La Zahria de Marrakech 2026 sous le signe du renouveau    Rosé Days pose ses platines à Marrakech et célèbre l'électro au féminin    Le Maroc salue l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran    GITEX Africa. inwi accélère la digitalisation des entreprises    E-commerce : le Burundi pose les base    Tensions au Moyen-Orient : Madagascar décrète l'état d'urgence énergétique    Le Royaume du Maroc salue l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis d'Amérique et la République Islamique d'Iran (MAE)    Etats-Unis Iran. La trêve    Ski nautique : Kamil Belmrah, champion d'Afrique    CAN U17 : le Maroc hérite d'un groupe relevé avec l'Égypte et la Tunisie    Moroccan Student Trends in China, Hailed as a Courageous Hero After Saving Girl from Drowning    Fortes rafales de vent jeudi dans certaines provinces du Royaume    Elections générales en Ethiopie : 37 millions d'électeurs déjà inscrits    Un étudiant marocain en tête des tendances en Chine, salué comme un héros courageux après avoir sauvé une jeune fille de la noyade    Les Reflets de l'Ogooué : un festival pour réinventer le cinéma gabonais    Cloud en Afrique : Maroc Telecom mène une offensive coordonnée via Moov Africa    Le MAS prolonge Soufiane Benjdida jusqu'en 2030    Ligue des champions : une soirée décisive avec Barça–Atlético et PSG–Liverpool    Edito. Il faut confirmer la promesse    Sonasid : forte croissance en 2025 et rentabilité en nette hausse    Rabat : La peine de 5 ans contre Mohamed Ziane confirmée en appel    Valence : Un atelier illégal de textile a employé 24 sans-papiers, dont des Marocains    Journée mondiale de la santé : le Maroc et l'OMS consolident leur partenariat    Le CNDH confirme l'équité du procès dans l'affaire de la finale de la CAN 2025    Dialogue social : le conflit au Moyen-Orient, invité surprise du round d'avril    Maroc-Egypte : Akhannouch au Caire pour renforcer le partenariat bilatéral    Essaouira : une convention pour lancer le futur musée Sidi Mohammed Ben Abdellah    GITEX Africa Morocco : Une offre intégrée de digitalisation pour les artisans    Fès : Le stade Hassan II sera reconstruit pour 400 MDH    Match amical Espagne-Egypte : La FIFA ouvre une procédure disciplinaire après les chants racistes    Congrès US : Nouveau soutien à l'initiative de classement du Polisario comme entité terroriste    Mauritanie : Des entretiens entre le président El Ghazouani et l'inspecteur général des FAR    Rachid El Morabity wins third stage of Marathon des Sables in thrilling comeback    Marrakech accueille "Rosé Days"    Trump accepte de repousser de deux semaines sa menace d'attaquer l'Iran    Algérie-Mauritanie : un sommet pour regagner de l'influence en Afrique du Nord    Médecine : la fin des traitements à vie ?    Mondial U17 féminin : le Maroc déjà qualifié, l'Afrique lance ses éliminatoires    Maroc-USA: Les investisseurs américains sont prêts à investir au Sahara    Peine de mort en Israël : Hakim Ziyech et Itamar Ben-Gvir s'écharpent    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'avoir commis des actes criminels motivés par l'extrémisme    Un TGV percute un poids lourd dans le nord de la France, un mort et plusieurs blessés    Ismaël Saibari trop grand pour l'Eredivisie : le PSV réclame 60M€ !    Morocco Fashion Style & Tex : une inauguration rythmée par la création    Jaouda et COPAG brillent aux Impériales 2026 avec quatre distinctions majeures    Musées : le Maroc et le Japon scellent un partenariat inédit    Maroc : Averses orageuses et fortes rafales de vent, mardi et mercredi    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'être passée à l'action    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



BREXIT : les impacts juridiques sur les contrats commerciaux au Maroc
Publié dans Challenge le 04 - 07 - 2016

La Grande Bretagne a annoncé son divorce avec l'Europe. Celle-ci s'en presse de l'activer. Une situation qui laisse le monde économique dans la confusion. Le Maroc, partenaire économique de premier choix de l'UE est indirectement concerné par la décision du Brexit. Qu'en est-il de l'impact juridique du Brexit ? Analyse in-extenso du cabinet britannique DLA Piper, via son bureau à Casablanca, sur les principaux impacts juridiques du Brexit sur les contrats commerciaux au Maroc.
A ce jour, les analystes financiers demeurent incertains quant à l'ampleur des effets de la future sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne (« Brexit ») sur l'économie mondiale. Un constat indéniable cependant, l'annonce du vendredi 24 juin 2016 a plongé certaines places financières à des niveaux jusqu'alors jamais atteints depuis le 11 septembre.
Ce Brexit suscite légitimement bon nombre d'interrogations et de craintes de la part des principaux partenaires économiques du Royaume-Uni au rang desquels figure le Royaume du Maroc.
Septième client du Royaume-Uni et son quinzième fournisseur, les politiques et économistes marocains paraissent pour le moment réagir avec pragmatisme et perçoivent dans le Brexit une opportunité de développer des liens commerciaux directs plus étroits et personnalisés avec la Grande-Bretagne sans l'intermédiation de l'Union Européenne. L'impact du Brexit sur l'économie Marocaine serait faible selon le communiqué de presse du Gouverneur de Bank Al Maghrib du 24 juin 2016.
En matière réglementaire, cette séparation avec l'Union-Européenne ne devrait pas être trop brutale ni dans sa mise en place effective (la phase de négociation de sortie durera 2 ans, ce qui semble difficilement tenable en pratique pour négocier un accord de sortie d'une telle envergure), ni dans son champ d'application compte tenu de l'imbrication des textes du Royaume-Uni avec ceux de l'Union-Européenne.
Plusieurs directives européennes continueront à être appliquées ou retranscrites par le Royaume-Uni. Par ailleurs, le Royaume-Uni pourra s'inspirer de schémas existants tels que les modèles Norvégien (entrée dans l'Espace Economique Européen lui permettant de bénéficier de la libre circulation des personnes), Suisse (accords bilatéraux de libre-échange), ou Turc (nouvelle union douanière).
Faute d'accord de ce type et dénuée d'une part importante de son ordonnancement juridique actuel, c'est le régime de l'Organisation Mondiale du Commerce avec la mise en place (rétablissement) de barrières douanières et tarifaires qui s'appliquerait, scenarii dans lequel le Royaume-Uni devrait renégocier des accords commerciaux au cas par cas (avec chacun des pays tiers) dans le cadre des accords globaux de l'OMC.
Qu'en est-il de l'impact juridique du Brexit ? Le cabinet DLA Piper Casablanca vous propose un aperçu des principaux impacts juridiques du Brexit sur les contrats commerciaux au Maroc.
Soulignons à titre préliminaire que le Brexit ne sera effectif qu'à l'issue d'une période de négociations de deux ans prévue par l'article 50 du Traité de Lisbonne susceptible de prorogation par le Conseil Européen. Certaines clauses usuellement présentes dans bon nombre de contrats commerciaux, d'accords de partenariat d'investissements transnationaux (particulièrement ceux soumis au droit anglais et/ou impliquant des parties ou actifs anglais) seront à revoir avec attention et rédiger avec soin à l'aune du Brexit que les praticiens vont sans nul doute définir avec précision dans les contrats pour ne laisser aucune marge d'interprétation tant ses effets sur le contrat pourront être importants (sortie d'un partenaire, fin anticipée d'un contrat, renégociation, suspension).
Les clauses dites de Material Adverse Change ou Material Adverse Effect (les « MAC ou MAE clauses »):
Elles permettent à l'une ou toutes les parties de sortir d'un contrat durant la période intercalaire entre la date de sa signature et la date de réalisation de la transaction envisagée (subordonnée à la satisfaction d'un certain nombre de conditions suspensives tels l'obtention d'autorisations réglementaires ou d'un financement). Ce droit de sortie est exerçable dès lors qu'un événement politique, financier ou juridique majeur défavorable survient ou est susceptible d'intervenir compromettant la réalisation de la transaction. Les récentes crises financières ont vu le regain de telles clauses dans les opérations de fusion-acquisition et mises en place de financement. Elles sont âprement négociées. La survenance du Brexit sur les contrats en cours et ses conséquences sur les contrats à conclure (tels que les changements de taux d'intérêt, les fluctuations monétaires significatives) peuvent présenter toutes les caractéristiques d'un événement politique et financier défavorable pour une partie. Il conviendra à notre sens de préciser expressément dans les MAC clauses les conséquences du Brexit qui constituent pour les parties un événement MAC.
Les clauses dites de Hardship:
Elles se distinguent des clauses MAC qui ne couvrent que la période jusqu'à l'octroi d'un financement et/ou le transfert de l'actif sous-jacent. Elles s'appliquent durant toute la période d'exécution du contrat. Les clauses de Hardship sont présentes dans des accords commerciaux ou partenariats dont l'exécution s'échelonne sur une longue période. Elles permettent aux parties signataires d'exiger que s'ouvre une nouvelle négociation lorsqu'un événement de nature économique ou technologique survient bouleversant l'équilibre initial du contrat. Il faut toutefois préciser que ces clauses ont un effet plus limité qu'une clause MAC puisqu'elles ne mettent en œuvre qu'une obligation de renégociation qui lorsqu'elle n'est pas respectée se résout en dommages et intérêts sans aucun droit de sortie de la partie subissant le déséquilibre économique. Les fluctuations imprévisibles de devises engendrées par la chute de la livre sterling rendent selon nous éligible le Brexit à de telles clauses. Il en va de même de l'impact du Brexit sur les accords de libre-échange sur lesquels l'équilibre économique de nombreux contrats reposent. Certes, les accords qui prendront fin seront inévitablement suppléés par des accords directs, le flux des échanges commerciaux ne pouvant cesser. Une incertitude demeure toutefois quant à l'entrée en vigueur de tels accords. Peut-on redouter une période durant laquelle aucun accord équivalent ne viendra couvrir les échanges et des différences significatives entre les nouveaux accords commerciaux et leurs prédécesseurs européens? Le recours aux clauses de Hardship sera un moyen d'adapter les contrats à de nouvelles contraintes règlementaires jusqu'à présent imprévisibles et irrésistibles.
Les clauses de force majeure :
Nos commentaires ci-dessus sur les MAC clauses et clauses de Hardship sont valables également pour toutes les clauses ayant vocation à gérer les effets de la survenance d'évènements imprévisibles et indépendants de la volonté des parties sur l'exécution de leurs obligations (suspension, retard, exonération). La survenance du Brexit pourrait-il constituer un événement de force majeure pour des contrats en cours ? Son caractère imprévisible pourrait être sérieusement discuté tant l'issue d'un référendum est binaire. Pour les contrats futurs, les parties qui considèrent que certaines conséquences du Brexit peuvent constituer à leur égard des événements de force majeure (d'ordre économique et politique) devront clairement le préciser dans le contrat afin d'éviter toute contestation sur ses effets juridiques lors de leur survenance.
La rédaction des clauses de force majeure (y compris les MAC clauses et clauses de Hardship qui n'en sont qu'une déclinaison) devra spécifier la partie qui supportera les coûts financiers liés à leur mise en œuvre et, le cas échéant, à la renégociation du contrat ou la suspension ou résolution qu'elles impliquent.
Les clauses dites de Change of Law :
Ces clauses très courantes dans la documentation de financement, de projets d'envergure, de partenariats public-privé et plus généralement d'opérations transnationales permettent aux parties de s'exonérer de certaines obligations de garantie de passif, de paiement voire de renégocier certaines clauses du contrat lorsqu'un changement du cadre législatif intervient pendant la vie du contrat qui modifie la portée initiale de leur engagement. Afin de tempérer les effets du Brexit, il pourra être judicieux d'insérer ces clauses afin de préciser les engagements qui continueront de s'appliquer entre les parties quand bien même un changement de loi résultant du Brexit interviendrait pendant l'exécution du contrat.
Les clauses relatives aux risques de change :
Ces clauses doivent être également revues avec la plus grande attention. Les fluctuations de la livre sterling sont à anticiper et la mise en place d'un instrument de couverture du risque de change devra être systématiquement mise à l'ordre du jour des réflexions avant d'aller plus en avant dans une opération dont le paiement serait influencé directement ou indirectement par le cours de la livre sterling.
Les clauses relatives au droit applicable :
Concernant le choix du droit anglais comme loi régissant l'exécution et l'interprétation d'un contrat, il y a lieu de s'interroger sur (i) sa potentielle remise en question devant les juridictions au motif que les parties en contractant avaient choisi le droit anglais pour sa complète intégration dans le droit européen, (ii) sur la pertinence de son choix en amont de projets devant l'éventuelle insécurité juridique qu'il peut susciter pendant cette période transitoire d'incertitude jusqu'à l'entrée en vigueur du Brexit. Les acteurs économiques auront-ils pour autant le choix tant le droit anglais est omniprésent dans le cadre des projets et financements internationaux et imposé par les grandes institutions financières (dont certaines basées à Londres risquent néanmoins de perdre leur précieux « passeport européen » avec le Brexit).
Les clauses d'arbitrage :
Concernant l'applicabilité au Maroc des sentences arbitrales rendues au Royaume-Uni et vice-versa, le Brexit n'aura aucun impact majeur du fait que les deux Royaumes sont parties à la convention de New-York du 7 juin 1959 prévoyant l'exequatur des sentences entre les pays signataires. Toutefois, pour les raisons évoquées ci-dessus, il n'est pas à exclure que des parties chercheront à remettre en cause le droit anglais applicable devant une cour arbitrale de Londres. Le facteur d'insécurité juridique concerne les clauses attribuant une compétence aux
tribunaux Britanniques en première instance dont les jugements jusqu'alors susceptibles de recours dans certains cas devant la Cour Européenne de Justice ne seront désormais plus possibles. Les clauses d'arbitrage devant la Chambre de Commerce Internationale devraient connaître un second souffle.
Enfin, toutes les clauses faisant référence à l'Union Européenne comme territoire de référence dans les accords de franchise, de distribution, des engagements de non concurrence ou d'exclusivité devront être révisées pour tenir compte du Brexit afin d'y inclure le Royaume Uni.
—-
Analyse proposée par : le cabinet britannique DLA Piper, bureau de Casablanca.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.