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La Bourse de Casablanca atteint des sommets inédits mais la rareté des introductions interpelle
Publié dans Barlamane le 11 - 08 - 2025

La Bourse de Casablanca enregistre, depuis le début de l'année, une progression d'ampleur exceptionnelle, marquée par des records successifs de son indice principal, de sa capitalisation globale et d'un élargissement sensible de sa base d'actionnaires, rapporte Asharq Business. Néanmoins, la rareté des introductions – limitées à une seule opération par an – continue de freiner l'essor de la cote et d'en restreindre l'apport au financement de l'économie marocaine.
En décembre 2024, l'indice MASI se situait à 14 773 points. Il évolue désormais au-delà de 19 000, soit une hausse supérieure à 34 % au 10 août. Pour Asharq Business, «le franchissement du seuil des 20 000 points n'est plus qu'une question de temps». Cette envolée a permis, en juillet, à la capitalisation boursière de dépasser pour la première fois le trillion de dirhams, avant de gagner plus de 30 milliards supplémentaires et de se rapprocher d'un nouveau sommet.
Des opérations de marché aux proportions remarquables
L'essor récent du marché s'est traduit par deux levées de fonds marquantes. La société Vicenne, spécialisée dans les équipements médicaux, a levé 500 millions de dirhams (55 millions de dollars) et recueilli des souscriptions pour 32 milliards de dirhams, soit un taux de couverture avoisinant 65 fois, émanant de 37 000 investisseurs issus de 56 nationalités. Dans le même mois, TGCC, première entreprise de construction cotée, a procédé à une augmentation de capital de 2,2 milliards de dirhams (234 millions de dollars), attirant 82 000 souscripteurs de 65 nationalités pour un total de 92,6 milliards de dirhams, soit un taux de couverture de 42 fois.
D'après Asharq Business, «le montant colossal des demandes recueillies par cette société équivaut à celui des introductions en Bourse au Maroc depuis 2022, estimé à près de 98,4 milliards de dirhams». Cette observation met en évidence, selon la même source, l'intérêt soutenu des investisseurs pour les sociétés du secteur de la santé, portées par la généralisation de la couverture médicale, et pour celles du bâtiment, stimulées par de vastes chantiers engagés en vue de la Coupe du monde 2030.
Un environnement économique porteur
Pour Farid Mezouar, directeur exécutif du cabinet FLMarkets, «l'essor actuel de la Bourse offre une occasion unique aux entreprises qui envisagent une cotation de hâter leur décision». Il estime que «l'année en cours et la prochaine pourraient enregistrer un nombre record d'introductions, plusieurs sociétés ayant déjà manifesté leur intention d'entrer en Bourse».
Ce mouvement s'appuie sur un contexte macroéconomique favorable : croissance attendue du produit intérieur brut au-delà de 4 % en 2025 contre 3,8 % en 2024, inflation maintenue en deçà de 2 % depuis janvier, et taux d'intérêt à 2,25 %. Cette combinaison, précise Asharq Business, incite les investisseurs à privilégier les actions plutôt que les obligations.
De son côté, Tarik Senhaji, directeur général de la Bourse de Casablanca, affirme que «la cote dispose d'une réelle capacité à accompagner les grands projets d'investissement du Royaume, tout en soutenant les entreprises, quelle que soit leur taille». Il ajoute que «les sociétés croissent et prospèrent dès lors qu'elles rejoignent la cote, ce qui leur offre des perspectives élargies de développement et de financement ; l'indice principal affiche des gains supérieurs à 30 %, reflet de la confiance des investisseurs dans la solidité de l'économie marocaine et dans le potentiel de croissance des entreprises».
Des ambitions freinées par la lenteur des introductions
Le gouvernement cherche à encourager l'accès à la cote des petites et moyennes entreprises, en leur offrant des conditions allégées : réduction de moitié de l'impôt sur les sociétés pendant trois ans et abattement équivalent sur les frais liés à l'introduction.
Or, Asharq Business relève que «les dernières introductions se sont faites sans participation de l'Etat, bien que celui-ci ait prévu depuis plusieurs années de céder certaines participations, notamment via la Bourse». M. Mezouar estime que «le gouvernement doit contribuer à la dynamique de la cote en introduisant des entreprises publiques pour financer ses plans d'investissement, telles que le groupe Tanger Med, Royal Air Maroc ou encore la Société nationale des autoroutes du Maroc».
Selon lui, «une telle démarche permettrait d'éviter le recours à l'endettement extérieur, coûteux en intérêts et en devises».
Une offre insuffisante face à une demande croissante
La cote casablancaise ne réunit actuellement que 78 sociétés, et les nouvelles introductions ne dépassent pas une par an, souvent concentrées sur le second semestre. L'objectif officiel – porter ce nombre à 300 d'ici 2035 – nécessiterait l'admission de deux sociétés par mois durant une décennie.
M. Mezouar observe que «les introductions réalisées ces dernières années ont rencontré un franc succès et encouragé d'autres entreprises à suivre cette voie, renforçant la confiance des investisseurs». Il ajoute toutefois que «le rythme des introductions doit s'accélérer pour tirer pleinement parti de l'élan actuel».
Certaines sociétés introduites ont vu leur valeur s'apprécier de manière spectaculaire : en 2022, Akdital (hôpitaux privés) a été cotée à 300 dirhams ; elle dépassait 1 500 dirhams fin juillet. CFG Bank, introduite en 2023 à 100 dirhams, se négocie autour de 250 dirhams. Enfin, Vicenne, admise en juillet, a vu son cours doubler à 465 dirhams début août.
Perspectives et avertissements
L'attrait actuel est renforcé par la mise en œuvre de projets d'infrastructures, de dessalement et d'énergies renouvelables, pour un montant global estimé à 170 milliards de dollars sur cinq ans, avant la Coupe du monde 2030, ce qui a soutenu les valeurs bancaires et celles du bâtiment, indique Asharq Business. Plusieurs sociétés projettent une introduction prochaine : Dislog (produits alimentaires et d'hygiène), Cash Plus (transfert d'argent et change) et Oncorad (santé privée).
Toutefois, CIH Capital Management, filiale du Crédit immobilier et hôtelier, a récemment averti contre «un risque de surévaluation dans certains secteurs, au premier rang desquels le bâtiment et la santé», évoquant la possibilité «d'une correction à court terme».
Abderrazak Elmagharoui, directeur général de Serval Asset Management, nuance cette analyse : «Ce n'est pas la première fois que l'on évoque une surévaluation et une correction imminente». Pour lui, «l'élan actuel repose sur des bases économiques solides, des perspectives favorables et une confiance marquée des investisseurs». M. Mgharoui souligne que «plusieurs sociétés ont vu la valeur de leurs actions progresser grâce à l'expansion réelle de leurs activités, à l'image d'Akdital, qui investit désormais à l'étranger, y compris en Arabie saoudite ou encore de TGCC, engagée dans de grands projets liés à la Coupe du monde 2030».
Il conclut : «On observe un net déplacement des préférences des investisseurs vers les sociétés affichant une croissance tangible de leurs résultats et une expansion effective de leurs projets, ce qui reflète une stratégie orientée vers la recherche d'opportunités de croissance durable».


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