Dans le cadre de la BIENALSUR, la Biennale internationale d'art contemporain du Sud, le Musée national de la photographie réunit onze artistes de cinq pays autour d'une exposition qui célèbre l'imaginaire, la joie et la pluralité des regards. Un pari lumineux face au désenchantement du monde. Depuis le 24 mars et jusqu'au 24 août prochain, le Musée national de la photographie de Rabat se fait le théâtre d'une expérience artistique singulière. L'exposition collective internationale «Let's Play – Réenchanter le monde», organisée dans le cadre de la BIENALSUR (Biennale internationale d'art contemporain du Sud), rassemble photographes et vidéastes marocains, argentins, brésiliens, espagnols et néerlandais. Leur point commun : convoquer la puissance de l'imagination, la force des rêves et l'aspect ludique pour interroger la condition humaine et proposer une alternative lumineuse à un monde souvent perçu comme fragmenté, fragile ou désenchanté. Un dialogue artistique aux accents universels L'exposition, dont le parcours a été conçu comme un dialogue choral, réunit onze artistes aux sensibilités diverses. Du côté marocain, Amine Oulmakki, Abdelhamid Belahmidi, Mouna Karimi, Laila Hida, Seif Kousmate et Déborah Benzaken confrontent leurs regards à ceux de Marcelino Melo (Brésil), Aimée Zito Lema (Pays-Bas, Argentine), Jordi Colomer (Espagne), Gabriela Bettini et Marcos López (Espagne, Argentine). La curation est assurée conjointement par Soufiane Er-Rahoui, directeur du Musée national de la photographie, et Diana Wechsler, commissaire argentine de la BIENALSUR. Cette manifestation marque le deuxième volet d'une collaboration initiée en 2023 entre le musée et la biennale. Elle s'inscrit dans un parcours international qui a déjà fait étape à Buenos Aires, Riyad et Madrid, et qui poursuit son itinéraire à travers le monde. Pour Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées (FNM), cette arrivée de la BIENALSUR à Rabat consacre «l'ouverture du Maroc et de la photographie marocaine sur le monde». Il confie vouloir, à travers cette exposition, «redonner au monde sa magie». Une proposition poétique et engagée Face aux sentiments de perte de sens, de désenchantement ou de fragilité qui traversent notre époque, les œuvres présentées ouvrent des espaces de rêveries partagées. «L'enchantement» y devient un outil de réflexion et de résistance poétique. Les clichés photographiques, souvent documentaires, capturent des scènes, des situations et des expressions humaines venues de différents pays, mais les transcendent par une approche résolument tournée vers l'imaginaire. «Ce projet apporte une nouvelle lecture sur une actualité sensible», explique Juana Carranza Vélez, coordinatrice de BIENALSUR. «Il est essentiel de trouver de nouvelles approches à même d'enrichir cette expérience artistique» L'ambition de l'exposition, souligne la FNM, est d'offrir un nouveau regard sur notre réalité, de redécouvrir la pluralité des significations, la richesse des sensations et l'étendue des possibles. Le visiteur est invité à renouer avec une relation plus authentique à la réalité, à l'imaginaire et à l'émerveillement. Sami Nemli / Les Inspirations ECO