Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a réaffirmé lundi à Kinshasa que les manifestations qui secouent plusieurs villes marocaines n'affecteront en rien la tenue de la prochaine Coupe d'Afrique des nations (CAN), prévue au Maroc du 21 décembre au 18 janvier. Interrogé à l'issue de la réunion annuelle de la CAF sur une éventuelle modification du calendrier ou du lieu du tournoi, M. Motsepe a assuré que «le Maroc est le plan A, le plan B et le plan C». Le dirigeant sud-africain a souligné que «rien ne justifie un changement de cap», insistant sur la pleine confiance de l'institution envers les autorités marocaines et la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Le Maroc, qui coorganisera la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal, poursuit la construction du plus grand stade de football au monde, destiné à accueillir plusieurs rencontres majeures du tournoi continental. La CAF a confirmé que les travaux, supervisés par le ministère de l'équipement et de l'eau, se déroulent conformément au calendrier fixé. Manifestations sociales et colère de la jeunesse Depuis le début du mois, des rassemblements d'ampleur variable se sont tenus dans plus d'une douzaine de villes marocaines, à l'appel d'un collectif en ligne baptisé Gen Z 212 – en référence à l'indicatif téléphonique national. Les participants dénoncent «le manque de perspectives, la faiblesse du système de santé et la précarité des établissements scolaires». Par ailleurs, des pages algériennes et égyptiennes se sont emparées des protestations d'une partie de la jeunesse relatives à des carences hospitalières et éducatives pour ébruiter la probabilité d'une délocalisation de la prestigieuse compétition africaine. Le mouvement Gen Z a reçu le soutien de plusieurs footballeurs internationaux marocains, parmi lesquels Sofyan Amrabat et Yassine Bounou, qui ont relayé sur les réseaux sociaux les messages du collectif. Malgré ces tensions sociales, la CAF maintient que «la préparation du tournoi se déroule sous de très bons auspices» et que le Maroc demeure «parfaitement en mesure d'accueillir la compétition continentale dans les meilleures conditions». Le royaume accueillera, pour la première fois depuis 1988, la plus prestigieuse compétition du football africain, qui réunira vingt-quatre sélections nationales sur quatre semaines.