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Au Maroc, l'opacité des marchés d'études fragilise la gouvernance locale
Publié dans Barlamane le 07 - 03 - 2025

L'examen des procédures met en lumière des défaillances majeures : imprécision des besoins, définition approximative des coûts, favoritisme dans le choix des bureaux d'études. Les règles élémentaires de la concurrence sont régulièrement bafouées, concentrant ces commandes entre les mains d'un cercle restreint d'opérateurs privilégiés. Les chantiers relevant des programmes de réhabilitation urbaine ne sont pas en reste. Appels d'offres tronqués, entreprises sélectionnées sans qualification suffisante, paiements indus pour des prestations non conformes ou inachevées : autant de pratiques qui gangrènent la gestion locale. À cela s'ajoutent des délais d'exécution aléatoires, des défauts structurels dans les ouvrages livrés et l'absence de sanctions à l'encontre des entreprises défaillantes.
Un faisceau d'irrégularités entache la gestion des marchés d'études au sein des collectivités territoriales marocaines, révélant un système où l'arbitraire le dispute à l'inconséquence. À la faveur de procédures imprécises et d'une absence de contrôle rigoureux, des enveloppes substantielles sont allouées à des études sans objet, consacrées à des projets chimériques.
Les inspections menées par le Cour des comptes et l'Inspection générale de l'administration territoriale (IGAT) font état d'appels d'offres flous, d'adjudications orientées et d'une concentration des marchés entre les mains d'un cercle restreint de bureaux d'études. Ces carences ne se bornent pas aux études préliminaires : elles affectent également l'exécution des projets dont la mise en œuvre s'enlise dans des lenteurs bureaucratiques et des errements techniques.
Dans le cadre des programmes de réhabilitation urbaine, les anomalies se multiplient. Des entreprises dépourvues de compétences suffisantes se voient confier d'importants chantiers, des paiements sont versés pour des travaux imparfaits, et les pénalités contractuelles demeurent lettre morte. Les conséquences se mesurent aux retards accumulés, aux malfaçons constatées et aux surcoûts qui grèvent les finances locales.
Sur le front budgétaire, le constat est tout aussi sévère. Le Conseil supérieur des comptes relève un déséquilibre persistant entre recettes et dépenses, nourri par une inflation artificielle des charges et une mobilisation défaillante des ressources. L'absence de vision stratégique, conjuguée à un recensement lacunaire du potentiel fiscal, fragilise durablement les équilibres financiers des collectivités. Alerté par l'ampleur des dysfonctionnements, le ministère de l'Intérieur s'apprête à saisir la justice. Plusieurs dossiers devraient être transmis aux juridictions compétentes, dans l'attente de sanctions à la mesure des atteintes portées à la rigueur budgétaire et à l'éthique de la gestion publique.


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