Directeur exécutif de FLM Markets À quelques semaines du lancement du marché à terme, prévu le 6 avril, le prêt-emprunt de titres s'impose comme l'un des points techniques les plus débattus. Pour Farid Mezouar, directeur exécutif de FLM Markets, cet instrument contribue à la sophistication de la place, sans en constituer un préalable absolu. Le prêt-emprunt de titres est-il une condition indispensable au bon fonctionnement d'un marché à terme ? Le prêt-emprunt de titres est certes important pour le fonctionnement du marché à terme, mais il n'est pas indispensable, dans la mesure où des banques d'affaires ou des salles de marché peuvent, par exemple, structurer d'autres outils techniques pour gérer des stratégies de couverture à la baisse. Cette lecture ne contraste-t-elle pas avec une approche plus théorique, qui fait du prêt-emprunt un levier central de liquidité et d'animation ? Sur un marché haussier, où l'indice principal a enregistré presque 50% de hausse en deux ans, il y aura peu d'intervenants qui vont s'aventurer à parier sur la baisse du marché : autrement dit, emprunter des titres pour les revendre et espérer une baisse du marché pour les racheter et faire une plus-value. La faible diffusion du prêt-emprunt de titres s'explique-t-elle par l'immaturité du cadre juridique ? Dans les années 2000, ces techniques ont commencé à être utilisées, à une époque où l'activité n'était pas encore encadrée par des règles strictes. Ensuite, le besoin d'un cadre juridique plus solide s'est imposé. Cet encadrement juridique plus strict a été mis en place par la suite. Ce type d'instrument peut-il constituer un levier crédible pour améliorer l'attractivité internationale de la place de Casablanca, notamment au regard des critères qualitatifs retenus par les grands indices comme le MSCI ? Concernant les grands indices internationaux, dont le MSCI, toute sophistication supplémentaire du marché constitue un élément positif pour une place financière. À ce titre, le développement d'instruments comme le prêt-emprunt de titres contribue à renforcer l'attractivité de la Bourse de Casablanca aux yeux des investisseurs internationaux. Plus l'architecture de marché gagne en profondeur et en standards opérationnels, plus la place gagne en crédibilité. Comment interpréter la concentration du prêt-emprunt de titres sur les Bons du Trésor, qui représentent près de 98% des volumes ? Les Bons du Trésor sont surtout utilisés dans des opérations de placement sur des niveaux de prix relativement stables, avec un recours au prêt-emprunt à des fins de financement. C'est ce qui explique la bonne tenue de cette activité sur cette classe d'actifs. Comment anticipez-vous concrètement le démarrage du marché à terme dès le 6 avril, et avec quel degré de liquidité sur les premiers échanges ? La réponse se trouve d'abord du côté des sociétés de bourse, dans la manière dont elles s'organisent et se préparent pour le 6 avril. Ce sont elles, en collaboration avec la Bourse de Casablanca et l'AMMC, qui portent le montage et le schéma opérationnel. Il s'agit d'un nouveau compartiment, qui exige une préparation adéquate pour cette activité, sinon la date n'aurait pas été annoncée. Ceci dit, il n'est pas possible de prévoir à ce stade la liquidité. Mais l'on peut espérer, pour le bon fonctionnement du marché, qu'il y ait de la liquidité et que le contrat offert sur le MASI 20 ait une profondeur suffisante pour permettre aux investisseurs d'acheter et de vendre les différents contrats. Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ECO