La capacité totale de stockage de gasoil et d'essence disponible au Maroc a atteint 1,15 million de tonnes (MT) en 2024, enregistrant une progression de 7,4 % par rapport à l'année précédente, selon le dernier rapport du Conseil de la concurrence. Cette évolution découle de la recomposition progressive du paysage national de la distribution pétrolière, marquée par l'émergence de nouveaux intervenants sur le marché de l'importation et de la vente en gros. Le rapport, portant sur le premier trimestre 2025, dresse également un état des lieux des performances financières des entreprises signataires d'accords transactionnels avec le Conseil (CC), au titre de l'exercice 2024. «L'année 2024 amorce une phase de mutation ordonnée du marché, caractérisée par une redistribution des parts entre opérateurs historiques et nouveaux entrants», souligne le document. Bien que le nombre d'entreprises agréées à l'importation soit demeuré stable à 31, la prépondérance des neuf principaux distributeurs a reculé à 84 % contre 89 % en 2023, au bénéfice de sociétés telles que BGN Energy Maroc ou BB Energy Morocco. Le secteur de la distribution a connu, lui aussi, une extension tangible du maillage territorial. Pas moins de 184 stations-service supplémentaires ont été mises en service durant l'année, portant le total national à 3 534 points de vente, dont 72 % sont affiliés aux neuf groupes historiques. Cette densification du réseau contribue à remodeler progressivement l'équilibre concurrentiel. À la clôture du premier trimestre 2025, le volume global de stockage disponible s'établit à 1,57 MT, un niveau comparable à celui observé au terme de l'année précédente. Ce suivi trimestriel s'insère dans le dispositif de vérification des engagements contractés par les entreprises concernées, en vertu des accords transactionnels signés avec le Conseil de la concurrence, dans le sillage des enquêtes relatives aux pratiques anticoncurrentielles sur les carburants. Le rapport met en exergue un essor de recomposition progressive plutôt que de rupture brutale, dans un secteur longtemps figé autour de structures dominantes.