La diplomatie maroco-jordanienne a franchi une nouvelle étape, portée par une convergence politique affirmée et un soutien renouvelé aux grandes causes communes, au premier rang desquelles figure la question de l'intégrité territoriale du Royaume. À Rabat, les relations entre le Maroc et la Jordanie ont connu une séquence diplomatique de premier plan à l'occasion des entretiens tenus, mercredi 7 janvier 2026, entre Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, et Mazen Turki El Qadi, président de la Chambre des représentants du Royaume hachémite de Jordanie, selon un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères. Les discussions ont porté en priorité sur les moyens de renforcer la coopération bilatérale et de consolider la coordination politique et institutionnelle entre les deux pays, dans un contexte régional marqué par des défis multiples. Elles s'inscrivent également dans le cadre d'une visite officielle effectuée par M. Mazen Turki El Qadi à l'invitation du président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, visite marquée par la participation de représentants de cinq groupes parlementaires jordaniens. Au fil de ses rencontres, notamment avec M. Nasser Bourita, M. Rachid Talbi Alami et le vice-président de la Chambre des conseillers, Ahmed Akhchichine, le responsable jordanien a tenu à souligner la singularité du partenariat entre les deux Royaumes. Lire aussi : Le Maroc et la Jordanie renforcent leur coordination diplomatique face aux tensions au Moyen-Orient « Le Maroc et la Jordanie partagent les caractéristiques d'un leadership sage, équilibré et doté d'une vision approfondie », a-t-il déclaré, selon le quotidien jordanien Addustour. Il a notamment mis en avant la légitimité historique et religieuse des deux monarchies, leur diplomatie qualifiée de modérée, ainsi que l'enracinement de leurs institutions. Selon lui, ces fondements ont permis aux deux pays de traverser les turbulences régionales tout en préservant leur stabilité et leur crédibilité sur la scène internationale. Pour sa part, le chef de la diplomatie marocaine a rappelé que ce partenariat repose sur une coordination politique et diplomatique avancée. M. Nasser Bourita a déclaré que « Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Sa Majesté le Roi Abdallah II mènent une politique étrangère équilibrée, fondée sur la modération, le dialogue et la recherche de la stabilité », saluant à cet égard l'appui explicite de la Jordanie à l'Initiative marocaine d'autonomie et son soutien constant à l'intégrité territoriale du Maroc. Le soutien de la Jordanie à l'intégrité territoriale du Maroc La question du Sahara marocain a occupé une place centrale dans les déclarations du président de la Chambre des représentants jordanienne. Celui-ci a réaffirmé « le soutien clair et constant de la Jordanie à l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc », soulignant l'adhésion de son pays à une solution conforme à la légalité internationale. Il a, dans ce cadre, fait référence à la dernière résolution du Conseil de sécurité 2797, adoptée en octobre 2025, ainsi qu'à l'Initiative d'autonomie proposée par le Maroc, qu'il a qualifiée de « solution pratique et réaliste ». Sur le plan institutionnel, le parlementaire jordanien a mis en avant le rôle stratégique de la coopération parlementaire, qu'il considère comme un pilier essentiel du partenariat bilatéral. Il a jugé « primordial » la signature d'un mémorandum d'entente entre les parlements des deux pays afin de renforcer les capacités, d'échanger les expertises et d'assurer une coordination efficace au sein des instances parlementaires régionales et internationales, au service des causes arabes et islamiques. De son côté, M. Rachid Talbi Alami a souligné que les relations maroco-jordaniennes constituent « un modèle de coopération arabe fondée sur le respect mutuel et l'unité des positions ». Il a affirmé que le Maroc accorde une importance particulière au développement du partenariat parlementaire avec la Jordanie, considéré comme un levier complémentaire à l'action diplomatique conduite par les gouvernements et les chefs d'Etat.