Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'est dit jeudi «très désireux» de s'attaquer aux fonctionnalités les plus addictives des réseaux sociaux, après une décision de justice américaine jugeant Instagram et Youtube responsables des problèmes de santé mentale d'une jeune Californienne. Comme de nombreux pays, le Royaume-Uni est pressé d'agir pour protéger les mineurs sur les réseaux sociaux, des milliers de familles et professionnels de l'éducation accusant ces plateformes de causer des troubles mentaux aux jeunes. Dans un verdict inédit, un jury américain a conclu mercredi qu'Instagram et Youtube étaient responsables du caractère addictif de leurs plateformes. Les deux entreprises ont été condamnées à verser un total de 6 millions de dollars (5,20 millions d'euros) à la plaignante, Kaley G.M., une Américaine de 20 ans qui les accuse d'avoir alimenté sa dépression et ses idées suicidaires à l'adolescence. Keir Starmer, Premier ministre britannique, a déclaré que son gouvernement étudierait «très attentivement» cette décision. «Le statu quo n'est pas suffisant. Nous devons en faire plus pour protéger les enfants», a réagi le Premier ministre lors d'un déplacement en Finlande, se disant «très désireux d'en faire davantage concernant les fonctionnalités les plus addictives des réseaux sociaux». Le gouvernement travailliste a lancé une consultation sur l'opportunité de suivre l'exemple de l'Australie, qui a en décembre interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Cette consultation, qui doit se terminer le 26 mai, envisage aussi d'autres types de restrictions, comme une interdiction des fonctionnalités addictives telles que le «scrolling», défilement ininterrompu de contenus. La Chambre des Lords, chambre haute du Parlement britannique, a voté une deuxième fois mercredi en faveur d'une interdiction totale des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le 10 mars, les députés de la Chambre des communes, où le parti travailliste dispose d'une large majorité, ont rejeté cette proposition. Le chef du gouvernement britannique n'a pas écarté la possibilité d'une interdiction, sur le modèle australien, mais préfère attendre les conclusions de la consultation avant de décider du type de mesure à adopter.