Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a inauguré, mardi 6 janvier 2026, une nouvelle unité de traitement par méthadone au Centre de prise en charge des addictions de Berkane. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du Programme national de lutte contre les addictions et de la stratégie nationale 2024-2030, qui met l'accent sur la réduction des risques liés à la consommation d'opioïdes. Ce nouveau dispositif vise à rapprocher les soins spécialisés des citoyens et à garantir la continuité de ce type de traitement essentiel. Il est le fruit d'un travail conjoint entre le ministère, les autorités locales, la société civile et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Introduit au Maroc en 2010, le traitement de substitution à base de méthadone constitue aujourd'hui un pilier de la politique de santé publique. Son efficacité est reconnue dans la réduction de la transmission de maladies comme le VIH et les hépatites virales, la prévention des overdoses, l'amélioration de la qualité de vie des patients ainsi que leur réinsertion sociale et professionnelle, tout en limitant les conséquences judiciaires liées à la consommation non encadrée. Avec l'ouverture de l'unité de Berkane, le pays compte désormais neuf structures actives de traitement par méthadone au sein d'un réseau national de 27 centres spécialisés en addictologie. À fin novembre 2025, 1 836 personnes bénéficiaient de ce traitement, avec un taux de maintien dans le programme atteignant 86 %, signe d'une adhésion croissante à ce modèle thérapeutique. La cérémonie d'inauguration s'est déroulée en présence de plusieurs responsables, dont le secrétaire général de la province de Berkane, le directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies, le directeur régional de la santé de l'Oriental, ainsi que des représentants du Fonds mondial, des associations de terrain et des bénéficiaires. D'ici 2030, le ministère ambitionne d'étendre ce dispositif pour couvrir 90 % des personnes dépendantes aux opioïdes. De nouveaux traitements de substitution, comme le buprénorphine-naloxone, devraient également être intégrés, parallèlement au renforcement de l'accompagnement psychosocial et des programmes d'insertion professionnelle, dans une approche fondée sur l'équité en santé et le respect des droits humains.