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Le rôle trouble du ministère algérien de la défense dans le soutien militaire à Bachar al-Assad
Publié dans Barlamane le 12 - 02 - 2025

Derrière le refus des nouvelles autorités syriennes de libérer des mercenaires algériens et séparatistes se cache une collaboration militaire secrète mais soutenue, guidée depuis Alger par le ministère algérien de la défense en faveur de l'ancien président Bachar Al-Assad. Depuis 2011, des soldats et des combattants du Front Polisario ont été envoyés en Syrie pour soutenir les forces loyalistes, leur formation et leur déploiement étant supervisés par les autorités militaires algériennes.
L'implication d'Alger en Syrie, longtemps dissimulée derrière une façade diplomatique, se révèle sous un jour troublant, notamment à la lumière des récentes révélations concernant l'arrestation de centaines de soldats algériens et de combattants du Front Polisario, une information confirmée par le site qatari Newarab. Capturés lors des derniers combats à Alep par les forces de Hay'at Tahrir al-Sham (HTS) en novembre 2024, ces prisonniers sont désormais au cœur d'une crise silencieuse avec les nouvelles autorités syriennes. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, arrivé à Damas la semaine dernière dans l'espoir de négocier leur libération, est rentré chez lui bredouille. La réponse d'Ahmed Al-Charaa, président intérimaire de la Syrie, a été catégorique : "Non". Ce refus souligne non seulement la fragilité des relations entre Alger et Damas mais révèle également l'envergure de l'engagement algérien en Syrie.
Les documents de renseignement dévoilés par des relais de l'ancienne opposition suggèrent que des soldats algériens et des mercenaires du Polisario, soutenus et formés par Alger, ont rejoint les rangs des forces syriennes dès 2011, au début du conflit. Cette coopération, longtemps passée sous silence, a été coordonnée par les plus hautes instances de l'armée algérienne, notamment le ministère de la défense, qui a supervisé la formation et l'envoi de ces contingents en Syrie. Contrairement à l'Iran et au Hezbollah, qui ont pu retirer leurs forces avant la chute imminente du régime d'Assad, l'Algérie semble avoir été prise de court par l'effondrement rapide du pouvoir syrien en 2012, laissant ses quelque 500 éléments coincés sur place.
Un engagement coupable
Les détails techniques de ce soutien militaire sont tout aussi révélateurs. Le ministère algérien de la défense a utilisé des canaux de communication cryptés pour organiser l'envoi de conseillers militaires et d'experts en guerre asymétrique, notamment des formateurs en techniques de guerre urbaine et de lutte contre-insurrectionnelle. Selon les documents, des unités spéciales ont été déployées pour fournir des conseils tactiques sur le terrain et des équipements militaires sophistiqués, tels que des systèmes de surveillance électroniques et des drones. Cette assistance a permis à Damas de maintenir une surveillance accrue sur les zones de combat et de contrer les offensives de l'opposition armée.
Cependant, le revers diplomatique d'Alger est désormais évident. Alors que les autorités syriennes maintiennent leur refus de libérer les détenus algériens et sahraouis, ce qui aurait été un geste d'ouverture, les implications diplomatiques sont nombreuses. En effet, le Polisario, que l'Algérie soutient fermement, a longtemps bénéficié de la reconnaissance de la Syrie, qui a établi des relations diplomatiques officielles avec lui en 1980. Le silence des responsables algériens et du Polisario, qui se sont contentés d'une dépêche officielle au vitriol, en dit long sur la gravité de la situation.
Le Maroc, soutien fidèle du peuple syrien
En parallèle, le roi Mohammed VI est le premier dirigeant maghrébin à avoir félicité le nouveau gouvernement syrien. Le souverain chérifien a réaffirmé son soutien aux «aspirations du peuple syrien», ouvrant ainsi la voie à une normalisation des relations entre le Maroc et la nouvelle Syrie, au moment même où Alger voit ses alliés se distancer. Un retournement stratégique que l'Algérie risque de payer cher, tant sur le plan diplomatique que sur le plan militaire, si la Syrie décide de tourner le dos à ses choix politiques passés.


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