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Sel, sucre, étiquettes... ce que savent vraiment les Marocains sur leur alimentation
Publié dans Hespress le 11 - 08 - 2025

Une étude exploratoire vient de mettre en lumière un constat préoccupant. Un certain nombre de Marocains éprouvent des difficultés à déterminer avec précision la nature des aliments sains. Une aptitude intimement liée « au niveau de connaissance ainsi qu'à des facteurs sociaux et territoriaux ».
Menée conjointement par des chercheurs de l'Université Sultan Moulay Slimane à Béni Mellal et de l'Université Imam Mohammad Ibn Saoud à Riyad, cette recherche souligne, néanmoins, « un haut niveau de conscience, chez la majorité des Marocains, de l'impact positif que représente la réduction de la consommation de sel et de sucre pour l'amélioration de la santé publique ».
Les résultats, publiés dans la revue Science Direct via Preventive Medicine Reports, mettent en évidence l'influence complexe des paramètres sociaux et démographiques sur les connaissances liées aux habitudes alimentaires. L'écart entre milieux urbains et ruraux est particulièrement marqué : les habitants des villes disposent d'un savoir nutritionnel nettement supérieur à celui des populations vivant dans les campagnes et zones reculées.
L'enquête, réalisée entre octobre 2024 et janvier 2025, a porté sur plus de 1.000 citoyens marocains répartis dans les douze régions du Royaume. Plus de la moitié d'entre eux disposent d'un revenu mensuel ne dépassant pas 400 dollars américains.
La grande majorité des participants affirment « avoir conscience de la relation de cause à effet supposée entre le régime alimentaire suivi et certaines maladies fréquentes chez les Marocains », citant notamment « l'excès de sucre ajouté dans les jus et boissons » ou encore « la consommation excessive d'aliments riches en graisses nocives pour la santé ».
À l'inverse, beaucoup reconnaissent « l'importance d'une consommation régulière de fruits frais, de légumes et d'aliments riches en fibres », ainsi que la nécessité de « vérifier les étiquettes des produits avant de les acheter en magasin ».
L'étude révèle toutefois des divergences de pratiques. À la question de savoir s'ils privilégient les plats préparés à l'extérieur plutôt que les repas cuisinés entièrement à domicile, 493 participants ont admis recourir souvent à cette option, contre 354 qui s'y opposent catégoriquement, invoquant « ses effets néfastes sur la santé ».
Les conclusions pointent également un lien étroit entre culture alimentaire et niveau de revenu, ainsi qu'une observation majeure : la présence d'une « importante fracture entre les connaissances théoriques et les comportements alimentaires réels ».
Face à ce constat, les auteurs insistent sur « la nécessité de stratégies adaptées à chaque contexte pour améliorer les pratiques alimentaires au Maroc ». Car, malgré des connaissances et attitudes globalement positives vis-à-vis d'une alimentation saine, « l'application concrète reste insuffisante, notamment dans les zones rurales et parmi les catégories à faible revenu ».
Parmi les priorités fixées par l'étude figurent « l'éducation ciblée sur l'utilisation des étiquettes nutritionnelles et la planification des repas, la simplification de l'affichage des informations sur les emballages, l'amélioration de la communication nutritionnelle et l'intégration des diététiciens dans les soins de santé primaires ». L'accent est également mis sur « le renforcement des programmes communautaires pour lutter contre la malnutrition et encourager un changement durable ».


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