Par Mohammed HAITAMI – Journaliste Les dérives d'une presse en perte de repères Le Monde, journal mythique français d'après-guerre, qui était un modèle de journalisme indépendant, crédible, avec ses analyses approfondies, ses enquêtes, ses chroniques et ses tribunes signées des plus grandes plumes de l'époque. Ce journal qui tirait à plus d'un million d'exemplaires, a vu son modèle économique s'effriter, au même titre que la plupart des supports papier dans le monde, menacés par la révolution technologique et les nouveaux modes de consommation de l'information. "Le Monde" ne semble pas avoir pris le virage qu'il fallait au bon moment. S'en sont suivies des péripéties avec une série de sauvetages, notamment par des souscriptions des lecteurs, de nouveaux tours de tables, dont le dernier est composé de magnats des télécom et de la finance. Connu par ses prises de position plutôt de gauche avec un alignement affiché sur des modèles socialisants, ce support n'a jamais caché ce point de rencontre avec le modèle algérien. Qu'est ce qui fait que ce journal, se fende d'une série d'articles attentatoires aux symboles de la nation marocaine, du reste non documentés ni sourcés, rapportant des ragots non vérifiés ? Pourquoi cette série d'articles en ce moment et au bénéfice de qui ? Quels étaient les effets attendus des commanditaires de ces articles et pour quel agenda ? Quelques éléments de contexte : * Le Maroc vit, plus que par le passé, une situation de grande stabilité aussi bien interne qu'externe avec son voisinage proche qu'il soit européen, africain ou arabe. Ses relations avec toutes les grandes et moyennes puissances sont excellentes et empreintes de respect mutuel et de volontés réciproques de coopération bilatérale. * Sur la question du Sahara, les victoires diplomatiques s'enchainent et la communauté internationale se rend compte de la supercherie orchestrée et alimentée durant des décennies par le voisin de l'est, aujourd'hui démasqué. L'issue prévisible de ce différend artificiel est catastrophique, voire fatale pour ses commanditaires. * La démarche de coopération et de gestion des relations économiques, sociales, sécuritaires, cultuelles et culturelles du royaume, dérange à plus d'un titre. * Vis-à-vis du continent africain : 1. Elle a été réfléchie et tissée tout au long de décennies. Elle est solide par le déploiement de nos banques, nos entreprises, nos compagnies d'assurance, nos communautés de commerçants, artisans et de cadres expatriés ; 2. Elle découle d'une vision de développement intégré non exclusif ni exclusionniste ; 3. Elle est basée sur l'idée de partage et de rassemblement. Il suffit de lire le bilan de l'AMCI – Agence marocaine de coopération internationale – qui a mobilisé plus de 40.000 bourses d'études à des étudiants d'Afrique subsaharienne, venus au Maroc se former au sein de nos écoles supérieures et universités ; 4. Elle n'est ni hégémoniste ni condescendante ; 5. Elle vise un développement socio-économique pour les décennies à venir au bénéfice des populations, avec des initiatives qui se complètent : le gazoduc Afrique-Europe, le désenclavement des pays du Sahel, l'Initiative pour la façade atlantique, le dispositif de l'OCP pour la souveraineté alimentaire du continent, etc. * Un positionnement stratégique à l'échelle internationale : 1. Les alliances stratégiques avec les grands acteurs des différents continents, fortes, multidimensionnelles, porteuses de prospérité, identifient le Maroc comme la terre de l'investissement ; 2. L'aura du pays, que ce soit dans les domaines sportif, culturel, touristique ou au sein des différents organismes internationaux, ONU, FMI, conseil des droits de l'Homme, sans compter le choix de notre pays pour les grandes manifestations sportives et culturelles ; 3. Une crédibilité solide tant en matière sécuritaire, de lutte contre le terrorisme et le grand banditisme ou encore dans la prévention et la lutte contre les catastrophes naturelles. Les récentes aides du Maroc lors des inondations de Valence (Espagne) ou les incendies de forêt (Portugal) en sont une illustration. Le Maroc, ce pays qui engrange les victoires dans tous les domaines, qui surfe sur une vague, ne peut pas laisser ses adversaires indifférents. LIRE AUSSI : Mohamed Berrada adresse une lettre ouverte à la Rédaction du journal Le Monde Qui sont-ils ? Il est de notoriété publique que le rapprochement avec le Maroc dérange certains milieux français qui ne voient pas d'un bon œil ce nouveau livre qui s'écrit entre les deux pays. Ils feront tout pour faire avorter un tel projet. Pour servir ce dessein, il y a des plumes en France, prêtes à l'emploi, au regard de la convergence des intérêts hostiles au royaume. De plus, l'adversaire de notre intégrité territoriale, dans sa déroute, utilisera tous les moyens, pourvu qu'ils mettent de l'ombre sur les avancées du Maroc. Le voisin qui vit dans un autre monde et dans la nostalgie d'une époque révolue de la guerre froide où le monde était bipolaire, récolte les conséquences de son choix : 1. Un pays sans boussole, au comble de l'isolement sur les quatre points cardinaux, avec une doctrine des plus funestes. Au sud, déstabiliser le voisinage, jouer au pompier pyromane. Au nord, sacrifier les intérêts du pays sur l'autel de la cause polisarienne perdue. Les relations sont ainsi au plus bas avec l'Espagne et la France. À l'est, en Libye, jouer les uns contre les autres et veiller à affaiblir tout le pourtour de ses frontières. N'en parlons pas de la Tunisie. Enfin, à l'ouest, une démarche qui défie toute logique diplomatique et frôle le comportement d'un Etat irresponsable. 2. Un malaise social profond sans perspectives. La seule cartouche pour cacher le gâchis est de créer un ennemi imaginaire, le diaboliser et façonner de lui une image des plus négatives. La survie du régime est suspendue à la case « Maroc ». La fermeture des frontières n'est que prétexte pour que les Algériens ne découvrent pas que leur pays est malheureusement largué. La série « articles du "Monde" » n'est que le fruit de la rencontre non fortuite entre les deux axes qui y trouvent chacun son compte. Le scénario est tout trouvé ! Ils vont essayer d'attenter au symbole et à l'artisan de ces succès de la manière la plus basse et abjecte, en fabulant et brodant de toutes pièces des scènes de leur imaginaire. Combien il est désolant de voir un support jadis respecté et respectable, s'abaisser à ce niveau de colportage de faits non vérifiés. Résultat de sa ligne éditoriale approximative, son audience s'est rétrécie comme une peau de chagrin. Ses tirages aujourd'hui ne dépassent pas les quelques dizaines de milliers d'exemplaires par jour. Faut-il rappeler que « le Monde" n'en est pas à sa première tentative. Déjà, il y a une trentaine d'années, Feu SM Hassan II l'avait assigné devant la 17ème Chambre du Tribunal de Paris pour des propos injurieux et il a été reconnu coupable de diffamation envers le défunt Roi et condamné à une amende et à la publication du jugement. Encore plus récemment, l'on se rappelle l'épisode des deux journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet, condamnés à un an de prison avec sursis et 10.000 € d'amende chacun, suite à une tentative d'extorsion de fonds et chantage. Ce qui apparaît comme une campagne orchestrée n'est en vérité qu'un aveu d'impuissance. Le Maroc avance, ses adversaires reculent. La vaine tentative de porter atteinte à son image n'est que le reflet du désarroi face à ses succès. Somme toute, les écrits du "Monde", coup d'épée dans l'eau, confortent le Maroc dans ses choix, sous la conduite éclairée de son Souverain. Le Saint Coran dit « Quant à l'écume, elle s'en va au rebut, tandis que ce qui est utile aux gens demeure sur la terre. » Sourate Ar'râad – verset 17.