Visite du commandant de l'AFRICOM en Algérie : un message américain ferme au régime de Tebboune et Chengriha pour cesser de déstabiliser le Sahel    Le projet de loi relatif au CNP adopté en commission sur fond de tensions politiques    CPS de l'UA : le Maroc réaffirme sa solidarité avec le Mali    Bourse de Casablanca : clôture en baisse    Îles Canaries : Le gouvernement local soutient la position de Madrid sur le Sahara    Burundi : Ndayishimiye en route vers un second mandat    Balaoui s'entretient avec le Procureur général de la République d'Azerbaïdjan    Les Emirats arabes unis quittent l'Opep et l'Opep+ à partir de mai    Moroccan boxing team shines with silver and bronze at World Cup in Brazil    Le Congrès électif de la FIFA 2027 attribué au Royaume du Maroc    Mondial 2026 : Ismaël Baouf veut rejoindre les Lions de l'Atlas après sa saison XXL    Maroc : Nador accueillera la première Coupe du monde de E-Foil en Afrique    Marathon de Londres : Sabastian Sawe entre dans l'histoire avec un temps record    Strong thunderstorms expected Tuesday in Morocco    French teacher in Kenitra sentenced for insulting Islam and indecency against minors    Marruecos: -65% de incendios forestales en comparación con el promedio de 10 años    Casablanca 1996 : le concert fantôme de Michael Jackson    Mawazine 2026 : le rappeur français Ninho ouvrira le bal de la 21ème édition    Madagascar. M'barek Bouhchichi expose "Les mains des poètes" à la Fondation H    Mawazine sous le feu des critiques après l'annonce de Hassan Shakosh    Le besoin en liquidité augmente à 136,7 MMDH au 1er trimestre    Tiznit : Akhannouch lance plusieurs projets de développement    Luka Modrić opéré : saison terminée avec AC Milan, mais le Mondial en ligne de mire    Réunion chez les arbitres marocains : vives discussions autour des décisions de la 16e journée    LdC : Paris Saint-Germain – Bayern Munich, choc XXL pour une place en finale    Dialogue social : 49,7 MMDH de mesures de soutien au pouvoir d'achat    Rabat accueille des entretiens maroco-autrichiens pour renforcer la coopération judiciaire    LGV Kénitra-Marrakech : L'ONCF engage 300 MDH pour 53 passerelles métalliques    Protection de l'enfance : le CESE appelle à un renforcement des dispositifs de prise en charge    Agadir : homologation de deux plans d'aménagement    Edito. L'heure des arbitrages    Souveraineté numérique : pourquoi Mistral ne suffira pas    Hilton prévoit l'ouverture de 15 nouveaux hôtels au Maroc    Le Maroc aurait proposé aux Etats-Unis d'apporter une réponse concertée face aux menaces iraniennes    Hilale au Conseil de sécurité: Le Maroc dénonce l'instrumentation des voies maritimes comme cartes de pression et de chantage    Province de Tiznit : Akhannouch lance plusieurs projets de développement    Lutte contre les incendies de forêt : l'ANEF réunit son comité directeur national    Cannabis légal : l'ANRAC vise la certification ISO 9001 pour consolider sa gouvernance    Attaque armée à Washington : le Maroc exprime sa solidarité avec Trump    Armement en Afrique du Nord : L'Algérie et le Maroc en tête des dépenses militaires en 2025    Agadir : Coup d'envoi officiel de la 22e édition d"African Lion"    Alerte météo : averses orageuses localement fortes lundi et mardi dans plusieurs régions    Casablanca célèbre l'âme andalouse : le FMMA revient pour une 4e édition ambitieuse    Tanger : des colonnes métalliques historiques découvertes dans la médina    Rabat, Capitale mondiale du livre 2026 : lancement du label "Bibliothèque culturelle – Manara"    AES : une compagnie aérienne commune pour relier le Sahel    Dans des conditions sûres.. le Maroc facilite le retour de citoyens guinéens et reçoit des éloges officiels des autorités de la République de Guinée.    Marrakech clôture en beauté le FLAM 2026 entre littérature, mémoire et poésie vivante    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Sahel : un multilatéralisme économique renouvelé ?
Publié dans Challenge le 23 - 05 - 2025

Riche en ressources mais peu intégrée dans les chaînes de valeur mondiales, l'Afrique subit encore des rapports économiques déséquilibrés. Au Mali, au Niger ou au Burkina, une dynamique émerge pour repenser ces relations. Une réforme des APE issus de Lomé serait-elle enfin à l'ordre du jour ?
L'Afrique est un continent aux myriades de ressources. Des terres rares, minerais stratégiques, soleil, vent, jeunesse. Pourtant, le continent reste à la marge dans le champ économique. L'Afrique a trop longtemps été le théâtre de rapports économiques asymétriques. Au Mali, au Niger et au Burkina... on assiste ces derniers mois à un vent qui ambitionne de repenser et rééquilibrer ces décennies d'incongruité dans les rapports économiques. Dans ces pays, la souveraineté économique est à l'ordre du jour.
Sur le papier, le multilatéralisme repose sur la coopération, le win-win et la gouvernance partagée. Mais dans la réalité, l'Afrique a souvent été spectatrice plutôt qu'actrice. Les règles sont fixées ailleurs. Les négociations commerciales multilatérales — qu'il s'agisse de l'OMC, des accords bilatéraux déguisés en partenariats — se sont trop souvent traduites par des compromis au détriment des économies africaines. Le cas du commerce agricole illustre ce déséquilibre : les subventions massives octroyées par les pays du Nord étouffent la compétitivité des producteurs africains, tandis que l'accès au marché pour les produits transformés africains reste limité.
Lire aussi | Sahel : remodelage de l'échiquier des affaires
De nombreuses analyses mettent en lumière les conséquences négatives des subventions agricoles, qui entraînent la fragilisation des marchés locaux des pays du Sud et leur dépendance par rapport aux importations. De façon concrète, sur les marchés locaux des pays en développement, les prix des produits subventionnés et importés sont moins élevés que ceux des produits agricoles mis à disposition par les agriculteurs de ces Etats. Olivier De Schutter, rapporteur des Nations unies sur le droit à l'alimentation, dans un rapport adressé à l'Assemblée générale des Nations unies, soulignait que dans les Etats d'Afrique subsaharienne, « l'agriculture a été sérieusement mise à mal, et parfois réduite à néant, par cette concurrence internationale ».
Le piège de la dépendance
Aujourd'hui, de nombreux accords de coopération — qu'ils soient avec la Chine, les pays du Golfe, l'Union européenne ou les institutions de Bretton Woods — s'inscrivent souvent dans un prisme asymétrique. Derrière les discours sur le développement, se cachent des logiques d'endettement, d'emprise stratégique. Le multilatéralisme utile à l'Afrique doit rompre avec ce schéma. Il ne s'agit pas de refuser les partenariats internationaux, mais d'exiger des termes équitables, transparents et centrés sur le développement local. En ces termes, l'Afrique aujourd'hui doit assumer une doctrine économique qui repose sur une vision claire de ses intérêts. Au Mali par exemple, l'affaire Barrick Gold est un signal fort envoyé pour une coopération économique équilibrée. Au-delà, nous sommes de ceux qui pensent qu'il faut un examen des APE avec l'Europe. L'ampleur de l'asymétrie n'a pas suffi toutes ces années à réformer ces accords. La nécessité d'une transformation de l'accord de Cotonou trouve son origine à la fois dans le bilan que l'on peut dresser durant ces décennies d'existence, et surtout dans le nouveau contexte multilatéral auquel l'Afrique entend jouer un rôle.
Un changement de paradigme en cours ?
« Repenser le multilatéralisme économique africain, c'est d'abord sortir du schéma classique des accords bilatéraux déséquilibrés. Les APE, négociés pays par pays ou sous-région par sous-région avec l'Union européenne, ont fragmenté la réponse africaine. À l'inverse, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pourrait devenir l'instrument-clé d'un nouvel agenda économique : intégré, négocié à partir d'un rapport de force collectif, centré sur les intérêts africains. Mais pour cela, encore faut-il construire une vision économique panafricaine claire, dotée d'institutions capables de porter cette ambition », nous confie l'économiste Samuel Mathey.
Lire aussi | SM le Roi reçoit les ministres des Affaires étrangères des trois pays de l'Alliance des Etats du Sahel
« Dans cette perspective, la réforme des accords existants – comme les APE – ne suffit plus. Ce qu'il faut, c'est une architecture nouvelle, pensée à partir des besoins de montée en gamme des économies africaines : industrialisation, autonomisation énergétique, transformation locale des ressources. Ce multilatéralisme renouvelé ne pourra se faire que si les partenaires traditionnels y adhèrent », précise l'économiste.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.