien extérieur, illustre cette volonté de couper la société civile algérienne de ses relais internationaux. Ce verrouillage, présenté comme une défense contre l'ingérence, n'est en réalité qu'un outil destiné à museler les voix dissidentes.
Alors que le régime persiste à détourner le principe de non-ingérence, la société algérienne, elle, aspire à une redéfinition de ce cadre doctrinal. Cette fracture se reflète également dans le rôle grandissant de la diaspora algérienne. En fédérant des collectifs internationaux pour soutenir les revendications démocratiques, elle s'est placée en opposition directe au discours officiel, affirmant que le lien avec l'étranger ne doit plus être perçu comme une menace, mais comme une opportunité de renouvellement politique.
Une diplomatie qui s'enlise
Le discours de la non-ingérence, longtemps pierre angulaire de la diplomatie algérienne, se heurte aujourd'hui à ses propres contradictions. Entre ingérences déguisées à l'étranger et verrouillage autoritaire à l'intérieur, le régime sacrifie la cohérence de sa doctrine à des intérêts stratégiques immédiats. Ce choix, s'il persiste, pourrait accélérer la perte de légitimité d'un pouvoir déjà contesté.
Historiquement, la non-ingérence a servi de cadre à la construction de l'Etat algérien postindépendance. Ce principe a été érigé pour cimenter la souveraineté nationale et pour faire face aux ingérences extérieures, notamment celles de l'ancienne puissance coloniale. Le cas du Sahel illustre, définitivement, l'approche à géométrie variable adoptée par Alger. Elle s'est transformée en une arme politique flexible mais rouillée, utilisée pour couvrir les failles du régime.


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