Le tissu des entreprises au Maroc affiche une dynamique notable en 2024, portée par les petites structures et une progression du chiffre d'affaires, selon la sixième édition du rapport annuel de l'Observatoire Marocain de la TPME. Malgré ces signes positifs, les jeunes entreprises et les TPE restent vulnérables, avec des défis persistants en matière de financement et de répartition géographique. En 2024, le Maroc comptait 380.230 entreprises personnes morales, soit une hausse de 1,3% par rapport à l'année précédente. Cette croissance, concentrée dans les petites structures, souligne la résilience du tissu entrepreneurial national. Près de 94% des entreprises réalisent moins de 10 millions de dirhams de chiffre d'affaires, tandis que les grandes entreprises représentent moins de 1% du total. La répartition géographique reste inégale : l'axe Tanger-El Jadida regroupe près de 65% des entreprises actives, confirmant son rôle moteur dans l'économie, tandis que d'autres régions continuent de pâtir d'un développement limité. Casablanca-Settat concentre, à elle seule, 59% du chiffre d'affaires national, devant Rabat-Salé-Kénitra (14,9%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10%). Drâa-Tafilalet enregistre toutefois la plus forte progression régionale (+13,6%), signalant des poches de dynamisme à suivre. Le commerce domine huit régions, représentant 28,3% de l'ensemble des activités, suivi par la construction (23%) et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (9,4%). L'industrie manufacturière reste stratégique, mais ne pèse que 6,4% des entreprises. Sur le plan juridique, la SARL concentre 52% des structures, avec une progression notable des SARL à associé unique (+6,4%), traduisant une préférence pour des formats plus flexibles. Les créations d'entreprises ont atteint près de 96.000 unités, dont 68.000 personnes morales (+5,5%). La majorité reste de petite taille : 99,5% des créations génèrent moins de 10 millions de dirhams de chiffre d'affaires. Les PME, bien que marginales (0,55%), affichent une croissance significative de 30,6%, un signe encourageant pour la montée en gamme du tissu entrepreneurial. Casablanca-Settat concentre 36,8% des créations, suivie de Marrakech-Safi (13,1%) et Rabat-Salé-Kénitra (13%). Les secteurs du commerce (27,8%) et de la construction (22,2%) tirent la dynamique, tandis que la santé, l'enseignement et l'industrie manufacturière reculent. Parallèlement, 11.596 entreprises personnes morales ont été dissoutes, soit une hausse de 6,3%. Plus de la moitié avaient moins de cinq ans, révélant la fragilité des jeunes structures, particulièrement dans le commerce (30,5%) et la construction (18,3%). La valeur ajoutée générée par les entreprises s'élève à 536,5 milliards de dirhams (+16,6%), dominée par les grandes structures (64,7%). Le chiffre d'affaires cumulé atteint 2.628,1 milliards de dirhams (+9,4%), dont 63,7% provient des grandes entreprises. L'export se redresse à 520,5 milliards (+12,7%), porté par l'industrie manufacturière (56,5% du total), mais les petites entreprises peinent à capter cette croissance. Le secteur de l'emploi reste centré sur les petites structures : 86,1% des entreprises ont moins de 10 salariés et assurent 36,2% des emplois déclarés à la CNSS. La masse salariale atteint 221,8 milliards (+8,6%), mais 72,7% des salariés perçoivent moins de 4.000 dirhams, un indicateur des limites persistantes en matière de qualité de l'emploi. Sur le plan du financement, les fonds propres restent prédominants. Les entreprises dirigées par des femmes représentent 15,5% du total, mais ne captent que 10,8% du crédit bancaire, malgré leur rôle croissant dans l'économie. Le rapport souligne la nécessité d'accompagner davantage les petites entreprises, d'améliorer l'accès au financement et aux chaînes de valeur, et de renforcer la pérennité des jeunes structures. La nouvelle charte de la TPE se présente comme un levier pour réduire les écarts et consolider durablement le tissu entrepreneurial national, note Amal Idrissi, directrice exécutive de l'OMTPME.